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Nos Lecteurs ont la Parole

Le salut du Liban passe par... le Hezbollah !

Le salut du Liban passe par... le Hezbollah !

La quasi totalité de la classe politique s’est abstenue de pointer du doight la responsabilité du Hezbollah dans l’explosion du port. Photo Nabil Ismail

Le 17 octobre 2019, une révolution prometteuse est née. Cependant, la plupart de ses composantes ont hélas choisi de limiter leurs revendications à la lutte contre la corruption et l’abolition du confessionnalisme politique, éludant, sous l’influence qui de certaines mouvances de gauche acquises au boucher de Damas et aux mollahs de Téhéran, qui de certaines formations d’une droite arriviste et opportuniste, la responsabilité première du Hezbollah dans la misère et les souffrances du Liban et des Libanais.

La même loi du silence a prévalu lorsque le Tribunal spécial pour le Liban a rendu, le 18 août 2020, son verdict rachitique accusant seulement Salim Ayyache – membre actif de la machine à tuer du Hezbollah – de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. La quasi-totalité de la classe politique s’est en effet contentée de déclarations insipides sans pointer du doigt la responsabilité de Hassan Nasrallah et de son parti dans le crime terroriste.

Lorsque le 4 août 2020 l’explosion du hangar 12 du port de Beyrouth a ravagé une partie de la capitale, occasionnant un massacre en bonne et due forme, une seule lecture a été imposée aux Libanais : le Hezbollah, qui « sait mieux ce qui se passe au port de Haïfa qu’au port de Beyrouth » dans le cadre de son fameux slogan de « l’équilibre de la dissuasion avec l’ennemi », ignorait tout bonnement qu’une bombe dévastatrice se trouvait fin prête à exploser aux abords de la capitale… Sans doute la réaction la plus significative aura-t-elle été celle des médias acquis à la « résistance » qui se sont hâtés, pour la première fois de leur histoire, d’accorder directement un blanc-seing à Israël au profit de la thèse de l’accident industriel…

La France s’est aussitôt empressée de venir au secours du Liban – qu’elle en soit remerciée. Mais, là encore, Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian ont choisi de minimiser l’hégémonie du Hezbollah sur le pays du Cèdre, évitant de soulever le rôle néfaste, déstabilisateur et destructeur de ce parti envers le Liban et les Libanais. Le Hezbollah n’a pas été désigné comme premier corrupteur de la République, place de choix qui lui revient pourtant.

Prenant sans doute les Libanais pour des gens nés de la dernière pluie, les dirigeants français ont aussi adopté cette thèse qui distingue entre « aile politique » et « aile militaire » du Hezbollah, ladite « aile politique » étant prétendument légitimée démocratiquement par les urnes... De la poudre de perlimpinpin. Reste à savoir comment la France arrive à qualifier de « démocratique » une ingérence électorale par fatwa contraignante émanant du waliy el-faqih iranien et de ses représentants au Liban.

Pour le centenaire du Grand Liban, les autorités françaises, sans doute dans un élan de nostalgie à l’égard du général Gouraud, ont fait miroiter l’éventuelle nécessité pour le Liban d’un nouveau « pacte politique ». Suivant le même cheminement, il y a fort à parier que ce pacte récompense les propriétaires du nitrate d’ammonium, les dealers de Captagon, les assassins d’enfants en Syrie et les kamikazes de Drakkar, en leur offrant des amendements constitutionnels pour leur permettre d’établir leur mainmise sur le pays de manière légale.

De leur côté, les représentants de l’Oncle Sam poursuivent leurs visites, brandissant l’arme fatale des sanctions. Mais leur agenda tourne essentiellement autour des intérêts d’Israël, à savoir le tracé des frontières maritimes et la neutralisation des missiles de précision du Hezbollah. Le reste peut sans doute faire l’objet d’un marchandage à tout moment avec l’Iran. Il convient sans doute dans ce cadre de rappeler la convergence d’intérêts Washington-Téhéran contre Saddam Hussein, ou encore la manière dont le Liban a été livré à la Syrie de Hafez el-Assad en 1990 en échange de la participation de ses troupes à la coalition lors de la guerre du Golfe.

La révolution du 17-Octobre continue, elle, de stagner, en rangs dispersés, rongée par ses contradictions et ses divergences internes. Elle a tort de penser que des élections, anticipées ou pas, pourraient sortir le pays de son marasme. N’importe quel scrutin dépend en effet de la nature de la loi électorale qui l’organise – une loi qui sera mise en place par les partis au pouvoir en fonction de leurs intérêts. Et, pour ce faire, certains au sein de la caste politique se réfugieront derrière certaines revendications révolutionnaires pour mijoter leur coup, à l’exemple des « élections hors du cadre de la représentation communautaire », de la « circonscription unique »… ou encore de la « proportionnelle », comme pour les législatives de 2018.

Les députés de Kassem Suleimani – en vertu de sa propre déclaration de 2018 – continuent d’assurer une couverture à la mainmise du Hezbollah sur l’État libanais, en dépit des souffrances quotidiennes infligées aux Libanais. La majorité de ces députés – du Courant patriotique libre, des Marada, du Tachnag et quelques indépendants – sont chrétiens et aident le bourreau à resserrer l’étau sur le peuple libanais, alors même que le patriarche maronite appelle tous les jours à la délivrance du pays…

Quant à l’ihbat sunnite, il est tel que quatre anciens chefs de gouvernement se résignent à admettre que le problème des armes du Hezbollah ne trouvera de solution que dans le cadre d’un règlement régional, voire même international.

Face à ce sinistre tableau, il faut combattre le cynisme par le cynisme. La solution la plus simple serait, dans l’esprit du comportement de tous les acteurs précités, de livrer pieds et mains, corps et âme, une bonne fois pour toutes, le Liban au parti iranien et à ses molosses. Rien ne semble susceptible de sauver le Liban de sa propre propension à l’apocalypse. Que l’artisan du chaos fasse donc son office rapidement, sans entraves, et achève son œuvre de destruction cruelle ! Ce n’est peut-être qu’à ce moment-là que le choc traumatique sera suffisamment fort pour réveiller les consciences et permettre l’émergence d’un Liban nouveau.



Le 17 octobre 2019, une révolution prometteuse est née. Cependant, la plupart de ses composantes ont hélas choisi de limiter leurs revendications à la lutte contre la corruption et l’abolition du confessionnalisme politique, éludant, sous l’influence qui de certaines mouvances de gauche acquises au boucher de Damas et aux mollahs de Téhéran, qui de certaines formations d’une...

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