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Cheb Khaled : Beyrouth, c’est notre Hollywood à nous

La star algérienne se confie à « L’Orient-Le Jour » sur son nouveau titre « Elle s’appelle Beyrouth » réalisé avec le DJ libanais Rodge, dédié à la capitale dévastée par l’explosion le 4 août dernier.

Cheb Khaled : Beyrouth, c’est notre Hollywood à nous

Cheb Khaled chante pour le Liban. Fethi Belaid/AFP

Beyrouth a fait pleurer le monde entier. La déflagration du 4 août qui a dévasté le port et une partie de la ville a poussé diplomates, ambassadeurs, journalistes et responsables à accourir au chevet de la capitale pour apporter leur soutien. Les artistes, eux aussi, ont tenu à exprimer leur douleur en chansons. Des Libanais surtout, mais également des amis arabes, comme Cheb Khaled, qui n’a pas tardé à sortir un titre intitulé Elle s’appelle Beyrouth, avec le DJ libanais Rodge. Dans un clip illustré d’images des destructions, l’artiste algérien crie sa détresse en chantant : « J’ai vu tes peurs Beyrouth, ta frayeur et même tes doutes, j’ai vu ton peuple souffrant, toi ce pays que j’aime tant… Le sens de l’espoir, l’amour de la vie, c’est le Liban. »

« Beyrouth m’est très chère depuis ma première visite en 1993, confie Khaled à L’Orient-Le Jour. En fait, le Maghreb tout entier adore Beyrouth. J’ai découvert Beyrouth dans les années 90, moi qui ai grandi avec des films tournés au Liban. Les Libanais commençaient alors à rebâtir. J’ai vu un pays se construire. C’est le pays du cinéma, de la convivialité. Beyrouth, c’est le Las Vegas du Moyen-Orient, notre Hollywood à nous. C’est ce qui m’a poussé à chanter cette chanson ; j’ai en quelque sorte senti que c’était un devoir. »

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Le jour de la double explosion, le chanteur suivait les nouvelles avec ses enfants à la télévision, au moment où un autre attentat faisait trembler la capitale Alger. « Heureusement sans victimes, souligne le « Roi du raï ». Mais les images à Beyrouth étaient vraiment catastrophiques. Quand j’ai pris le téléphone pour m’enquérir de la sécurité de mes amis libanais, j’ai dit à Rodge qu’il fallait qu’on fasse quelque chose. Il y pensait aussi. C’est tombé à pic. Il m’a envoyé des mélodies et après 30 minutes d’essais, j’ai validé l’une d’elles. Je n’ai pas dormi pendant 4 jours pour sortir la chanson au plus tôt, et le Bon Dieu a fait que toutes les portes auxquelles on a frappé se sont ouvertes. »

Ému, Khaled assure avoir reçu des messages de soutien « de la part du monde entier » après la sortie du titre, par des « gens touchés parfois sans même comprendre la langue ». Un succès nécessaire, puisque les bénéfices de la chanson seront reversés entièrement à des associations engagées sur le terrain de la capitale.

La collaboration de Cheb Khaled et DJ Rodge sur le titre « Elle s’appelle Beyrouth ».

« Les gens veulent vivre »

Pour le pays du Cèdre, l’interprète de Didi, Aïcha et C’est la vie espère « qu’avec le soutien du monde, il va retrouver fière allure et le port sera reconstruit en mieux ». « J’ai souvent répété que le Liban est un pays qui n’a pas de chance, mais il est debout grâce à son peuple. C’est un peu comme en Algérie », pense Cheb Khaled. « Comme me le disait un jour mon ami Ragheb Alamé, les jeunes en ont marre. Les gens veulent vivre. Et c’est pourquoi il faut continuer à s’attacher à la vie. Et la vie continue, même si on prie pour le repos de l’âme de tous les martyrs tombés. Le problème actuellement, pour la terre entière, c’est que l’homme est fou. Après la colonisation, l’indépendance, nous avons eu la politique puis l’intégrisme… Aujourd’hui, nous voulons seulement vivre. »

Et de poursuivre : « Nous sommes habitués à ces problèmes, aux attentats, aux explosions. Et ensemble, nous pourrons changer les choses. En Algérie, nous avons donné des leçons aux Européens durant nos manifestations, toujours pacifiques. Oui, pour tuer l’ennemi, il faut le tuer avec le sourire. Il est important de respecter les institutions et les forces de l’ordre, qui sont nos fils, nos frères. Je pense que les Libanais en sont conscients. »


Cheb Khaled chante pour le Liban. Capture d’écran

L’espoir… toujours

Si le titre dédié à la capitale libanaise porte en lui tristesse et mélancolie, le chanteur aux 45 millions d’albums vendus dans le monde offre toutefois une note d’espoir à travers sa musique et son chant. La joie de vivre a toujours été sa signature vocale, et ceci depuis ses débuts. « Je suis né avant l’indépendance d’Algérie, explique l’artiste. J’ai donc grandi avec une musique qui parle le langage de la liberté et de l’espoir. J’ai vu assez de misères dans ma vie, et je crois vraiment que le Bon Dieu m’a offert cette musique peu agressive et qui sème la joie pour porter un message. Mon rêve, c’est de rassembler à travers ma musique et aider les gens à profiter de la vie. Comme disait Jésus : “Aimez-vous les uns les autres”. » « Même si on chante l’amour, nous sommes des chanteurs engagés, précise-t-il encore. J’ai envie de briser les frontières. »

Son souhait immédiat ? « Organiser un big concert au Liban. » « Je suis actuellement en contact avec les autorités du pays pour monter un show et on espère avoir une autorisation, promet Cheb Khaled. L’idée est de montrer au monde entier que Beyrouth, même brisée, est capable d’embrasser la vie, de se relever et de danser. »


Beyrouth a fait pleurer le monde entier. La déflagration du 4 août qui a dévasté le port et une partie de la ville a poussé diplomates, ambassadeurs, journalistes et responsables à accourir au chevet de la capitale pour apporter leur soutien. Les artistes, eux aussi, ont tenu à exprimer leur douleur en chansons. Des Libanais surtout, mais également des amis arabes, comme Cheb Khaled,...

commentaires (2)

Beyrouth et le Liban signifie beaucoup des choses differents a beaucoup de monde ... Un peu "probleme d'identite".

Stes David

10 h 52, le 03 septembre 2020

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Commentaires (2)

  • Beyrouth et le Liban signifie beaucoup des choses differents a beaucoup de monde ... Un peu "probleme d'identite".

    Stes David

    10 h 52, le 03 septembre 2020

  • on s en fout de toutes ces émotions.BEYROUTH est le lieu des crimes sur nous...et ils viennent chanter notre mort?!

    Marie Claude

    08 h 04, le 03 septembre 2020