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Liban

Au cœur de Beyrouth, les coupures d'électricité entraînent une cascade de défaillances

Coupures d'internet et du téléphone dans le centre de la capitale ; Ogero blâme les retards de paiement de la part du ministère des Finances, en sus de l'impact du rationnement sévère en électricité.

Au cœur de Beyrouth, les coupures d'électricité entraînent une cascade de défaillances

Le toit du bâtiment d’Ogero à Beyrouth. Photo P.H.B.

Comme un symbole de la grande dégringolade que vit le Liban : le rationnement sévère du courant dans tout le pays a provoqué, mercredi, une série de défaillances dans le centre-ville de Beyrouth, suite à l'arrêt des générateurs du central d'Ogero située au niveau de la place Riad el-Solh.

Dans la nuit, ces générateurs privés qui, rationnement violent de l'électricité fournie par l’État oblige, tournent à plein régime, ont fini par tomber en panne, a annoncé mercredi matin le directeur de l'opérateur public Ogero, Imad Kreidiyé. Cette panne, survenue vers 3 heures du matin, a provoqué l'arrêt du fonctionnement du central de téléphonie. S'en est donc suivie une coupure de la téléphonie fixe et de l'internet dans tout le quartier, cœur de la capitale, affectant le travail des nombreuses entreprises et administrations, dont des ministères, qui y sont établis.

Avec des conséquences non négligeables. Le ministère des Finances a ainsi annoncé qu'une "panne pour raisons techniques, liée aux coupures de courant", a empêché le transfert des allocations dues aux fonctionnaires à la retraite pour le mois d'août. Ces montants étaient pourtant "prêts à être envoyés" par l'administration concernée. "Les virements seront effectués vers les banques lors du premier jour de réouverture après la fête de l'Adha", a précisé le ministère.

Risque de pannes "de plus en plus fréquentes"
En début d'après-midi, une source au sein d’Ogero, interrogée par L'Orient-Le Jour, explique qu'au-delà de l'impact du rationnement en électricité sur l'office public, son problème principal est le manque de financement. La source explique que le ministère des Finances n’a pas payé ses dus "exorbitants" à Ogero "depuis des années". L’entreprise a réussi à survivre "grâce à ses réserves", qui sont toutefois désormais épuisées. Cette situation ne permet plus à la société d’acheter des pièces de rechange ou de nouveaux générateurs pour alimenter les centraux lors des heures de rationnement.

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Cette situation était sous contrôle auparavant, surtout à Beyrouth, lorsque le rationnement de l’électricité fournie par l’État se limitait à trois heures. Mais depuis que le rationnement, ces dernières semaines, s'est drastiquement accru - avec plus de 21 heures de coupure par jour-, "les générateurs ne peuvent plus tenir et tombent en panne", explique la source. Sans oublier la pénurie de mazout à laquelle l'entreprise fait également face.

Ogero possède "autour de 300 centraux à travers le Liban", chacune possédant plusieurs générateurs et fournissant ainsi Internet et le téléphone fixe aux abonnés. Or, avec tous les problèmes qui s'accumulent, et en particulier le manque de financement de la part du ministre des Finances, la source précitée avertit que les pannes "risquent d’être de plus en plus fréquentes", les opérations de maintenance ne pouvant être conduites, bien "qu’Ogero en possède les moyens humains et techniques".

Problèmes en série
Depuis près d'un mois, le Liban connaît une pénurie d'électricité accrue due à des problèmes rencontrés par Electricité du Liban pour approvisionner en carburant ses centrales, en raison des difficultés financières que vit le pays, ainsi que d’un litige concernant du carburant défectueux avec un de ses fournisseurs, l'Algérien Sonatrach. Les coupures fréquentes ont déjà provoqué l'arrêt de plusieurs centraux de téléphonie d'Ogero, entre autres dans la région du Hermel, au début du mois.

A cette situation déjà délétère, s'est ajouté un dysfonctionnement à la centrale de Jiyeh, à la suite d’une perturbation sur le réseau ayant conduit à une rupture de production entre les centrales de Zahrani (Liban-Sud) et de Deir Ammar (Liban-Nord). Mardi, Electricité du Liban a assuré que les équipes techniques s’affairaient pour remettre le réseau en marche, pronostiquant un retour "progressif" du courant sur l’ensemble des régions du pays. La réparation "nécessitera du temps", a toutefois prévenu le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, à sa sortie du Conseil des ministres mardi.

Comme si cela ne suffisait pas, les Libanais subissent également le rationnement imposé par les propriétaires de générateurs privés, qui se plaignent de ne pas avoir suffisamment de mazout pour faire tourner leurs générateurs pendant les heures de coupure d’EDL. Ils réclament de pouvoir acheter le mazout au taux officiel (autour 1 507,5 livres pour un dollar), la mise en place d’un "mécanisme transparent" pour la distribution ou encore une majoration des tarifs imposés par le ministère de l’Énergie.

