Mgr Raï entouré des membres du Rassemblement spirituel. Photo ANI
Une délégation du Rassemblement spirituel du Liban a fait part hier au patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, de son appui à sa campagne en faveur de la neutralité du Liban. Composé d’un groupe de dignitaires religieux de plusieurs confessions chrétiennes et musulmanes qui plaident pour la citoyenneté et le vivre-ensemble, le rassemblement a présenté la démarche du chef de l’Église maronite comme étant « une position historique contre les interventions étrangères au Liban et les tentatives de faire du pays le vassal d’un autre État, qu’il soit chiite, sunnite ou chrétien ».
Mgr Raï, qui a reçu ses hôtes à Dimane, leur a exposé son point de vue, non sans avoir auparavant rendu hommage au rassemblement « qui constitue une image miniature d’un Liban pluraliste, au double plan culturel et religieux ». « Le Liban ne peut qu’être neutre dans sa nature à cause de ce pluralisme, et c’est ce sur quoi nos ancêtres s’étaient entendus lorsqu’ils avaient scellé le pacte national qui n’est pas un document écrit. Sinon, le maronite s’orientera vers la France, le sunnite vers l’Arabie saoudite et le chiite vers l’Iran ou le Néguev », a-t-il dit, en insistant sur le fait que la neutralité favorise l’émergence d’un État fort. « C’est un point qu’il est cependant difficile d’appliquer aujourd’hui en présence de mini-États au sein de l’État, qui minent celui-ci et lui font perdre sa valeur », a poursuivi le patriarche, en allusion au Hezbollah. Il a plaidé en faveur d’un « État fort grâce à son armée et à sa Constitution qui lui donneront la possibilité d’imposer son autorité aux plans local et international ».
Mgr Raï a rappelé devant ses visiteurs avoir reçu plusieurs appels téléphoniques et réactions à la suite de son plaidoyer pour la neutralité du Liban, « à l’exception du Hezbollah qui n’a toujours pas fait connaître sa position officielle ». « Tout ce qui est écrit dans certains médias ne me concerne pas et ne me touche pas », a encore dit Mgr Raï, en précisant que sa position « n’est pas dirigée » contre cette formation, mais qu’elle est « dans l’intérêt de tous les Libanais ». « Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est l’allégeance au pays et non pas à la communauté. Je suis libanais avant d’être maronite », a-t-il martelé.


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Fonder le Liban, sur une neutralité positive, sur la base d'un pan-œcuménisme religieux et athée,ce serait nier l'importance et la prééminence de la foi catholique maronite pour l'Etat libanais et sa convivialité avec les autres confessions. Affirmer la foi maronite catholique ce serait renforcer la création d'un Etat véritable respectueux d'une juste liberté, dans le respect de la vérité objective et la distinction de la politique et des religions.Fonder le Liban, sur une neutralité positive, sur la base d'un pan-œcuménisme religieux et athée, ce serait nier une vérité historique : la prééminence de la foi catholique maronite pour l'Etat libanais et sa convivialité avec les autres confessions. Ce serait faciliter la création d'un Etat véritable respectueux d'une juste liberté, qui ne nierait pas la vérité objective de la foi catholique maronite. Fonder le Liban, sur une neutralité positive, sur la base d'un pan-œcuménisme religieux et athée. Ce serait nier l'importance et la prééminence de la foi catholique maronite pour l'Etat libanais et sa convivialité avec les autres confessions. Car la foi catholique maronite est la seule capable de promouvoir une authentique citoyenneté libanaise, qui transcenderait toutes les autres confessions. Ce serait faciliter la création d'un Etat véritable et respectueux d'une juste liberté, pour tous les Libanais, quelle que soit leur religion, sans valoriser une laïcité athée étrangère aux traditions du Liban.
00 h 13, le 13 septembre 2020