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Gouvernement

Macron maintient la pression

Entretien téléphonique Macron-Aoun axé sur une formation d’un cabinet « le plus tôt possible ».

Macron maintient la pression

Les présidents Emmanuel Macron et Michel Aoun, portant des masques, à l’arrivée du premier au palais présidentiel de Baabda, le 1er septembre, pour le centenaire du Grand Liban. Gonzalo Fuentes/Pool/File Photo/Reuters

Au lendemain de l’annonce d’un nouveau délai, expirant dimanche, pour la formation d’un « gouvernement de mission » qui serait en place pour quelque cinq à six mois, le président français, Emmanuel Macron, a contacté hier son homologue libanais Michel Aoun, le président de la Chambre Nabih Berry, l’ancien Premier ministre Saad Hariri et le Premier ministre désigné Moustapha Adib, pour souligner l’importance de la mise sur pied « le plus rapidement possible » de la nouvelle équipe. La présidence libanaise a officiellement confirmé l’appel et précisé que MM. Macron et Aoun avaient discuté de l’état actuel des tractations et de « l’importance de poursuivre les efforts pour assurer la naissance du cabinet le plus rapidement possible ».

L'éditorial de Issa GORAIEB

Au pied du mur

Le chef de l’État français, révèlent des sources concordantes, insiste sur le fait que le « gouvernement de mission » qu’il préconise n’est qu’une courroie de transmission qui assurera la transition du Liban vers une série de réformes, lesquelles permettront à la communauté internationale d’assurer l’arrivée d’un flux de capitaux indispensable pour son redressement économique. Dans certains des entretiens téléphoniques du président Macron, selon des sources diplomatiques, on a pu de nouveau entendre l’accent d’urgence utilisé lors du premier voyage du chef de l’État français à Beyrouth (deux jours après le drame du port), rappelant que, selon des mots prêtés au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, « le Liban est au bord de l’abîme » et ne peut s’offrir le luxe d’une prolongation indéfinie de sa crise. M. Macron cherche à faire comprendre à toutes les parties, et d’abord au tandem chiite (Amal-Hezbollah), que son initiative « n’est pas politique, mais nationale », et qu’il n’a aucune intention de s’ingérer dans les dédales de la politique interne du Liban et des équilibres qui sont du ressort des seuls Libanais. Selon certaines indiscrétions, la France a même reproché à certaines parties libanaises d’avoir oublié l’essence de son initiative et profité de l’occasion pour pousser leurs pions sur l’échiquier interne, avec les conséquences prévisibles chez l’adversaire politique.

Toujours selon ces indiscrétions, au nom du principe de « la rotation de tous les portefeuilles » et de la non-exclusivité d’aucun d’eux, il a même été question d’attribuer le portefeuille des Finances, auquel s’accroche résolument le tandem chiite, à un sunnite et pas n’importe lequel : au neveu de Fouad Siniora en personne, Amer Bsat.

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Pour sa part, la France tient à ce que son initiative aboutisse, même si cela implique d’y apporter « quelques modifications », selon des sources proches des différentes parties. Toutefois, elle se heurte dans ce domaine à une résistance du Premier ministre désigné, qui refuse d’être un autre Hassane Diab et de voir notamment son équipe potentielle et sa carrière « brûlées » par des rapports de force qui le dépassent. M. Adib aurait même été empêché de se récuser par M. Macron alors qu’il était en route pour Baabda, selon certaines sources. Ses adversaires accusent le tandem chiite de vouloir consacrer une « répartition par tiers » du pouvoir politique par le biais de la consécration du portefeuille des Finances à la communauté chiite (en lieu et place d’une parité islamo-chrétienne des ministères). Ils n’ont pas tort. Et d’ailleurs, est-ce bien le moment de chercher à consacrer un nouvel équilibre politique national, alors que le pays s’enfonce dans la crise ? Tel est le reproche fait au tandem chiite par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, et le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, rejoints sur ce point par beaucoup d’autres forces politiques et par une large partie de l’opinion.

