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Politique - Conseil de sécurité

La France arrache un accord sur la Finul

La force internationale a carte blanche pour s’assurer que sa zone d’opérations n’est pas utilisée pour des actions hostiles.

La France arrache un accord sur la Finul

Un poste de soldats israéliens près de la frontière sud où des échanges de tirs se sont produits dans la nuit de mardi à mercredi avec des combattants du Hezbollah. Jalaa Marey / AFP

Après d’intenses discussions, la menace d’un veto américain et les pressions de Washington et d’Israël pour que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) puisse avoir un accès rapide et complet aux sites sur lesquels elle veut enquêter au sud du Litani, au Liban-Sud, le Conseil de sécurité de l’ONU devait renouveler hier, sans amendements majeurs, le mandat actuel des Casques bleus jusqu’au 31 août 2021. Le vote intervient en période de vive tension entre le Liban et Israël à la suite de heurts frontaliers survenus dans la nuit de mardi à mercredi entre les forces israéliennes et le Hezbollah.

Rédigé par la France, « porte-plume du Liban », le projet de résolution devait être adopté à l’unanimité, en donnant à la force internationale la possibilité d’accéder à tous les sites devant faire l’objet d’enquêtes et de s’assurer que sa zone d’opérations n’est pas utilisée pour des actions hostiles. Il s’agit d’un point fondamental pour Israël et les États-Unis qui avaient menacé jeudi d’opposer un veto au renouvellement du mandat de la Finul – jugée inefficace par les deux – si sa mission n’était pas renforcée et si ses effectifs n’étaient pas réduits. Washington voulait également ramener son mandat à six mois au lieu d’un an.

Au terme d’âpres discussions, la France devait proposer une solution de compromis qui consiste à permettre à la force intérimaire d’accéder à tous les sites censés faire l’objet d’une enquête, conformément à un calendrier programme étalé sur 60 jours, et à ramener les effectifs de la Finul de 15 000 à 13 000 au lieu des 11 000 exigés par Washington. Dans le texte de la résolution, le Conseil de sécurité rappelle « l’importance pour le gouvernement libanais de contrôler l’ensemble du territoire national », avant de condamner « les nombreux incidents survenus au niveau de la ligne bleue ». Il « souligne à toutes les parties l’importance du plein respect de l’interdiction de la vente et la fourniture d’armes et de matériel connexe, et rappelle qu’il est de la plus haute importance que toutes les parties concernées respectent la ligne bleue dans son intégralité ». Il « note avec une inquiétude croissante que la Finul n’a toujours pas pu accéder à tous les endroits pertinents au nord de la ligne bleue en raison de la découverte de tunnels traversant cette ligne, en violation de la 1701 ».

À ce propos, il convient de rappeler que le représentant d’Israël aux Nations unies avait adressé mercredi dernier un courrier aux membres du Conseil de sécurité exigeant que des changements importants soient apportés au mandat de la force onusienne afin d’améliorer ses capacités à accéder pleinement et à surveiller les zones dans lesquelles opère le Hezbollah. La lettre inclut une carte du sud du Liban indiquant les zones où des tunnels de missiles du parti de Dieu ont été découverts.

Rôle positif de la Finul

Le Conseil « réaffirme le pouvoir de la Finul de prendre toutes les mesures nécessaires dans les zones d’opérations de ses forces pour s’assurer que ces zones ne sont pas utilisées pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit et pour résister aux tentatives employées par des moyens énergiques pour l’empêcher de s’acquitter de son mandat ». Il « se félicite » aussi du « rôle crucial joué par l’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure, en tant que seules forces armées légitimes au Liban, dans l’extension et le maintien de l’autorité du gouvernement libanais, en particulier dans le sud du Liban, et en répondant à d’autres défis de sécurité ». Il appelle instamment la communauté internationale à « la soutenir davantage dans le contexte de la crise économique actuelle ».

