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Électricité

Navires-centrales : Karadeniz réclame plus de 160 millions de dollars à EDL

Navires-centrales : Karadeniz réclame plus de 160 millions de dollars à EDL

Électricité du Liban devait déjà en mai au moins 312 millions de dollars à ses créanciers. Photo M.A.

Deux sources proches du dossier ont confirmé à L’Orient-Le jour que Karadeniz, la société turque à qui le Liban loue deux navires-centrales depuis 2013, réclame le paiement d’arriérés pour un total dépassant 160 millions de dollars à Électricité du Liban (EDL), une information qui a circulé dans les médias.

« Ce montant correspond à l’ensemble des coûts, dus en dollars, que l’opérateur a engagés pour faire fonctionner les deux barges amarrées au Liban à Jiyé (Chouf) et à Zouk (Kesrouan), hors facture du carburant », a détaillé une des sources. Elle rappelle qu’avec environ 370 mégawatts (MW), l’opérateur assure une portion conséquente de la production d’EDL, qui tourne autour de 2 000 MW quand les conditions sont optimales. Ces capacités restent déficitaires par rapport aux besoins du pays, même avant la catastrophe qui a ravagé Beyrouth et son port le 4 août. Le siège d’EDL, où se situait notamment le centre de commande national du réseau, a d’ailleurs été partiellement détruit ce jour-là.

Attirer l’attention

Mardi soir, la LBCI avait publié un document adressé par la société Karpowership (filiale de Karadeniz) au directeur général d’EDL, Kamal Hayek, récapitulant les échéances dues à la date du 2 octobre. Plus précisément, le Liban doit régler 145,13 millions de dollars pour 11 échéances mensuelles (de septembre 2019 à août 2020), auxquels s’ajoutent près de 19 millions de dollars d’intérêts contractuels, soit un montant total de 164 millions de dollars. Cette somme sera majorée d’au moins 13 millions de dollars dès vendredi, date à laquelle l’échéance de septembre 2020 (sans les intérêts) sera due, portant ainsi l’ardoise totale à au moins 177 millions de dollars.

Si le courrier de mise en demeure cite les délais contractuels prévus pour les incidents de paiement (le Liban avait un mois à compter de la réception du courrier pour réagir), une des sources a tempéré la possibilité que le Liban se retrouve rapidement dans le noir – alors que, ironie de l’histoire, les livraisons de carburant à EDL n’ont plus été perturbées depuis le 4 août. « Karadeniz ne menace pas EDL, mais souhaite attirer l’attention des responsables libanais. La catastrophe du port a retardé l’échéance, mais il faut que les choses bougent », conclut la source.

Contacté, l’ancien directeur général des investissements à EDL, Gassan Beydoun, a, lui, rappelé que Karadeniz n’est pas le seul créancier d’EDL, faisant état d’une ardoise d’au moins 312 millions de dollars en mai à différents prestataires, dont la société américaine Primesouth qui gère une partie des centrales du pays. « Sans la baisse des prix mondiaux des carburants (à cause d’une part de la baisse de la demande mondiale en raison de la pandémie, d’une part ; et, d’autre part, de la difficulté de l’Arabie saoudite, chef de file de l’OPEP, et de la Russie de s’accorder sur une baisse de la production, NDLR), la possibilité de se retrouver totalement dans le noir serait arrivée en juin dernier, et non en décembre », estime-t-il. En grande difficulté financière dans un contexte de crise majeure depuis un an, l’État libanais a fortement réduit les avances du Trésor versées à EDL en 2020. La réforme du secteur de l’électricité est un des chantiers majeurs que le pays doit lancer pour se redresser.



Deux sources proches du dossier ont confirmé à L’Orient-Le jour que Karadeniz, la société turque à qui le Liban loue deux navires-centrales depuis 2013, réclame le paiement d’arriérés pour un total dépassant 160 millions de dollars à Électricité du Liban (EDL), une information qui a circulé dans les médias.

« Ce montant correspond à l’ensemble des coûts, dus...

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