La Réserve fédérale américaine (banque centrale, Fed) a annoncé hier un changement de politique majeur qui donne plus de poids à sa mission de favoriser l’emploi au profit des familles à faible revenu, les plus affectées par la récession provoquée par la pandémie de Covid-19. L’objectif est de corriger « les lacunes » dans la réalisation d’une des deux missions de la Fed, à savoir atteindre l’emploi maximum, a résumé son gouverneur Jerome Powell. Le PIB des États-Unis a enregistré une contraction de 31,7 % en rythme annualisé, en raison du coronavirus, selon une estimation publiée hier par le département du Commerce.
Concrètement, les modifications apportées à la politique cadre de la Fed prévoient que l’inflation peut rester au-dessus de l’objectif de 2,0 % « pendant un certain temps » avant que la Réserve fédérale n’ait à agir en augmentant les taux d’intérêt, a expliqué Jerome Powell. La puissante institution financière a pris acte qu’avant la pandémie, croissance relativement soutenue et plein emploi n’avaient pas rimé avec hausse des prix : l’inflation est restée modérée, en deçà de l’objectif des 2 % de la Fed.
Dans la pratique, le changement annoncé hier maintiendra les taux d’emprunt à un niveau bas pendant beaucoup plus longtemps que lors des expansions économiques précédentes, ce que le président républicain Donald Trump appelle lui-même de ses vœux.
Alors que le pays est secoué depuis des mois par des manifestations antiraciales et que des élues ont appelé la Réserve fédérale à faire davantage en faveur des minorités raciales, Jerome Powell a rétorqué qu’un marché du travail « solide » pouvait bénéficier à de « nombreuses communautés à revenus faibles ou modérés ». Et, a-t-il ajouté, « un marché du travail robuste peut être maintenu sans provoquer une augmentation indésirable de l’inflation ».
Avant la pandémie, le taux de chômage était à son plus bas niveau en 50 ans (3,5 %) et les revenus de tous les ménages en hausse. Cette conjoncture favorable avait même bénéficié aux minorités noire et hispanique, même si les écarts avec les Blancs étaient encore marqués.
Mais le chômage reste élevé à 10,2 % en juillet. La semaine dernière, le nombre de demandes d’allocations chômage était en baisse, mais toujours à un million.


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