Rechercher
Rechercher

Stocks d’armes

Après les accusations de Netanyahu, le Hezbollah organise une tournée médiatique à Jnah

« Je dis au peuple du Liban : Israël ne vous veut aucun mal, mais l’Iran si », avait lancé le Premier ministre israélien, lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU.

Après les accusations de Netanyahu, le Hezbollah organise une tournée médiatique à Jnah

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors de son discours prononcé en visioconférence dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Photo UNTV/HO/AFP

Deux heures à peine après les accusations lancées hier soir par Benjamin Netanyahu quant à l’existence d’un dépôt d’armes secret dans le quartier de Jnah, près de l’Aéroport international de Beyrouth, c’est sur les lieux mêmes que le parti organisait une tournée médiatique. Afin de démonter, selon les dires du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, les mensonges du Premier ministre israélien. Ce dernier avait en effet affirmé, dans un discours prononcé en visioconférence dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, que le Hezbollah possède un dépôt d’armes secret dans le quartier de Jnah, près de l’Aéroport international de Beyrouth, ajoutant que c’est à cet endroit que « la prochaine explosion pourrait avoir lieu », après le drame du 4 août.

L'édito de Issa Goraïeb

Un savon et des bulles

« Nous avons tous vu la terrible explosion au port de Beyrouth le mois dernier (…). Maintenant, voici où la prochaine explosion pourrait avoir lieu, a dit M. Netanyahu, carte à l’appui. C’est le quartier de Jnah à Beyrouth. Juste à côté de l’aéroport international. Et ici, le Hezbollah possède un dépôt d’armes secret. Ce dépôt d’armes est à un mètre d’une compagnie de gaz et à une cinquantaine de mètres d’une station d’essence. » Le Premier ministre israélien a ensuite souligné que ce dépôt se trouve dans une zone résidentielle.

Toujours en s’appuyant sur une carte, Benjamin Netanyahu a montré l’entrée de ce qu’il considère être « l’usine de missiles du Hezbollah ». « Parce que c’est ce que c’est. C’est ici. Voici la compagnie de gaz, et voici le dépôt de missiles, a-t-il ajouté. Je dis aux habitants de Jnah : Vous devez agir maintenant. Vous devez protester. Parce que si cela explose, ce sera une autre tragédie. » « Je dis au peuple du Liban : Israël ne vous veut aucun mal, mais l’Iran si, a encore déclaré le Premier ministre israélien dans son discours. L’Iran et le Hezbollah vous ont délibérément mis en danger, vous et vos familles. Ce qu’ils ont fait est inacceptable. Vous devriez le leur dire. Et leur demander de démolir ces dépôts. » « Il y a quelques jours à peine, l’un de ces dépôts a explosé à Aïn Qana au sud du Liban, a encore dit M. Netanyahu. Et c’est pourquoi la communauté internationale doit insister pour que le Hezbollah cesse d’utiliser le Liban et les civils libanais comme boucliers humains. »

« Trois sites dans des zones résidentielles »

Peu après le discours de M. Netanyahu, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a tweeté un montage vidéo dans lequel le Hezbollah est accusé de posséder « dans des zones résidentielles au Liban, trois sites de production de matériaux dans le (cadre du) projet des missiles de précision ». « Où va le Liban? La réponse est devenue claire, et la question la plus importante demeure : où est l’État libanais chargé de sauvegarder sa souveraineté et de protéger son peuple ? »

Lire aussi

Nasrallah : Nous refusons que Macron se comporte comme le gouverneur du Liban

« Le premier site est un site de production de matériaux pour missiles de précision au cœur de la zone industrielle dans le quartier de Jnah. Le site est situé à côté de deux compagnies de gaz, détaille Avichay Adraee. Le deuxième est un site souterrain de production dans le quartier de Laylaki, situé sous quatre immeubles résidentiels de sept étages habités par plus de 70 familles. Le site est à environ 130 mètres d’une église et d’un centre médical. » « Le troisième site est également souterrain. Il s’agit d’un site de production de matériaux de missiles de précision dans le quartier de Choueifate. Il est situé sous cinq immeubles résidentiels habités par une cinquantaine de familles. Une mosquée est située à 90 mètres », ajoute le porte-parole en accompagnant ces tweets du mot-dièse « bombe à retardement ». Avichay Adraee conclut sa série de tweets en affirmant que « ces sites sont révélés dans le but d’appeler le gouvernement libanais à intervenir pour protéger les citoyens des dangers qui menacent leur pays ».