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Des demandes légitimes selon ces exploitants illégaux, bien que tolérés par les autorités – les capacités d’EDL ne suffisant pas à satisfaire la demande – et qui ont profité pendant des décennies de l’absence totale de réglementation pour facturer leurs services au prix fort à des abonnés laissés sans recours.

Mobilisés lundi, plusieurs représentants des propriétaires de générateurs privés ont annoncé qu’ils allaient rationner le courant et promis de ne plus le distribuer à partir du 5 août si leurs demandes n’étaient pas entendues. Cette dernière menace a cependant été suspendue mardi à la demande du directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, qui s’est entretenu avec une délégation de ces propriétaires présidée par Abdo Saadé, selon des informations de la chaîne locale LBCI. Le ministre de l’Énergie s’est contenté de souligner que les propriétaires de générateurs avaient suffisamment de mazout et que leur démarche consistait à faire pression pour obtenir une hausse des tarifs.

Environ 40 % du carburant utilisé par les générateurs est distribué par les directions des installations pétrolières situées à Zahrani et à Tripoli, le reste étant assuré par les importateurs privés. Plusieurs sources concordantes se sont étonnées de voir émerger, ces dernières semaines, un marché noir du mazout, où le carburant est vendu sur la base d’un dollar à 8 000 livres environ, soit le taux pratiqué par les agents de change illégaux, soupçonnant qu’une partie des sociétés et des propriétaires de générateurs qui se fournissent auprès de ces structures soient impliqués.


Comme un symbole de la grande dégringolade que vit le Liban : le rationnement sévère du courant dans tout le pays a provoqué, mercredi, une série de défaillances dans le centre-ville de Beyrouth, suite à l'arrêt des générateurs du central d'Ogero située au niveau de la place Riad el-Solh.

Dans la nuit, ces générateurs privés qui, rationnement violent de l'électricité...

commentaires (11)

Ils sont tous à vomir ! On sait et rien n'y fait.

Brunet Odile

06 h 52, le 30 juillet 2020

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Commentaires (11)

  • Ils sont tous à vomir ! On sait et rien n'y fait.

    Brunet Odile

    06 h 52, le 30 juillet 2020

  • Non, Ce n’est pas pitoyable mais Tellement grotesque et irréel. Ogero est aussi pour ne pas dire plus puissant que l’état dans la production de l’électricité. Et maintenant, après s’être engraissé sur le dos du peuple, il appelle à l’aide. Et bien Tant pis pour ce profiteur. S’il disparaît je n’irai pas le plaindre.

    mokpo

    23 h 05, le 29 juillet 2020

  • C,EST PITOYABLE. PEUPLE LIBANAIS CHANGEZ LA DONNE DE BONGRE OU DE MALGRE. PLUS DE VENDUS, D,IGNORANTS, DE CORROMPUS, DE VOLEURS ET D,INCOMPETENTS. CHANGEMENT DE BONGRE OU SINON DE MALGRE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 07, le 29 juillet 2020

  • comme c'est bizarre!!!!!!J.P

    Petmezakis Jacqueline

    19 h 47, le 29 juillet 2020

  • Yalla, commencer par couper l'éléctricité chez tous les politiciens. Peut être se sentiront ils concernés ...

    Alors...

    19 h 20, le 29 juillet 2020

  • Et la descente aux enfers continue...Jusqu'où?

    otayek rene

    16 h 55, le 29 juillet 2020

  • Ce gouv a de la chance Je vous assure ... car avec ce corona et les restrictions font en sorte que les libanais ne puisse descendre en force et en nombre dans les rue Mr Diab vous avez de la chance mais JUSQU’À QUAND vous avez compléter la dissociation avec l’occident maintenant l’un c’est occupé des USA ET VOUS DE LA FRANCE C’est bien mais quand on sera acculer vers qui on vas se tourner ... peuple libanais je vous le demande

    Bery tus

    16 h 46, le 29 juillet 2020

  • Grosse faute de la part de l'Orient: on dit UN central telephonique. C'est un nom masculin. A corriger

    Khoneisser Fadi

    16 h 43, le 29 juillet 2020

  • Donc le Serail et notre premier ministre n'ont plus d'intenet....bravo ..il va mieux travailler maintenant ....

    Houri Ziad

    12 h 53, le 29 juillet 2020

  • L'unique chose qui fonctionne dans ce beau pays c'est le remplissage de la poche de ses dirigeants.

    GENE JAIME

    12 h 40, le 29 juillet 2020