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Énergie

Électricité : les coupures repartent de plus belle, le pouvoir gesticule

Électricité : les coupures repartent de plus belle, le pouvoir gesticule

Le siège barricadé d’Électricité du Liban (EDL). Photo João Sousa

Alors qu’une forte vague de chaleur déferle sur le pays, la situation de l’approvisionnement en électricité laisse toujours à désirer, face à des autorités qui brassent de l’air.

Les Libanais ont été privés de courant presque toute la nuit de lundi à mardi en raison d’un problème technique sur le réseau d’Électricité du Liban (EDL) lié au déséquilibre entre la consommation (3 400 mégawatts) et la production (la capacité en service n’a pas été communiquée, mais elle devrait tout au plus atteindre le tiers de la consommation), selon une source proche du fournisseur public. La situation ne s’est pas améliorée dans l’après-midi d’hier, en raison du même problème sur lequel EDL a fini par communiquer en milieu de journée.

L’établissement public a évoqué un dysfonctionnement à la centrale de Jiyeh, à la suite d’une perturbation sur le réseau ayant conduit à une rupture de production entre les centrales de Zahrani (Liban-Sud) et de Deir Ammar (Liban-Nord). Il a en outre assuré que les équipes techniques s’affairaient pour remettre le réseau en marche, pronostiquant un retour « progressif » du courant sur l’ensemble des régions du pays. La réparation « nécessitera du temps », a prévenu le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, à sa sortie du Conseil des ministres.

L'édito de Issa Goraïeb

Visibilité de nuls

Pour rappel, EDL a également connu des problèmes d’approvisionnement en carburant pour ses centrales, en raison des difficultés financières que vit le Liban, ainsi qu’un litige concernant du carburant défectueux avec un de ses fournisseurs, l’Algérien Sonatrach.

Intervention de Abbas Ibrahim

Alors que le Liban traverse sa pire crise économique et financière, un rationnement sévère de l’électricité plonge le pays dans le noir depuis début juillet. Comme si cela ne suffisait pas, les Libanais subissent également le rationnement imposé par les propriétaires de générateurs privés, qui se plaignent de ne pas avoir suffisamment de mazout pour faire tourner leurs générateurs pendant les heures de coupure d’EDL. Ils réclament de pouvoir acheter le mazout au taux officiel (autour 1 507,5 livres pour un dollar), la mise en place d’un « mécanisme transparent » pour la distribution ou encore une majoration des tarifs imposés par le ministère de l’Énergie.

Des demandes légitimes selon ces exploitants illégaux, bien que tolérés par les autorités – les capacités d’EDL ne suffisant pas à satisfaire la demande – et qui ont profité pendant des décennies de l’absence totale de réglementation pour facturer leurs services au prix fort à des abonnés laissés sans recours.

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Les propriétaires de générateurs se disent contraints de rationner leur production

Mobilisés lundi, plusieurs représentants des propriétaires de générateurs privés ont annoncé qu’ils allaient rationner le courant et promis de ne plus le distribuer à partir du 5 août si leurs demandes n’étaient pas entendues. Cette dernière menace a cependant été suspendue hier à la demande du directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, qui s’est entretenu avec une délégation de ces propriétaires présidée par Abdo Saadé, selon des informations de la chaîne locale LBCI. Le ministre de l’Énergie s’est contenté de souligner que les propriétaires de générateurs avaient suffisamment de mazout et que leur démarche consistait à faire pression pour obtenir une hausse des tarifs.

Environ 40 % du carburant utilisé par les générateurs est distribué par les directions des installations pétrolières situées à Zahrani et à Tripoli, le reste étant assuré par les importateurs privés. Plusieurs sources concordantes se sont étonnées de voir émerger, ces dernières semaines, un marché noir du mazout, où le carburant est vendu sur la base d’un dollar à 8 000 livres environ, soit le taux pratiqué par les agents de change illégaux, soupçonnant qu’une partie des sociétés et des propriétaires de générateurs qui se fournissent auprès de ces structures soient impliqués.

