Le chef des Forces libanaises prononçant son discours après la messe célébrée à Meerab à la mémoire des « martyrs de la Résistance libanaise ». Photo Aldo Ayoub
Le chef des Forces libanaises a vivement critiqué hier le président Michel Aoun et le Hezbollah, leur reprochant de faire primer leurs intérêts sur ceux du pays, s’en prenant plus particulièrement à la formation chiite qu’il a appelée à « se placer au service du Liban et non plus de la République islamique iranienne ».
« Nous resterons, à Beyrouth, à Achrafieh, à Saïfi, à Rmeil (…). Ils restent attachés à leur chaise mais au final eux partiront et nous resterons. Nous resterons pour en finir de ce pouvoir corrompu, pour reconstruire ce que vous avez détruit, récupérer ce que vous avez pillé », a lancé M. Geagea au début du discours qu’il a prononcé au terme de la messe annuelle à Meerab, à la mémoire des « martyrs de la Résistance libanaise ».
« Nous sommes confrontés à une crise existentielle, a mis en garde le chef des FL. Elle ne ressemble à aucune des crises que nous avons traversées depuis 1975. Une crise qui a assiégé tout un peuple, détruisant ses rêves et ses aspirations, son présent et son avenir, et lui a fait perdre confiance en son pays et ses dirigeants. » « Cette crise est due à deux facteurs : d’une part une hypothèque de l’État, sa Constitution et ses institutions, et d’autre part la corruption endémique. » « L’État libanais, son armée et son peuple sont les seuls réels défenseurs du Liban », a-t-il ajouté.
Pour M. Geagea « un mot magique résume toutes les raisons pour lesquelles nous en sommes là : l’accord de Mar Mikhaël ». Cet accord conclu en 2006, entre le chef de l’État Michel Aoun, alors qu’il était chef du Courant patriotique libre, et le Hezbollah, est selon M. Geagea « destiné à garantir les intérêts des deux parties aux dépens du Liban et des Libanais ». « Au lieu que le Hezbollah n’entre dans le giron de l’État, c’est l’État qui est entré dans le giron du Hezbollah. Depuis, le Liban a plongé dans un isolement sans précédent », a dénoncé le chef des FL.
« Je m’adresse au Hezbollah clairement et avec responsabilité : jusqu’à quel niveau voulez-vous que la situation au Liban arrive ? Attendez-vous que les Libanais meurent de faim, de maladie, ou meurent étouffés dans des explosions suspectes ? Il est temps de revoir les choix et les politiques, de revenir au Liban. Le Hezbollah doit remettre à l’État la décision de guerre et de paix. Il est temps de prendre la décision difficile de se mettre au service du Liban et des Libanais et non plus au service de la République islamique iranienne. »
Les élections législatives
S’adressant aux Libanais, M. Geagea a affirmé que le moment de « prendre les décisions difficiles » est venu. « Les têtes criminelles et corrompues doivent tomber et elles tomberont », a-t-il dit. Selon lui, le premier changement doit se faire au Parlement et « c’est de la responsabilité des Libanais de provoquer ce changement et choisir ceux qui les représentent ».
Il s’est prononcé de nouveau en faveur de « législatives anticipées sur la base de la loi en vigueur » et a mis en garde contre toute tentative de faire adopter une nouvelle loi électorale qui ne prendrait pas en compte la spécificité de la composition pluraliste du Liban. « Quand l’heure de l’élection présidentielle sonnera, nous adopterons une position adéquate. Nous n’accepterons pas que l’échéance présidentielle soit soumise à des accords », a-t-il ajouté.
Il a dans ce cadre abordé l’accord de Meerab qu’il avait conclu avec M. Aoun et qui avait permis l’accession de ce dernier à la présidence de la République. « Nous voulions que l’accord de Meerab soit le point de départ d’un partenariat chrétien-musulman avec le pouvoir. C’était une étape préliminaire sur la voie de la construction d’un État effectif, mais il s’est avéré que l’autre partie voulait que ce ne soit qu’un simple intérêt politicien », a-t-il dénoncé.
« Nous sommes les fils de la révolution »
M. Geagea a ensuite critiqué le slogan de la révolution du 17 octobre « tous c’est-à-dire tous » (kellon yaané kellon) repris par les protestataires qui contestent la légitimité de toute la classe politique. « Non, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac, a-t-il dit. Si ce slogan concerne tous les corrompus, alors nous y sommes favorables, mais s’il concerne tous les politiciens, toutes les personnalités et tous les partisans, il serait alors injuste. Les corrompus au Liban sont connus, ne perdez pas la boussole en généralisant », a-t-il lancé.
Concernant les appels à faire du Liban un État civil, notamment lancé par le président Aoun, M. Geagea a indiqué « que le pays l’est déjà sauf en ce qui concerne le statut personnel et la répartition des postes au sein de l’État conformément à l’accord de Taëf ».« Dans tous les cas, nous sommes ouverts à toute discussion et tout dialogue répondant aux aspirations de l’opinion publique libanaise, a assuré le chef des FL. Si vous voulez une Constituante, qu’il en soit ainsi, mais vous devez savoir que dans ce cas, la décentralisation élargie sera au centre de cette Constituante. »
En conclusion, Samir Geagea a souligné son soutien à Bkerké et au patriarche maronite Béchara Raï qui fait l’objet de critiques, notamment de la part des milieux du Hezbollah, alors qu’il appelle à l’adoption au Liban du principe de la neutralité active. « La neutralité du Liban qui est exigée ne signifie pas la neutralité envers les causes arabes légitimes, a-t-il expliqué. Il s’agit de (la neutralité face à) la politique des axes et de la neutralité face à l’ingérence de certaines parties internes dans les guerres et conflits de la région. »


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Bravo Hakim pour votre lucidité, votre patriotisme qu’on vous déteste ou qu’on vous adules .... vous êtes le seul qui pourrait faire la différence ce qui c’est passer pendant et derrière nous et ceux qui vous ramène à ce passer eux mêmes n’ont pas encore tourner la page ce n’est plus à vous de justifier c’est à eux que revient Le Devoir de faire une rétrospective !! J’ose espérer Hakim que quand viendra le temps de prouver que vous n’avez rien détourner vous sereZ le premier à accepter qu’une enquêtée soit réalisée et que vous y participiez afin de lever tout doute
16 h 42, le 07 septembre 2020