Rechercher
Rechercher

Économie - Fiscalité

Golden visa libanais : la commission des Finances approuve le projet du gouvernement

Le projet de loi du gouvernement, que le Parlement devra encore approuver, fixe à 500 000 dollars le plancher d’investissement nécessaire pour bénéficier d’un droit de résidence fiscale au Liban.

Golden visa libanais : la commission des Finances approuve le projet du gouvernement

Une rue du centre-ville de Beyrouth le 28 septembre 2022. Photo d’archives Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour

Réuni au Parlement lundi, la commission des Finances et du Budget a approuvé le projet de loi présenté par le gouvernement instituant un « golden visa » libanais, offrant à de riches étrangers ou expatriés la possibilité de devenir résidents au Liban et de bénéficier d’une résidence fiscale assortie à un régime d’imposition raisonnablement avantageux.

« Nous savons tous que le Liban a besoin d’attirer des investisseurs et des investissements, dans le cadre d’un redressement économique, financier et bancaire. Il faut toutefois préparer la phase à venir, même si nous n’y sommes pas encore », a déclaré le président de la commission, le député Ibrahim Kanaan (ex-Courant patriotique libre), s’exprimant à la fin de la réunion.

Le Liban aura besoin de plusieurs milliards de dollars pour se reconstruire après les deux guerres qu’il a traversées.

Selon les détails fournis par l’élu à la presse et à L’Orient-Le Jour, le projet accorde un droit de résidence spécial aux non-résidents au Liban, étrangers ou Libanais travaillant à l’étranger et ayant besoin d’une résidence fiscale, en échange d’un placement ou d’un investissement d’au moins 500 000 dollars. Ce montant peut être placé en banque, servir à acquérir de l’immobilier ou être investi dans une entreprise libanaise.

« Ce dispositif permettrait de créer des emplois, d’injecter des fonds dans le Trésor public et de stimuler les investissements lorsque les conditions seront réunies. Il s’agit d’une possibilité d’élire une résidence fiscale et donc d’y payer ses impôts, sans évidemment contrevenir aux conventions fiscales bilatérales que le pays peut avoir ni enfreindre les standards internationaux en matière de transparence, de lutte contre l’évasion fiscale et toute autre forme de criminalité financière », a mis en avant le député.

Seuil minimum fixé

La commission a effectué certaines modifications par rapport au texte transmis il y a un mois par le gouvernement, a encore expliqué Ibrahim Kanaan.

  • Elle a fixé dans le projet à 500 000 dollars le seuil des placements ou investissements nécessaires pour bénéficier du dispositif, alors que le gouvernement prévoyait de le fixer ultérieurement par décret.
  • Des droits supplémentaires devant être réglés à l’État ont été imposés dès l’ouverture de la procédure : au moins 50 000 dollars pour le demandeur et 50 000 dollars de plus par membre de sa famille qu’il souhaite intégrer. Le gouvernement avait prévu de faire payer des droits, mais envisageait d’en fixer le montant par décret ultérieurement.
  • Une disposition a été ajoutée pour préciser que l’acquisition de propriétés par les étrangers ne doit pas entrer en conflit avec les limites déjà fixées par la réglementation (limite de 3 000 m² de terrain sans autorisation spéciale du Conseil des ministres, notamment).

Si le texte est voté et appliqué, les démarches se feront probablement via la Sûreté générale, a ajouté Ibrahim Kanaan. Il a également affirmé que l’idée d’assouplir la procédure pour les expatriés libanais par rapport aux étrangers a été discutée et reste sur la table.

Le Liban aura besoin de plusieurs milliards de dollars pour se reconstruire après avoir été ravagé par deux guerres entre le Hezbollah et Israël, interrompues par une trêve qui n’a pas empêché les bombardements israéliens.

Mais, au-delà de l’attractivité réelle de la mesure pour les investisseurs de la diaspora ou étrangers au pays, le Liban n’est toujours pas certain que la trêve actuelle, conclue en marge des discussions entre l’Iran et les États-Unis, tienne. Par ailleurs, Beyrouth n’a toujours pas restructuré son secteur bancaire, paralysé depuis le début de la crise de 2019. La grande inconnue reste à ce stade la compatibilité de ce dispositif avec les exigences du Groupe d’action financière (GAFI).

L’organisme international de référence en matière de lutte contre la criminalité financière maintient le Liban sur sa liste grise depuis octobre 2024. Dans une publication sur le réseau LinkedIn, l’avocat fiscaliste Karim Daher a indiqué que, lors de la dernière évaluation du Liban en séance plénière entre les 17 et 19 juin, le GAFI a recommandé l’application des « dix mêmes mesures déjà identifiées en octobre 2024 » et craint que « la prochaine évaluation soit moins indulgente (possiblement en octobre, NDLR) et ne prend plus en compte les circonstances exceptionnelles de la période actuelle ». Les mesures de correction sont connues et concernent principalement l’application de la législation libanaise par la justice et les autorités de police, mais « la décision politique nécessaire pour traduire ces efforts en actions concrètes continue d’être retardée », a ajouté l’avocat.