Hassan Nasrallah a immédiatement réagi, dans le cadre de son discours d’hier soir (voir par ailleurs), aux accusations de M. Netanyahu, le traitant de « menteur ». À 22h, les journalistes étaient invités à filmer sur les lieux mentionnés par le Premier ministre israélien.

Des journalistes inspectant un tapis roulant de l’usine sidérurgique à Jnah. Là où, selon Israël, le Hezbollah cacherait des armes. Photo João Sousa

« Qui a menti mentira »

Sur les lieux, un porte-parole du Hezbollah a lâché, d’emblée, devant la foule de journalistes : « Qui a menti mentira. » « Nous avons accepté que les médias inspectent les lieux présumés être des caches d’armes, parce que ces accusations viennent après l’explosion du 4 août, et pour lever tout doute à ce sujet », avait affirmé moins de deux heures plus tôt le secrétaire général du Hezbollah dans son discours. Dans une cohue monstre et sous les lumières des caméras qui se baladaient dans les coins et recoins d’une usine de transformation sidérurgique, le porte-parole du parti chiite a précisé : « Nous avons voulu démentir sur-le-champ des mensonges qui ont pour but de monter le peuple libanais contre le Hezbollah et la résistance. On ne pourra dire de la sorte que nous avons eu le temps de cacher le stock d’armes qu’on nous accuse de garder. » « En principe, nous ne sommes pas des inspecteurs aux ordres d’Israël, mais pour une fois, à titre exceptionnel, nous avons accepté que la presse soit témoin de la désinformation et de la guerre psychologique que nous livre l’État hébreu », a-t-il ajouté.

Le bâtiment industriel, a-t-on appris, appartient à un particulier, Mohammad Barbar, qui n’est pas membre du Hezbollah, mais qui n’en fait pas moins partie de la population qui l’approuve. « Nous habitons là, derrière ces enceintes en tôle. C’est là que grandissent mes trois enfants », a-t-il assuré. « On nous livre une guerre psychologique, on cherche à convaincre la population civile que nous cachons nos armes dans des zones résidentielles. Mais ce n’est pas vrai. Oui, nous disposons de fusées qui peuvent atteindre Israël, mais vous pouvez être sûrs qu’ils ne se trouvent pas là où Israël prétend qu’ils le sont », a affirmé pour sa part au micro d’une télévision un militant du parti chiite.


Deux heures à peine après les accusations lancées hier soir par Benjamin Netanyahu quant à l’existence d’un dépôt d’armes secret dans le quartier de Jnah, près de l’Aéroport international de Beyrouth, c’est sur les lieux mêmes que le parti organisait une tournée médiatique. Afin de démonter, selon les dires du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, les...

commentaires (8)

Aucun libanais ne comprend la décision de Aoun de refuser une enquête internationale sur le cataclysme survenu au port. Il faut que les libanais lui demandent des explications à son refus. Après tout il est à notre service et non le contraire. Pourquoi des gens sont morts et des maisons et des appartements ont été soufflés et détruites. Il avait promis une réponse dans un délai d’une à deux semaines et les libanais attendent toujours un constat clair sur ce qui s’est passé et des noms des responsables haut placés dans l’état, à commencé par sa personne. Il refuse en fait qu’on puisse le nommer comme premier responsable de tous les crimes commis sur le peuple depuis son accession au poste et qui pour couronner son échec a fini par un Crime contre l’humanité. Il n’est pas en mesure de diligenter des investigations qui entourent ce dossier vu qu’il a cede sa fonction pour la remplacer par celle de figurant et exécutant des ordres pour empêcher la bonne marche de la justice et du gouvernement donc de l’état mais refuse que quelqu’un de compétent le fasse et ça personne ne l’acceptera. Le sang des libanais n’est pas un instrument qu’on utilise pour arriver à ses fins. Il a montré à chaque fois qu’il était impotent et incompétent et on se demande pourquoi il s’accroche à ce fauteuil au lieu de céder la place a un président digne de ce titre pour sauver les libanais et le pays.

