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Explosions de Beyrouth

Pour HRW, l'enquête libanaise n'est "ni transparente, ni indépendante"

L'ONG appelle à une enquête internationale "pour la transparence et la reddition des comptes".

Pour HRW, l'enquête libanaise n'est

Une vue des dégâts massifs provoqués par la double explosion, le 4 août, au port de Beyrouth. Photo d'archives AFP

L'ONG internationale Human Rights Watch (HRW) a affirmé jeudi que l'enquête menée par les autorités libanaises sur la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth n'est "ni transparente ni indépendante", et que deux mois après le drame, celle-ci a "échoué à donner des résultats". HRW a ainsi estimé que "seule une enquête internationale indépendante permettra de découvrir la vérité" autour de cette affaire.

Le drame du 4 août a fait 203 morts et 6.500 blessés, selon le dernier bilan du gouvernement. Les autorités ont rejeté les appels à une enquête internationale, mais plus de deux mois après l'explosion l'investigation locale n'a toujours pas abouti et aucun résultat n'a été rendu public. De l'aveu même des autorités, l'explosion a eu lieu dans un entrepôt où était stockée depuis plus de six ans et "sans mesures de précaution" une énorme quantité de nitrate d'ammonium. Peu après l'explosion le président libanais Michel Aoun n'avait pas exclu l'hypothèse d'une "action extérieure, au moyen d'un missile ou d'une bombe". Il avait alors assuré avoir demandé au président français Emmanuel Macron des images satellites du lieu de la catastrophe. Des experts internationaux épaulent les autorités libanaises dans le volet technique de l'enquête.

"Ingérences politiques"

"L'enquête nationale (…) a échoué à produire des résultats crédibles, deux mois plus tard", écrit l'ONG sur son site. "Des ingérences politiques, ainsi que des échecs chroniques du système judiciaire, font qu'une enquête locale, crédible et impartiale, paraisse impossible", ajoute HRW.

"Le président Aoun a promis une enquête transparente (…). Toutefois, l'enquête menée par les autorités nationales n'a été ni transparente ni indépendante et ne répond pas aux normes internationales d'équité", regrette l'ONG qui appelle le Groupe international de soutien au Liban (GIS), qui doit se réunir la semaine prochaine, à pousser les autorités libanaises à réclamer une enquête de l'ONU. "Seule une enquête internationale indépendante permettra de découvrir la vérité sur l'explosion" a insisté Aya Majzoub, chercheuse libanaise au sein de HRW.

Pour mémoire

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Le président Aoun, rappelle-t-on, a refusé de signer les décrets visant à démettre de leurs fonctions trois hauts fonctionnaires arrêtés après la double explosion, justifiant sa position par la nécessité d'une décision gouvernementale. Les trois responsables actuellement en détention dans le cadre de l'enquête sont le directeur des douanes Badri Daher, réputé proche de M. Aoun, le directeur général des transports maritimes et terrestres Abdel Hafiz el-Kaïssi, et l'ancien directeur général du port Hassan Koraytem.

"Pas un seul ministre"

"Plus de deux mois depuis le début de l'enquête, pas un seul ministre, actuel ou ancien, n'a été interrogé en tant que suspect. L'enquêteur judiciaire a pris les dépositions d'actuels et anciens ministres en leur qualité de témoins", déplore HRW.

"La responsabilité de l'explosion de Beyrouth va bien au-delà des autorités portuaires et douanières", estime Aya Majzoub. "Toute enquête qui prétend être impartiale se pencherait sur la corruption et la mauvaise gestion qui rongent tout le système politique lesquelles ont créé les conditions rendant possible l'explosion de Beyrouth", affirme-t-elle.

Toute la République était au courant des dangers que posait une telle quantité de produits chimiques, très proche des quartiers résidentiels de Beyrouth, déplorent les proches des victimes et des militants. Le président Michel Aoun, le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab, des membres de son gouvernement mais aussi des responsables des services de sécurité avaient été avertis. Une grande partie de la population fait assumer aux dirigeants politiques et sécuritaires actuels la responsabilité de la double explosion. Au cours des derniers jours, les familles des victimes ont dénoncé le retard pris par l'enquête et la passivité des dirigeants, réclamant que les résultats de l'investigation soient rendus publics et les responsables jugés.


L'ONG internationale Human Rights Watch (HRW) a affirmé jeudi que l'enquête menée par les autorités libanaises sur la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth n'est "ni transparente ni indépendante", et que deux mois après le drame, celle-ci a "échoué à donner des résultats". HRW a ainsi estimé que "seule une enquête internationale indépendante permettra de...

commentaires (1)

Comment se fait-il qu tout le monde savait sur ce matériel et pas la presse?, bizarre !

MGMTR

22 h 09, le 22 octobre 2020

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Commentaires (1)

  • Comment se fait-il qu tout le monde savait sur ce matériel et pas la presse?, bizarre !

    MGMTR

    22 h 09, le 22 octobre 2020