Rechercher
Rechercher

This is America

Pour Beyrouth meurtrie, la jeune diaspora libanaise de Washington s’active

Ils vivent à des milliers de kilomètres de Beyrouth, leur ville d’origine, mais les Libanais qui se sont fixés dans la capitale fédérale américaine s’impliquent corps et âme dans le processus d’aide post-explosion, mené essentiellement par la jeune génération.

Pour Beyrouth meurtrie, la jeune diaspora libanaise de Washington s’active

Les volontaires de Li Beirut.

Ils sont des milliers de Libanais, devenus citoyens américains ou pas, à avoir choisi de vivre et de travailler à Washington et ses environs, sans pour autant échapper, moralement et émotionnellement, à tout ce qui touche à leur pays d’origine, et plus récemment aux terribles explosions qui ont ébranlé le port de Beyrouth et la capitale le 4 août dernier. La jeune génération de cette communauté s’est immédiatement mise à pied d’œuvre pour contribuer aux efforts déployés sur place pour parer aux dommages et aux souffrances qui ont anéanti la ville. Dans cet esprit d’entraide, plusieurs groupes se sont formés spontanément et ont repéré les urgences et les priorités. Arrêt sur leurs profils.

Avec Offrejoie

Des jeunes femmes amies venant d’horizons professionnels différents, Maria Abousleiman, conseillère et chercheuse dans le domaine post-conflit, Pascal Karam, experte pour l’agence immobilière Long & Foster, Maria Sarraf, responsable du pôle environnement, ressources naturelles et économie bleue pour l’Afrique de l’Ouest à la Banque mondiale, ont (ré)agi à chaud après l’explosion du port de Beyrouth. En partenariat avec la branche américaine d’Offrejoie, elles ont organisé un rassemblement caritatif dans le jardin de l’une d’entre elles, Pascal Karam, en Virginie. Leurs enfants âgés entre 16 et 18 ans se sont mis de la partie, servant boissons et amuse-gueules à l’assistance. Résultat : une levée de fonds conviviale, qui s’est soldée par un don de 17 000 dollars dans un grand sens de générosité et un sentiment d’appartenance au pays. Une sorte de thérapie pour ces expatriés.

Li Beirut

L’onde participative s’est largement élargie avec Dania Kibbi (cofondatrice d’un studio de graphisme), Nicole Fattouche (nurse) et Natalie Rejeili (nurse), quand s’est constitué le mouvement « Li Beirut, a Disaster Relief Initiative ». Cette campagne, intitulée aussi « De Washington DC à Beyrouth », s’est concentrée sur les besoins basiques du quotidien, indispensables à une vie saine et décente. Ainsi, ce groupe a guidé les donateurs vers une liste comportant quatre catégories : médicaments, produits de soins personnels, produits d’entretien ménager et objets de maison. Dans un espace offert par l’église Our Lady of Lebanon, quelque 300 volontaires ont effectué durant deux semaines un travail d’empaquetage de 4 000 colis. Une partie de ce lot a déjà été envoyée à Beyrouth dans quatre grands containers grâce à un donateur, Jobs for Lebanon. Le reste doit suivre très bientôt.

Les dons collectés par Li Beirut. Photos DR

« Beirut will rise again »

Ici, c’est un acte de résilience de la part de la diaspora libanaise pour être au plus près d’une ville bouleversée. Une opération initiée par Nadine AbouShakra, conseillère en ressources humaines, pour qui il était aussi important de faire battre le cœur de Beyrouth que de restaurer les dommages. C’est ainsi que, dans un premier temps, elle a créé une mobilisation autour d’envois via l’ONG Ahla Fawda d’accessoires de première nécessité : habits, couvertures, serviettes de bain, brosses à dents, etc. « Comme le Liban est en ce moment dans tous les esprits, un ami généreux a pris à sa charge les dépenses du transport vers le Liban », précise-t-elle. Dans un second temps, Nadine AbouShakra et son équipe ont établi un programme d’aide plus diversifié et plus dynamique. Des levées de fonds « live », un shopping en ligne ainsi que des modes inédits de collecte d’argent. « Notre brand ambassador à Beyrouth sera le mythique BO18, synonyme de vie nocturne et qui a énormément influencé la scène underground du pays. Un lieu qui, depuis la double explosion, s’est transformé en centre d’accueil, en collaboration avec des ONG », dit-elle.

Collecte de fonds

C’est au nom de la fondation de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth que la jeune médecin Aline Charabaty, spécialiste des maladies intestinales à l’hôpital John Hopkins, a lancé une campagne d’aide. « Comment peut-on aider ?

Lire aussi

Les étudiants libanais du campus de Sciences Po à Menton se mobilisent pour Beyrouth

À cette question si souvent posée après la double explosion du port et la crise humanitaire qui a atteint tant de Libanais, on ne pouvait répondre qu’en passant à l’action, là où l’on se trouve. » En équipe avec Victor Yazbeck et Serge Selwan, une collecte de fonds a été lancée, qui le premier jour a rassemblé des dons d’un montant de 10 000 dollars. Et cela continue. Trente mille dollars ont déjà été envoyés à la Fondation Saint-Joseph. Le but est d’être une partie active notamment dans la restauration totale de l’Hôtel-Dieu de France et le processus de soulagement physique et psychologique des personnes blessées et déplacées.

La Banque mondiale

Le World Bank Group a lancé, à son tour, une campagne d’aide qui a permis de collecter des dons auprès de ses 1 200 employés, d’un montant total de 260 000 dollars auquel est venue s’ajouter la même somme déboursée par le groupe lui-même. Des dons qui seront partagés à égalité entre la Croix-Rouge libanaise, l’American Near East Refugee Aid et l’International Rescue Committee.

Last but not least, l’IDC

L’IDC (In Defense of Christians) est une organisation de grande envergure défendant les droits de l’homme et des minorités religieuses au Moyen-Orient. Basée à Washington et dirigée par le Libanais Toufik Baaklini, elle collabore aujourd’hui étroitement avec le Congrès et l’USaid pour, entre autres actions, l’envoi à Beyrouth, sans passer par les autorités, de fonds pour aider les sinistrés.

L’engagement de la diaspora a suscité un effet boule de neige qui se poursuit. Les dons continuent d’affluer pour tenter de couvrir les énormes besoins sur le terrain.


Ils sont des milliers de Libanais, devenus citoyens américains ou pas, à avoir choisi de vivre et de travailler à Washington et ses environs, sans pour autant échapper, moralement et émotionnellement, à tout ce qui touche à leur pays d’origine, et plus récemment aux terribles explosions qui ont ébranlé le port de Beyrouth et la capitale le 4 août dernier. La jeune génération de...

commentaires (2)

On remarque que ces initiatives ont été prises pour la plupart par des femmes ! J'espère qu'elles trouveront leur place et obtiendront tous leurs droits dans ce nouveau Liban qui va j 'espère se reconstruire .

Carla Jabre

04 h 07, le 12 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • On remarque que ces initiatives ont été prises pour la plupart par des femmes ! J'espère qu'elles trouveront leur place et obtiendront tous leurs droits dans ce nouveau Liban qui va j 'espère se reconstruire .

    Carla Jabre

    04 h 07, le 12 septembre 2020

  • LA DIASPORA C,EST LE VRAI LIBAN. ENTENTE ET UNITE. PAS DE MERCENAIRES POUR LES TROUBLER.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 20, le 11 septembre 2020