Sissi zayyat

21 h 28, le 02 octobre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Aucun libanais ne comprend la décision de Aoun de refuser une enquête internationale sur le cataclysme survenu au port. Il faut que les libanais lui demandent des explications à son refus. Après tout il est à notre service et non le contraire. Pourquoi des gens sont morts et des maisons et des appartements ont été soufflés et détruites. Il avait promis une réponse dans un délai d’une à deux semaines et les libanais attendent toujours un constat clair sur ce qui s’est passé et des noms des responsables haut placés dans l’état, à commencé par sa personne. Il refuse en fait qu’on puisse le nommer comme premier responsable de tous les crimes commis sur le peuple depuis son accession au poste et qui pour couronner son échec a fini par un Crime contre l’humanité. Il n’est pas en mesure de diligenter des investigations qui entourent ce dossier vu qu’il a cede sa fonction pour la remplacer par celle de figurant et exécutant des ordres pour empêcher la bonne marche de la justice et du gouvernement donc de l’état mais refuse que quelqu’un de compétent le fasse et ça personne ne l’acceptera. Le sang des libanais n’est pas un instrument qu’on utilise pour arriver à ses fins. Il a montré à chaque fois qu’il était impotent et incompétent et on se demande pourquoi il s’accroche à ce fauteuil au lieu de céder la place a un président digne de ce titre pour sauver les libanais et le pays.

    Sissi zayyat

    21 h 28, le 02 octobre 2020

  • ENQUETE INTERNATIONALE SUR LES LIEUX TOUT COMME AU PORT DE BEYROUTH QUI PEUVENT DETECTER MEME SI LES LIEUX SONT VACANTS AUJOURD,HUI CAR DEMENAGES CE QU,IL Y AVAIT AVANT ET A QUI APPARTIENT LE NITRATE DU PORT DONT DES QUANTITES MANQUANTES ONT ETE LOCALISEES A CHYPRE ET AILLEURS AUX MAINS DES MEMBRES DU HEZB.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 48, le 30 septembre 2020

  • Depuis des mois qu'Israël a publié la carte des dépôts d'armes au grand public et bien avant aux SR du monde entier, ils ont eu le temps de deménager leur camelote avant le Barnum de la "visite" de la presse par une nuit sans lune, et après manucure du site.

    Je partage mon avis

    11 h 21, le 30 septembre 2020

  • Tout le Liban est truffé d’explosifs caché dans les zones ´sensibles’ avec pour objectif de dissuader l’ennemi de les frapper... Dans le cas contraire , la bataille se transpose au plan médiatique avec des bras arrachés, des têtes decapitees, etc.... Hezbollah =Hamas bis !

    LeRougeEtLeNoir

    11 h 00, le 30 septembre 2020

  • Il aurait du organiser une visite au port avant l’explosion !

    LeRougeEtLeNoir

    10 h 57, le 30 septembre 2020

  • Qui croire tous les deux se valent mais je préfère Israel que l'Iran avec les ayatollahs et la destruction du beau pays honte à vous Nasrallah

    Eleni Caridopoulou

    10 h 18, le 30 septembre 2020

  • NOUS CROYONS CE QUE MONTRENT LES SATELLITES QUI VOIENT SOUS TERRE ET NON PAS LES TOURNEES MEDIATIQUES A LA SURFACE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 43, le 30 septembre 2020

  • Il est bien évident que l'entrée d'un dépôt d'armes ou d'une usine de fabrication d'armement n'est pas ouverte au public. Cette opération de "portes-ouvertes" n'est sans doute qu'un bluff. Il aurait fallu que des journalistes indépendants puissent visiter les lieux sans aucun accompagnement et pendant deux ou trois jours.

    Yves Prevost

    07 h 23, le 30 septembre 2020