Le Conseil « salue le rôle positif de la Finul, dont le déploiement avec l’armée libanaise a contribué à l’instauration d’un nouvel environnement stratégique au sud du Liban ». Il « se félicite de l’élargissement des activités coordonnées entre la force onusienne et les forces armées libanaises, appelle à un renforcement de cette coopération sans préjudice du mandat de la Finul, affirme son ferme attachement au mandat actuel des Casques bleus et demande la pleine application de la résolution 1701 (2006) qui appelle à une cessation des hostilités entre le Hezbollah et Israël ». Le Conseil « réaffirme fermement la nécessité d’un déploiement efficace et durable de l’armée libanaise dans le sud du Liban et dans les eaux territoriales libanaises à un rythme accéléré, et appelle à un engagement renouvelé de la Finul et des forces armées dans le dialogue stratégique ».

Le Conseil salue les changements opérationnels apportés par la Finul et demande au secrétaire général de l’ONU d’examiner les moyens de renforcer les efforts de la force internationale, y compris les moyens d’accroître sa présence visible, par le biais de patrouilles et d’inspections, dans le cadre de son mandat et de ses capacités existantes. Reconnaissant que la Finul a exécuté avec succès son mandat depuis 2006 et a permis le maintien de la paix et de la sécurité depuis lors, le Conseil de sécurité décide d’autoriser la réduction du plafond des effectifs de 15 000 hommes autorisés à 13 000 hommes des troupes et souligne l’importance et la nécessité de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes les résolutions pertinentes.

Solidarité avec le Liban

Dans ce texte, le Conseil de sécurité « exprime en outre sa solidarité avec le Liban et son peuple à la suite des explosions au port de Beyrouth le 4 août 2020, salue la Conférence internationale sur l’assistance et le soutien au Liban organisée le 9 août par la France et les Nations unies et demande à la communauté internationale de renforcer son soutien au Liban et à son peuple dans ce contexte ». Le Conseil de sécurité appelle aussi à « la formation rapide d’un nouveau gouvernement capable de répondre aux besoins et aux aspirations de la population libanaise et aux principaux défis auxquels le pays est actuellement confronté, en particulier la reconstruction de Beyrouth et la réalisation de réformes, absolument nécessaires pour surmonter la crise socio-économique aiguë sans précédent » conjuguée avec la pandémie de Covid-19.

Le Conseil félicite la Finul des mesures préventives prises pour lutter contre cette pandémie, en particulier en facilitant l’accès humanitaire, y compris aux personnes déplacées et aux camps de réfugiés, et autorise la force onusienne à prendre des mesures temporaires et spéciales pour apporter un soutien au Liban et à sa population à la suite des explosions survenues dans le port de Beyrouth. Le Conseil prie le secrétaire général de procéder à une évaluation de l’impact de ces explosions sur le personnel, les capacités et les opérations de la Finul, et de donner des recommandations pour faire face à cet impact, en vue de maintenir la continuité et l’efficacité des opérations de la force.


Après d’intenses discussions, la menace d’un veto américain et les pressions de Washington et d’Israël pour que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) puisse avoir un accès rapide et complet aux sites sur lesquels elle veut enquêter au sud du Litani, au Liban-Sud, le Conseil de sécurité de l’ONU devait renouveler hier, sans amendements majeurs, le mandat actuel...

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Les libanais ont tellement prié pour qu’un miracle se produise pour sauver le Liban. Leurs prières et leurs vœux semblent être sur le point d’être exhaussés et ce miracle s’appelle Macron. Merci Monsieur le président, et merci à tous ceux qui agissent pour sauver notre pays comme s’il s’agissait du leur pendant que les politiciens locaux œuvrent à le voir disparaître dans le seul but de garder leur poste et le saigner à blanc.

Sissi zayyat

11 h 20, le 29 août 2020

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Commentaires (1)

  • Les libanais ont tellement prié pour qu’un miracle se produise pour sauver le Liban. Leurs prières et leurs vœux semblent être sur le point d’être exhaussés et ce miracle s’appelle Macron. Merci Monsieur le président, et merci à tous ceux qui agissent pour sauver notre pays comme s’il s’agissait du leur pendant que les politiciens locaux œuvrent à le voir disparaître dans le seul but de garder leur poste et le saigner à blanc.

    Sissi zayyat

    11 h 20, le 29 août 2020

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