Contestation

Une centaine de militants de la société civile lancent le Front civique national

« L’importance d’une telle initiative, c’est qu’elle unit une grande partie de l’intelligentsia de la ville avec le terrain, qui constitue le pouls de la révolution du 17 octobre », estime l’un des organisateurs.


Une centaine de militants de la société civile lancent le Front civique national

Antoine Courban lisant le document fondateur du Front civique national devant les militants réunis. Photo S.B.

Une centaine de personnalités de la société civile libanaise et de militants de tous bords, représentant non moins de 55 groupes de la contestation selon les organisateurs, ont répondu hier à l’appel pour le lancement du tout nouveau Front civique national, qui se veut issu de la « thaoura », ou mouvement de contestation du 17 octobre. Universitaires, militaires et diplomates retraités, militants de terrain issus des différentes régions… se sont retrouvés hier dans la grande salle d’un hôtel beyrouthin. La charte fondatrice de ce front a été lue dans son intégralité par Antoine Courban, avant un débat à huis clos, prévu après la séance d’inauguration ouverte au public et retransmise par les chaînes de télévision. Un documentaire a été visionné, mettant en avant la révolution du 17 octobre, ainsi que l’invertie et la surdité des autorités.

Ce nouveau front se veut une initiative rassemblant différents groupes de la contestation et organisant leur action. Nombre de militants de tous bords ont donc fait acte de présence hier. « L’importance d’une telle initiative, c’est qu’elle unit une grande partie de l’intelligentsia de la ville avec le terrain, qui constitue le pouls de la révolution du 17 octobre », soulignait l’un des organisateurs, souhaitant garder l’anonymat. Et de poursuivre : « Cette intelligentsia était repliée sur elle-même dans un rôle d’observateur. Elle passe désormais au premier plan de la réflexion, non dans la simple logique de refus, mais dans l’opposition active. Elle s’associe désormais aux vrais militants de terrain des différentes régions, ce qui représente un développement majeur. D’autant plus que le document qui vient d’être lu en public n’a pas été écrit par une ou plusieurs personnes, mais est le résultat de nombreuses rencontres et discussions. Il sera discuté une nouvelle fois aujourd’hui (hier) pour en explorer encore plus les différentes dimensions. »

La discussion qui a eu lieu hier à huis clos portait également sur les modalités de suivi, dans la perspective d’une action commune future. Cette plateforme est ouverte à toutes les composantes du mouvement de contestation, et ses décisions seront prises en commun, certifient une nouvelle fois ses membres.

Après 100 ans, une réflexion sur les thèmes fondamentaux

Les priorités de ce nouveau regroupement sont désormais connues, et elles sont résumées dans son document fondateur. Y figurent notamment la formation d’un gouvernement indépendant doté de prérogatives exceptionnelles, des élections législatives anticipées sur base d’une loi électorale garantissant la représentativité équitable, la mise en place des réformes structurelles et sectorielles nécessaires à toute aide extérieure, la mise en place d’un État civil sur les bases de la Constitution, le développement d’une économie nationale productive et durable. Le front s’engage également à privilégier l’action commune par rapport aux intérêts personnels étroits. Un paragraphe retient particulièrement l’attention, celui portant sur « l’attachement à la souveraineté libanaise dans toutes ses composantes, principalement par le respect des résolutions internationales, la concentration de la décision de guerre et de paix aux mains des seules autorités officielles et la distanciation par rapport aux conflits régionaux », qui prend une nouvelle dimension avec le débat autour de la neutralité du Liban, lancé par le patriarche maronite Béchara Raï.

Qu’apporte cette plateforme dans un paysage où d’autres formations du même type sont en gestation, dont celle que le député Chamel Roukoz se prépare à lancer vendredi (voir par ailleurs) ? Au Front civique national, on pense que ces divers rassemblements sont un signe de santé, estimant que la dynamique des fronts remplace actuellement celle des « groupes ». À condition qu’il y ait une convergence vers les priorités essentielles de la thaoura, ajoute-t-on. À partir de là, les divergences de vues sur certaines questions ne posent pas problème, puisque l’objectif est de renforcer la démocratie et non pas d’imposer une quelconque pensée unique.

Et les idées incontournables sur lesquelles tout le monde est d’accord, selon des membres du Front civique national, sont l’application de la Constitution, la reconstruction de l’État dans l’acception la plus vaste du terme et le respect de la souveraineté. Est-ce une coïncidence si, à l’occasion du centenaire de la proclamation du Grand Liban, l’on commence à se poser les véritables questions structurelles qui intéressent ce pays ? Un tel débat est essentiel pour protéger le vivre-ensemble, tout comme pour instaurer une véritable citoyenneté inclusive, ajoutent les organisateurs.

Pour plus d’informations et pour être en contact avec le Front civique national, il est possible de suivre leur page Facebook : https://www.facebook.com/CNFLeb, leur compte Twitter : http://twitter.com/CNFLeb ou leur chaîne YouTube : https://www.youtube.com/watch ? v=CuXEEbi5KHY.

S.B.


Une centaine de personnalités de la société civile libanaise et de militants de tous bords, représentant non moins de 55 groupes de la contestation selon les organisateurs, ont répondu hier à l’appel pour le lancement du tout nouveau Front civique national, qui se veut issu de la « thaoura », ou mouvement de contestation du 17 octobre. Universitaires, militaires et...

commentaires (2)

Et bien entendu pour tous les Libanais qui ne reconnaissent aucune autre autorité à Khameneï que celle qu'il exerce dans son propre pays, la présence d'une entité au Liban qui obéit à Khameneï plutôt qu'à l'état est en soi un scandale, une injustice fondamentale, un ferment de conflits futurs. Injustice accrue par le fait que ce n'est même pas l'Iran qui a conquis le Liban pour y fonder sa milice, mais l'ennemi assadien qui, lui, a conquis le Liban et l'a donné en pâture aux mollahs iraniens.

Citoyen libanais

11 h 44, le 16 juillet 2020

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Commentaires (2)

  • Et bien entendu pour tous les Libanais qui ne reconnaissent aucune autre autorité à Khameneï que celle qu'il exerce dans son propre pays, la présence d'une entité au Liban qui obéit à Khameneï plutôt qu'à l'état est en soi un scandale, une injustice fondamentale, un ferment de conflits futurs. Injustice accrue par le fait que ce n'est même pas l'Iran qui a conquis le Liban pour y fonder sa milice, mais l'ennemi assadien qui, lui, a conquis le Liban et l'a donné en pâture aux mollahs iraniens.

    Citoyen libanais

    11 h 44, le 16 juillet 2020

  • Il faut savoir motiver les libanais et procéder par priorité dans les doléances des citoyens. Aucune élection anticipée ne peut être fiable tant que la pauvreté et les armes régentent la rue et les partisans. Il faut réclamer un pays souverain avec une seule et unique armée légale pour pouvoir prétendre à des élections libres sans que des voyous menacent les libanais selon leur bulletin de vote. De nouvelles têtes doivent faire surface loin de tout héritage politique, nous sommes dans une république et non d’une monarchie et qu’on ne nous parle surtout pas de l’expérience politique des anciens on voit où cela nous a mené. Des libanais honnêtes et dépourvus de tout intérêt personnel ou de relation avec des pays ennemis devraient diriger le pays pour le remettre sur les rails avec l’appui des pays aidants pour stopper l’hémorragie au plus vite.

    Sissi zayyat

    11 h 11, le 16 juillet 2020