Joumblatt : « Adieu au Grand Liban »
M. Geagea a qualifié d’« opération de sabotage du pays » les revendications du tandem chiite et dénoncé l’obstination de ce dernier à conserver le portefeuille des Finances, soulignant que cette prise de position « porte atteinte à l’initiative française ».

De son côté, pour dire l’inanité des efforts déployés par le Hezbollah pour arracher une coutume constitutionnelle à un moment si critique, Walid Joumblatt a publié un tweet assassin dans lequel il accuse le parti de Dieu, rejoint par d’autres forces politiques, d’être les fossoyeurs d’un Liban qui aurait refusé, à cause d’eux, la dernière chance de relèvement offerte par la France. « Demain, quand le coq chantera, peut-on lire dans le tweet, les gens de l’ancien pacte et les gens de la nouvelle coutume constitutionnelle découvriront que le Trésor est vide, que le port de Beyrouth est mort et a déménagé à Ashdod et Ashkelon, que les pipelines du Golfe ont remplacé l’IPC et le TAPLINE, et que tous les missiles et lanceurs de sectarisme de quelque côté qu’ils viennent ne protègent pas le Liban. J’ai bien peur que nous ne soyons aujourd’hui en train faire nos adieux au Grand Liban. »


Au lendemain de l’annonce d’un nouveau délai, expirant dimanche, pour la formation d’un « gouvernement de mission » qui serait en place pour quelque cinq à six mois, le président français, Emmanuel Macron, a contacté hier son homologue libanais Michel Aoun, le président de la Chambre Nabih Berry, l’ancien Premier ministre Saad Hariri et le Premier ministre désigné...

commentaires (7)

Aoun peut, s'il le veut.

Esber

19 h 09, le 19 septembre 2020

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Commentaires (7)

  • Aoun peut, s'il le veut.

    Esber

    19 h 09, le 19 septembre 2020

  • LA SOLUTION EST BIEN SIMPLE POURTANT IL N'Y A PAS AU LIBAN DE 1/3-1/3-1/3 CAD CHRETIENS SUNNITES ET CHIITES AUTREMENT LES ORTHODOXES ET LES MARONITES POURRAIENT EUX AUSSI EXIGER 1/4-1/4-1/4-1/4 ET AINSI DE SUITE AU LIBAN IL YA DES MUSULMANS ET DES CHRETIENS QUI DOIVENT VIVRE COTE A COTE. DANS LE GOUVERNEMENT DIAB LES FORCES POLITIQUES SUNNITES AVAIENT ETE MISES DE COTE. ET CELA A ECHOUE LA VERITE ADIB DEVRAIT FAIRE SON GOOUVERNEMENT DE SALUT PUBLIC AVEC UN AN MAXIMUM D'EXISTENCE ET FAIRE TOUTES LES REFORMES NECESSAIRES POUR SAUVER LE PAYS SANS AUCUN MEMBRE AFFILIE AVEC AUCUN PARTI ET COMPOSE DE PERSONNES SPECIALISTES DE PREFERENCE MEME PRIS PARMIS LES LIBANAIS DE L'ETRANGER UN LIBANAIS A ETE PRESIDENT DU BRESIL , UN AUTRE PRESIDENT DE L'ILE DOMINICAINE UN TROISIEME A RENFLOUER RENAULT ET L'A MIS AU PREMEIR RANG DES CONSTRUCTEURS D'AUTOMOBILE ( meme si il a eu des affaires par la suite du a des raisons politiques ) UN QUATRIEME EST LE NUMERO UN DES TELECOMMUNICATIONS AU MEXIQUE ETC... VOILA LA SOLUTION POUR LE PAYS ET PAS BERRY NASRALLAH AOUN HARRIRI GEAGEA FRANGIE BASSIL ETC,,. SI CERTAINS NE VEULENT PAS COMPRENDRE CELA QUE LE PRESIDENT DISSOUS LA CHAMBRE ET FAISONS DE NOUVELLES ELECTIONS ET QUE LE PEUPLE DECIDE AVEC UNE CONTROLE INTERNATIONAL POUR EVITER LES FRAUDES ET CESSEZ DE ME DIRE QUE NOUS N'AVONS PAS L'ARGENT POUR FAIRE CES ELECTIONS