Enfin, les problèmes d’approvisionnement du Liban en carburant concernent également l’essence, même si les enjeux semblent différents. La journée d’hier a notamment été marquée par une passe d’armes par communiqués interposés entre le syndicat des propriétaires de stations-service et celui des sociétés importatrices d’hydrocarbures au Liban (APIC). Le premier a attribué le récent retard dans les livraisons à des « problèmes » entre les importateurs et leur banque, ainsi que des « disputes avec la Banque du Liban concernant le règlement » de certaines obligations. L’APIC a qualifié ces allégations de fausses.


Alors qu’une forte vague de chaleur déferle sur le pays, la situation de l’approvisionnement en électricité laisse toujours à désirer, face à des autorités qui brassent de l’air.

Les Libanais ont été privés de courant presque toute la nuit de lundi à mardi en raison d’un problème technique sur le réseau d’Électricité du Liban (EDL) lié au déséquilibre entre...

commentaires (9)

L'un plus nul que l'autre. Pays de nuls. Politiciens nuls. Peuple nul. Des moutons tous et chacun.

Anonyme

00 h 34, le 30 juillet 2020

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • L'un plus nul que l'autre. Pays de nuls. Politiciens nuls. Peuple nul. Des moutons tous et chacun.

    Anonyme

    00 h 34, le 30 juillet 2020

  • DANS LE BORDEL DE MADAME MARIKA... OUI MADAME EN COMPARAISON DES PATRONNES DU GRAND BORDEL DIT LIBAN D,AUJOURD,HUI... IL Y AVAIT DU COURANT 24 HEURES SUR 24. CHANGEZ DE PATRONNE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 27, le 29 juillet 2020

  • Même si la réponse à cette demande paraît impossible à obtenir, pourrait-on savoir à quoi ils jouent tous, relativement à l'électricité??? Etre les pannes des centrales, les bateaux qui ont accosté/déchargé leur cargaison puis non ça n'a pas été fait, la BDL qui a payé/ne paie pas la facture, le problème a été réglé/sera réglé dans une semaine... Et côté propriétaires de générateurs, des revendications qui semblent justes, mais non ils mentent, il y a du mazout pour tous (mais on ne le livre pas...)... ET APRES????

    NAUFAL SORAYA

    15 h 12, le 29 juillet 2020

  • On dirait que le nom de Abbas Brahim est un "default" automatique qui est introduit dans tout les articles ...visite au Koweït, Abbas Brahim,, visite chez Rai, Abbas Brahim, negotiations avec ci ou ça, messages par ci et par là... Type Batman... espérons qu'il tiendra le coup avant que nous trépassons tous à cause de cette classe politique meurtrière...

    Wlek Sanferlou

    14 h 00, le 29 juillet 2020

  • A esperer que la classe politique souffre aussi des pannes de courant .....

    HABIBI FRANCAIS

    11 h 35, le 29 juillet 2020

  • Dans un pays ou les propriétaires des générateurs privés sont rois inutile de rêver de voir un jour Dame lumière.

    Antoine Sabbagha

    11 h 18, le 29 juillet 2020

  • TOUT CE CIRQUE POUR ARRIVER À LA CONCLUSION QUE LA STATION DE SELAATA EST INDISPENSABLE ET LE PEUPLE RESTE DANS LE NOIR ET COMPTE SUR LA VOLONTÉ DE LEURS GOUVERNANTS DE LES ÉCLAIRER. ON A CE QU’ON MÉRITE.

    Sissi zayyat

    10 h 19, le 29 juillet 2020

  • Personnellement, je pense qu’il faut dissoudre l’EdL, vendre ses actifs au privé et laisser ce Dernier gérer la fourniture de courant électrique au Liban. L’administration étant essentiellement composée de fonctionnaires nuls et incompétents, le secteur public ne pourra jamais rendre le moindre service aux citoyens à part bien entendu encaisser les taxes et impôts pour enrichir la classe politique (et les hauts fonctionnaires au passage)

    Liberté de Penser

    08 h 51, le 29 juillet 2020

  • C'est à cause de cette petite centrale de Jiyeh que l'approvisionnement en électricité a de nouveau chuté de moitié ? Ça veut dire quoi au juste "une rupture de production entre les centrales de Zahrani (Liban-Sud) et de Deir Ammar (Liban-Nord)"?

    Zovighian Michel

    06 h 22, le 29 juillet 2020