Réuni au Parlement lundi, la commission des Finances et du Budget a approuvé le projet de loi présenté par le gouvernement instituant un « golden visa » libanais, offrant à de riches étrangers ou expatriés la possibilité de devenir résidents au Liban et de bénéficier d’une résidence fiscale assortie à un régime d’imposition raisonnablement avantageux.« Nous savons tous que le Liban a besoin d’attirer des investisseurs et des investissements, dans le cadre d’un redressement économique, financier et bancaire. Il faut toutefois préparer la phase à venir, même si nous n’y sommes pas encore », a déclaré le président de la commission, le député Ibrahim Kanaan (ex-Courant patriotique libre), s’exprimant à la fin de la réunion.Le Liban aura besoin de plusieurs milliards de dollars pour se reconstruire...
commentaires (14)

MEA CULPA.... j'ignorais que ibrahim kanaane avait vote POUR cette stupidite sans en etre le parrain. ALORS BRAVO au Gouvernement, a ses membres qui avaeint vote pour, ET qd meme a kenaan ( pr pas qu'il se fache )

L’acidulé

10 h 00, le 25 juin 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (14)

  • MEA CULPA.... j'ignorais que ibrahim kanaane avait vote POUR cette stupidite sans en etre le parrain. ALORS BRAVO au Gouvernement, a ses membres qui avaeint vote pour, ET qd meme a kenaan ( pr pas qu'il se fache )

    L’acidulé

    10 h 00, le 25 juin 2026

  • Les mêmes architectes, décideurs et responsables de la faillite ne proposent que des moyens qui aident a renflouer la situation critique du secteur bancaire!!

    Une citoyenne libanaise

    07 h 20, le 24 juin 2026

  • rigolo....mais il faut rendre l argent des déposants d abord...non?

    Marie Claude

    08 h 48, le 23 juin 2026

  • Le Liban serait-il en train de devenir un pays de crapules hypocrytes, sans amour-propre, dénués de tout état d'âme et qui en plus prennent les autres pour des abrutis ?

    Remy Martin

    23 h 47, le 22 juin 2026

  • Je crois qu’ils ont lu la loi à l’envers. C’est l’État Libanais qui paiera 500’000$ à tout ce qui veut bien venir résider au Liban, plus 50’000$ à chaque membre de sa famille. Non? Sinon ça n’a pas de sens?

    Gros Gnon

    23 h 16, le 22 juin 2026

  • Mort de Rire

    P H

    22 h 51, le 22 juin 2026

  • ??????????

    Derwiche Ghaleb

    22 h 21, le 22 juin 2026

  • ??????????

    Derwiche Ghaleb

    22 h 21, le 22 juin 2026

  • Super drôle l'article, ça aurait pu faire un joli poisson d'avril, au mois de Juin...

    Chaker Pierre

    21 h 47, le 22 juin 2026

  • MAUVAISE LOI : Ce ne seront pas les occidentaux qui accourriraient. Mais desz iraniens, des iraquiens, des syriens, des turces et autres pays di tiers monde. Le nombre des c hretiens se diliuera avec le temps.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    21 h 42, le 22 juin 2026

  • "Les mesures de correction (exigees par le FMI et le GAFI) sont connues et concernent principalement l’application de la législation libanaise par la justice et les autorités de police". Si ces mesures avaient ete appliquees, la quasi totalite des dirigeants de la BDL et des banques seraient en prison depuis fin 2019.

    Michel Trad

    21 h 39, le 22 juin 2026

  • Golden Visa au Liban, quel insensé le voudra dans les conditions actuelles du Liban???

    CW

    19 h 13, le 22 juin 2026

  • Le Liban invente le « golden visa » après avoir transformé les dépôts bancaires en dons forcés. Il faudrait donc confier 500 000 dollars à un système qui a spolié ses propres déposants, sans leur rendre ni capital, ni espoir, puis ajouter 50 000 dollars par membre de famille. À ce tarif, autant investir dans un État de droit stable. Portugal, Grèce ou Émirats , où un contrat reste un contrat et où l’épargne ne disparaît pas derrière un « haircut ». Au Liban, le visa est peut-être doré ; le piège, lui, est plaqué or. Ce pouvoir ne doute plus de rien !!!

    Rod PAris

    18 h 15, le 22 juin 2026

  • LMAO... NON MAIS QUELLE BLAGUE... QUI VA INVESTIR DANS CE PAYS ??? ET 500,000 DOLLARS EN PLUS... COMME QUOI LES MILLIARDS QUE CES CRAPULES NOUS ONT VOLÉ NE LEUR SUFFISENT PLUS...ON CROIT RÊVER

    Emile

    18 h 11, le 22 juin 2026

Retour en haut