Rechercher
Rechercher

Économie - Industrie

Cedar Oxygen sera lancé à la fin du mois

Cedar Oxygen sera lancé à la fin du mois

La mobilisation des industriels contre les restrictions bancaires et l’inertie de l’État en janvier dernier. Photo P.H.B.

Attendu par les industriels depuis mars et l’annonce du gouverneur de la banque du Liban (BDL), Riad Salamé, le fonds Cedar Oxygen a obtenu cette semaine le feu vert des autorités luxembourgeoises pour être lancé fin juillet. Ce fonds octroie des crédits aux industriels libanais afin de financer leurs importations de matières premières. Au Liban, les industriels souffrent en effet des restrictions bancaires sur les retraits et les transferts à l’étranger mises en place par les banques depuis la fin de l’été 2019, en marge de la crise économique et financière que traverse le Liban depuis des mois. Sans oublier la dépréciation de la livre libanaise (hier, le taux de change dollar/livre libanaise s’établissait, sur le marché noir, à 7 900 livres à l’achat et 8 400 livres à la vente selon le site Lebaneselira.org, alors que le taux officiel est de 1 507,5 livres).

Le fonds vise à financer les importations en se fixant l’objectif ambitieux d’ « atteindre les 750 millions de dollars nécessaires en 2021 » en octroyant des prêts à des échéances « courtes, en moyenne de quatre mois », explique le PDG de Cedar Oxygen, Alexandre Harkous. Ainsi, 750 millions de dollars, utilisés trois fois durant une année, permettraient de couvrir un montant total de 2,25 milliards de dollars, proche de la somme de 3 milliards dont les industriels ont besoin sur une année pleine, selon Fady Gemayel, le président de l’Association des industriels libanais (AIL). Selon lui, l’industrie libanaise exporte pour trois milliards de dollars annuellement, vend pour 10 milliards sur le marché local et produit donc pour un total de 13 milliards de dollars.

Le financement proviendra de la BDL, d’organismes ou de banques de développement – comme la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et de développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (EIB) – et d’investisseurs privés, en particulier des expatriés libanais. La Banque centrale a déjà promis un financement à hauteur de 175 millions de dollars. Les secteurs prioritaires sont l’agroalimentaire, ainsi que les produits cosmétiques et pharmaceutiques.

Fonctionnement du fonds
Ce fonds est basé à l’étranger, au Luxembourg, afin de faciliter les transferts directs aux fournisseurs. Cedar Oxygen octroiera ses crédits courts selon un fonctionnement similaire à ce que les banques libanaises proposaient aux industriels avant la crise, indique le PDG. Trois cas sont retenus : les industriels importateurs de matières premières et exportateurs de biens possédant un compte à l’étranger ; ceux qui importent et exportent, mais ne possèdent pas de compte à l’étranger ; et enfin ceux qui importent des matières premières mais n’exportent pas.

Les exportateurs, dont « la majorité possède déjà des comptes à l’étranger », devront rembourser leurs prêts via des transferts à travers ces comptes. Ceux qui n’en possèdent pas signeront une cessation de créance, qui permettra au fonds de recevoir lui-même l’argent frais provenant de la vente des produits exportés.

Pour les industriels qui ne vendent leur production que sur le marché local et ne disposent ni de devises ni « d’argent frais », c’est-à-dire des devises déposées dans des comptes spéciaux et sur lesquels aucune restriction n’est supposée s’appliquer, le fonds leur permettra de payer les fournisseurs à l’étranger. C’est en livres libanaises que ces industriels rembourseront les prêts « à un taux de change négocié et acceptable pour les deux partenaires », indique M. Harkous. Ce mécanisme repose sur un « principe d’union nationale » : les importations des non-exportateurs sont compensées par les devises reçues des industriels exportateurs, souligne encore le PDG du fonds.

Taux d’intérêt
La grande question reste toutefois celle des taux d’intérêt appliqués, sur laquelle le fonds n’a pas souhaité donner de détails, se contentant d’indiquer que ces taux prendront en compte le risque de l’entreprise, de la devise et du pays. Cedar Oxygen souligne que les profits permettront de rémunérer les collaborateurs du projet, puis seront réinjectés pour financer les industriels et vont servir aussi à mettre en place un programme avec les industriels importateurs pour les aider, à terme, à produire des matières premières localement puis à devenir exportateurs.

La création du fonds n’a pas été simple. Outre l’impact de la pandémie de Covid-19, l’ouverture d’un compte bancaire à l’étranger a buté sur des difficultés. Les banques étrangères, même les établissements libanais possédant des filiales à l’étranger, ont été réticentes en raison des sanctions internationales sur différents pays avec lesquels les industriels libanais seront susceptibles de faire des affaires, auxquelles s’ajoutent celles liées à la loi César entrée en vigueur le mois passé. Sans oublier « la situation actuelle au Liban et la multiplication d’informations négatives sur le pays et la région », ajoute Alexandre Harkous, qui explique que « les acteurs internationaux, méfiants, attendent des réformes et les résultats des discussions en cours avec le Fonds monétaire international ».


Attendu par les industriels depuis mars et l’annonce du gouverneur de la banque du Liban (BDL), Riad Salamé, le fonds Cedar Oxygen a obtenu cette semaine le feu vert des autorités luxembourgeoises pour être lancé fin juillet. Ce fonds octroie des crédits aux industriels libanais afin de financer leurs importations de matières premières. Au Liban, les industriels souffrent en effet des...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut