Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

Deux semaines après Macron...

Comme si de rien n’était, alors que tout s’écroule autour de nous, Berry veut le portefeuille des Finances qui n’existent plus, et Bassil veut celui de l’Énergie qui existe moins encore.

Ils sont fous, malades, irresponsables, criminels.

Et cela, on ne l’oubliera pas en temps voulu.

Monsieur Macron a fait le pari de donner deux semaines à un pouvoir à l’échec retentissant pour essayer de sauver les restes. Quitte à considérer que le Hezbollah n’est pas uniquement terroriste.

Si le nouveau « gouvernement neutre » n’était pas conçu par le non-neutre Moustafa Adib, alors l’on pourrait considérer l’initiative du président Macron d’un point de vue positivement utile : elle aura permis de « suivre les menteurs jusqu’aux portes de leurs domiciles ».

M. Macron aura définitivement prouvé au FMI, aux financiers internationaux, aux financiers de CEDRE et au monde entier que le Hezbollah n’en a cure qu’on le reconnaisse comme une formation politique ou comme un mouvement terroriste. La seule chose qui compte pour le Hezbollah, c’est de s’assurer localement une couverture par le biais du maronitisme aouniste dhimmi et d’offrir un Liban soumis aux volontés du wilayet al-fakih.

Il veut le beurre de la CEDRE, la substantifique moelle du FMI et l’argent du beurre qui serait ici le pouvoir absolu au Liban.

Nasrallah s’est créé un véritable État à sa mesure et il ne lâchera jamais une once de ce pouvoir qu’il a mis trente années à obtenir à force de « dur labeur », couronné « d’assassinats convaincants », qui ouvre à l’Iran la Méditerranée et asseoit le croissant chiite sur cinq peuples vaincus jusqu’à preuve du contraire : l’iranien, l’irakien, le syrien, le libanais et le palestinien section Gaza.

Le Hezbollah ne peut comprendre des messages de paix et de reconstruction. Cela va à l’encontre de sa politique guerrière de conquête qui est le reflet de celle des ayatollahs. Il vit de la guerre et meurt de la paix. Ses armes sont son sang. C’est l’unique raison pour laquelle il se déclare en état de guerre permanente avec Israël, comme son mentor perse.

Autrefois, par peur des Palestiniens au Liban et par peur des pays arabes, nous disions que le Liban serait le dernier à signer la paix avec Israël. Pourquoi le dernier ? La seule chose qu’Amine Gemayel aurait fait d’intéressant durant son mandat est l’accord de paix avec Israël du 17 mai 1983, voté par le Parlement libanais.

Et dire que, lors de la présentation récente de ses Mémoires, il s’est vanté de l’avoir annulé, alors que ça aurait été son seul succès ! Au lieu de cela, il nous a offert Michel Aoun pour une guerre sans fin.

Aujourd’hui, nous réalisons qu’effectivement, nous allons être les derniers à signer car tous les pays arabes sont sur la voie de la signature de la paix.

Sur un tout autre plan, Samir Geagea disait : « Essayons Aoun. » Nous l’avons essayé. Merci monsieur Geagea. Grâce à vous (et à votre erreur d’appréciation), nous avons pu démontrer que c’est le pire président qui ait jamais sévi et qui sévit toujours au Liban. L’ennui, c’est que c’est un très long essai de six années fatidiques.

Bon, vivons avec nos erreurs et dépassons-les.

Vu l’état du mouvement populaire contestataire, il nous faut réaliser que les Forces libanaises et leur base populaire indépendantiste et antihégémonie du Hezbollah, ainsi que la base populaire du Futur ne peuvent être mises de côté et que l’on doit arriver à créer un large front anti-Hezbollah, un large front de tous ceux qui veulent la neutralité du Liban, l’application des résolutions 1559,1680 et 1701, donc le désarmement du Hezbollah et le tracé des frontières, et que c’est cela l’important.

Sinon, nous serons éliminés par la coalition du 8 Mars, toujours soudée.

Dans le mal, on reste plus solidaire que dans le bien.

Arrêtons de nous entre-tuer pour des erreurs politiques passées et regroupons-nous autour des slogans vitaux.

L’essai du président Macron est moins pesant que celui de Geagea puisqu’il a donné seulement deux semaines aux menteurs professionnels au pouvoir pour accepter les conditions requises pour l’aide internationale.

Nous y sommes. Le compteur est remis à zéro : d’un côté, il y a les pro-iraniens accrochés à mort à leurs avantages et, de l’autre, nous, morts accrochés à des bouées de survie.

Il nous reste le patriarche Raï qui remet enfin les pendules à l’heure de la neutralité du Liban.

Il nous reste le président Trump qui sort enfin de son Caesar Act les noms de ceux qui ont détruit le pays. Nous espérons qu’il ne s’arrêtera pas en chemin.

Il reste un peuple en colère permanente qui ne baissera jamais les bras, même si le tandem irano-chiite le pousse dans ses derniers retranchements avec l’aide du aounisme qui ne réalise pas encore qu’il écrit sa fin avec notre sang.

Il nous reste les pays arabes qui réalisent que les temps ont changé et que l’on est passé du soutien aveugle à la cause palestinienne, étouffée durant 50 années par ses propres organisations, au soutien conditionnel à travers des voies diplomatiques qui ne mettent plus en danger leurs propres existences. Après l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, le Qatar à demi, d’autres pays suivront, et un jour, la question se posera au Liban.

Nasrallah préférera déclencher une guerre qui rayera le Liban de la carte plutôt que de permettre des négociations de paix avec Israël, même suivies du désengagement des dernières parcelles libanaises (les fermes de Chebaa se négocient avec Bachar, pas avec Netanyahu).

Faire la paix comme tous les pays arabes éliminerait d’office les armes du Hezbollah, et cela, l’Iran ne le veut pas. Nasrallah non plus.

Donc, restons en guerre pour permettre à Nasrallah de rêver d’une République islamique chiite, dans une grande unité au sein du croissant perse.

Enfin, pour se répéter et pour se résumer, il nous reste une chance : créer un large front de tous les indépendantistes, tous, c’est à dire tous.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Comme si de rien n’était, alors que tout s’écroule autour de nous, Berry veut le portefeuille des Finances qui n’existent plus, et Bassil veut celui de l’Énergie qui existe moins encore.

Ils sont fous, malades, irresponsables, criminels.

Et cela, on ne l’oubliera pas en temps voulu.

Monsieur Macron a fait le pari de donner deux semaines à un pouvoir à...

commentaires (1)

Sauve qui peut , à vos applications , prêts, partez.

Robert Moumdjian

07 h 04, le 20 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Sauve qui peut , à vos applications , prêts, partez.

    Robert Moumdjian

    07 h 04, le 20 septembre 2020