Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a lancé durant le week-end une attaque en règle contre le pouvoir et les parties politiques, sans en excepter aucune. Hier, il a accusé celles-ci en des termes très durs de bloquer la formation du gouvernement, et la veille, il avait accusé le pouvoir politique d’avoir « tué le peuple économiquement, financièrement et socialement », avant de lui demander de s’effacer au profit d’un gouvernement homogène et productif.
Le chef de l’Église maronite s’est déchaîné contre les composantes du pouvoir, alors que les chances de voir un gouvernement naître dans les prochains jours semblent s’estomper au fur et à mesure que les exigences des partis qui souhaitent être représentés dans la nouvelle équipe ministérielle vont crescendo.
« Jusqu’à quand et de quel droit les parties concernées, c’est-à-dire les responsables, les hommes politiques, les forces influentes et les partis, persisteront-elles dans le blocage de la formation d’un nouveau gouvernement ? N’ont-elles pas honte (…) de bloquer, non pas pour protéger des principes constitutionnels et des constantes nationales, mais parce qu’elles s’accrochent à leurs parts dans la répartition communautaires des portefeuilles, alors que la moitié des Libanais n’ont pas de quoi manger ou font leurs valises pour partir ? » a lancé le patriarche durant son homélie hier à Bkerké, dénonçant « un crime contre le pays et le peuple ». « Que toutes les parties cessent d’exercer des pressions sur le Premier ministre désigné pour qu’il puisse former, en coordination avec le président de la République, un gouvernement à la hauteur des défis auxquels le Liban est confronté », a-t-il fulminé, avant de lâcher : « Les informations qui filtrent sur la nature du nouveau cabinet ne sont pas rassurantes. »
Dressant un tableau de la situation au Liban, il a fait état d’une « confusion au niveau des intérêts personnels et des allégeances étrangères, une absence au niveau du pouvoir exécutif, un chaos administratif et sécuritaire en raison de la prolifération des armes illégales, des vols, des agressions, de la contrebande et une politisation de la justice ». « En un mot, a assené le patriarche, l’autorité est aux abonnés absents. Elle est faible et le chaos règne. »
La veille, dans son homélie durant la messe de clôture des travaux du synode, il a estimé qu’ « il est temps pour le pouvoir politique de reconnaître qu’il a échoué à représenter les citoyens, à gagner leur confiance et à gérer le Liban. Le moment est venu qu’il s’efface dans l’intérêt du Liban, ne serait-ce que provisoirement, au profit d’un groupe de travail gouvernemental homogène, capable de mettre le pays sur la voie d’un redressement ». Soulignant que « les Libanais ne font que revendiquer leurs droits les plus élémentaires », Mgr Raï a accusé « le pouvoir politique d’avoir tué le peuple économiquement, financièrement et socialement ». « Il les a plongés dans le désarroi, la colère, le désespoir et la révolte, les poussant à émigrer, alors que nous les appelons à résister et à sauver le Liban de ceux qui lui veulent du mal », a dit le patriarche.


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Que veut exactement notre patriarche ? Je pense qu'il multiplie les messes pour se saisir de l'homélie et entrer dans le prêche- prêcha politique . Ma parole qu'il s'adresse quasiment tous les jours aux libanais d'un ton menaçant. Très cher Béchara la Raï vous avez fort probablement oublié la mission pour laquelle vous avez consacré votre vie . La politique n'est pas de votre ressort .Revenez à la prière et rien qu'à la prière .
22 h 43, le 02 novembre 2020