    LA VERITE

    15 h 33, le 19 septembre 2020

  • Si M. Macron donne le feu vert au PM Adib de présenter la liste de ses ministres 14 ministres choisi par lui, on connaîtra la position de tout le monde. Il faut passer à l’acte et mettre les saboteurs au pied du mur c’est la seule manière de sauver le pays. Tant que des tergiversations existent aucun gouvernement ne verra le jour et ils se rejetteraient la pierre les uns sur les autres. Le ministre des finances doit être chiite, soit, mais choisi par le PM. On verra qui s'opposera à la démocratie et à la constitution en connaissance de cause. Ainsi les sanctions seront la seule arme pour faire taire tous les saboteurs de la solution. Cela semble d’une simplicité, pourquoi choisir la complication qui peut durer encore des années sans aboutir à une solution qui se veut urgente pour le salut du Liban?

    Sissi zayyat

    14 h 19, le 19 septembre 2020

  • J’aime bien : Macron appelle Aoun pour discuter...Comme s’ils avaient le même agenda, la meme approche , qu’ils se situaient dans un meme camp, du même côté de la recherche de solution..! Mais Monsieur Macron, M Aoun n’est pas un arbitre, mediateur, il appartient à fonds à un camp donné, il EST une partie du problème !!

    LeRougeEtLeNoir

    11 h 28, le 19 septembre 2020

  • IL FAUT QUE TOUS LES CHRETIENS, TOUS LES SUNNITES ET LES DRUZES ADRESSENT UNE DEMANDE AU CONSEIL DE SECURITE DE L,ONU ET AUX GRANDES PUISSANCES DE DECLARER LE LIBAN PAYS FAILLI ET INGOUVERNABLE LOCALEMENT ET DE LE METTRE SOUS MANDAT D,UNE PUISSANCE OCCIDENTALE JUSQU,A SON EMANCIPATION. SEULE MESURE DE SAUVER ENFIN LE PAYS TOUT EN LE DEBARRASSANT DES CLIQUES POLITIQUES ET DES MERCENAIRES QUI L,ONT DETRUIT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 30, le 19 septembre 2020

  • Macron devrait laisser tomber et arrêter l'acharnement thérapeutique. "Les peuples ont le gouvernement qu'ils méritent" disait Montesquieu... Et de toute manière, tout le monde sait très bien que bien peu de libanais lui en seront reconnaissants au final.

    Mago1

    04 h 43, le 19 septembre 2020

  • Je cite : …""Tel est le reproche fait au tandem chiite par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, et le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt,…""......................... Quand ils parlent, il faut prêter une oreille attentive à ces deux chefs politico-militaires, sinon. Quand l’un est assuré d’avoir sa zone à lui, et l’autre réhabilité in extremis, ils peuvent donner des leçons après avoir été également ""fossoyeurs de l’Etat libanais"". Et nous avons raison, nous les révolutionnaires du 17 octobre de les mettre à l’index. On se moque de qui ? Walaw ya ikhwan, laissez-nous respirer, un peu d’oxygène. Il y a des Libanais qui ont jeté leur bébé par-dessus leur embarcation de fortune et préfèrent les geôles de la terre plutôt que de vivre l’enfer chez eux. En fait, le duo chiite, et quel duo ! S’accroche au maroquin des finances du temps de l’occupant syrien, et personne ne rêve pour qu’il revienne leur forcer la main pour un ultime désistement. On sait déjà pour quoi ce duo s’accroche à ce ministère, mais que cache finalement son entêtement ? C. F.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    01 h 36, le 19 septembre 2020