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Culture

Quand la musique est bonne et solidaire

Musica Sawa, une initiative musicale en soutien à Beit el-Baraka et l’école Saint-Vincent-de-Paul, lancée par l’association Amitiés Neuilly Liban, rassemble des artistes libanais ou amis du Liban qui offrent une performance originale par jour sur les réseaux sociaux. Parmi les titres partagés à ce jour, voici 8 coups de cœur à écouter sans modération. Pour les donations, rendez-vous sur ms2020.org

Quand la musique est bonne et solidaire

Aziza aime célébrer la force des femmes.

Zakrini / Bachar Mar Khalifé

Une grand-mère, c’est tout un monde. Un monde de tendresse, de souvenirs d’enfance, de mémoires d’un lieu, de racines et de passé nostalgique. C’est en référence à ces éléments mnémoniques que Bachar Mar Khalifé a choisi d’interpréter pour Musica Sawa un morceau inédit, justement intitulé Zakrini (« Rappelle-moi »). Dans ce titre qu’il interprète au piano, le compositeur, chanteur, pianiste et multi-instrumentiste revient à la maison familiale du village ancestral et interpelle sa grand-mère pour ne pas oublier le « goût des kakis et des figues... de ta main ».

« C’est avec beaucoup d’émotion et un grand honneur que je participe à cette sélection qui reflète la richesse artistique exceptionnelle de notre petit pays », indique l’artiste dont ce titre minimaliste et très émouvant constitue le premier titre du 5e album intitulé ON/OFF (en référence au va-et-vient de l’électricité), premier opus qu’il enregistre au Liban et qui doit sortir à l’automne 2020.

Dans les yeux de ma mère / Anna Chedid

« Dans les yeux de ma mère ».

Chez les Chedid, la musique coule sans discontinuité dans les veines de chaque membre de la famille. Anna Chedid, sœur de Matthieu alias M, personne décalée et très passionnée, choisit le pseudo « Nash » comme nom de scène. Cette auteure-compositrice-interprète vient du monde de la chanson lyrique. Avec sa voix puissante et sensible sur des mélodies un peu délavées sans être doucereuses, aux sonorités « pop » sans être ennuyeuses, elle enchante… ou dérange. Elle avoue : « La musique représente ce que j’aime le plus au monde et, en même temps, j’ai besoin d’avoir un vrai détachement des choses, de moi-même surtout. » Dans les yeux de ma mère, émouvant piano-voix qui rappelle Les yeux de ma mère d’Arno, est une chanson où l’artiste privilégie la sincérité et l’universalité de ce qu’une maman peut représenter aux yeux de ses enfants.

Walls of Freedom / Khaled Mouzannar

Khaled Mouzannar a su tordre le cou au mot mur.

Quand on prononce le mot mur, il nous vient immédiatement à l’esprit des images d’emprisonnement, de sectarisme ou de cloisonnement. Par sa composition intitulée Walls of Freedom, avec Annabelle Oomens au violoncelle, Mario Stefano Pietrodarchi à l’accordéon et lui-même au piano, le compositeur libanais Khaled Mouzannar a su tordre le cou au mot mur pour en faire une ode à l’espoir et à la liberté. Offerte exclusivement à Musica Sawa, la performance musicale qui longe visuellement les murs tagués par les révolutionnaires transporte l’auditeur dans un monde de douceur et de lendemains plus beaux. Le compositeur, qui vient d’être reçu à l’Académie des arts et des sciences du cinéma, a enregistré ce morceau musical avec les deux autres musiciens au studio Abeyrut. « Seule la solidarité peut sauver ce pays de l’effondrement et cette solidarité entre les musiciens et artistes a pu être créée par l’initiative Musica Sawa », dit l’artiste.

Le Piano oriental / Zeina Abirached

Un dialogue entre dessin, chant et musique.

C’est un concert un peu particulier qu’offre Zeina Abirached à Musica Sawa. Après plusieurs ouvrages illustrés avec Cambourakis dont Beyrouth Catharsis, Mourir, partir, revenir : le jeu des hirondelles, l’illustratrice libanaise publie Le Piano oriental chez Casterman en 2016. Accompagnée de Stéphane Tsapis au piano et de Cybèle Castoriadis au chant, l’illustratrice libanaise a présenté des extraits de son Piano oriental écrit en hommage à son grand père Abdallah Chahine qui avait réinventé l’instrument de musique en lui ajoutant les harmonies orientales. Une performance filmée à Paris, un « dialogue entre dessin, chant et musique », dit Zeina Abirached. Son trait désormais bien connu ainsi que son blanc et noir traversent la page et se baladent délicatement au gré de la musique en faisant ressurgir des images du passé.

Cavalry / Mashrou’ Leila

Ils sont ceux qui ont donné, le 20 juin dernier, le coup d’envoi du festival Musica Sawa. Pour ce faire, les Mashrou’ Leila ont choisi d’offrir une émouvante, puissante et très particulière performance du titre Cavalry, extrait de leur dernier album en date, The Beirut School, sorti en 2019. Le choix de ce morceau engagé n’est sans doute pas anodin, surtout venant d’un groupe dont les combats sociaux ont toujours été aussi importants que les choix artistiques. D’ailleurs, on se souvient du clip poignant de Cavalry, un cri face à tous les régimes oppressifs de ce monde. Pour Musica Sawa, ni les mesures de confinements ni la distance séparant les membres du groupes, éparpillés entre Beyrouth et New York, n’ont empêché Mashrou’ Leila de livrer un sublime miniconcert sur Cavalry, digne de leurs grands moments de scène…

Aalkhafif / Adonis

Le groupe Adonis accompagné de Jana Semaan au violoncelle.

« Chouayet wa’et we kello byirja3 3adi » (ce qui équivaut à : « Un peu de temps et tout redeviendra normal »), fredonne Anthony Khoury, chanteur leader du groupe libanais Adonis. Et rien que cette phrase, tirée de Aalkhafif (« Doucement »), l’un des derniers titres de ce groupe de musique pop-rock bien installé dans le paysage musical libanais – depuis qu’il a composé le jingle Live, Love Lebanon de la campagne du ministère du Tourisme en 2013 –, a le même effet positif sur notre mental défaillant qu’un mantra bienfaisant. Interprété avec Jana Semaan en guest star au violoncelle, Aalkhafif est en fait l’histoire d’une séparation. Une ballade électro-pop romantique superbement interprétée par ces quatre garçons dans le vent que sont Joy Abou Jawdé, Nicolas Hakim, Gio Fikhani et Anthony Khoury. Bref, un refrain dont on ne se lasse pas !

Alhamtani / Aziza

Aziza aime célébrer la force des femmes.

Elle chante l’époque dans laquelle elle vit, Aziza. En pop-tarab. Et dans un mélange de vocabulaire poétique et châtié, de paroles de tous les jours, de scats et de rythmes orientaux-occidentaux fusionnés. Pour Musica Sawa, la jeune femme a choisi d’interpréter un medley de 2 chansons tirées de son premier album, éponyme, sorti en 2014 : Alhamtani (« Tu m’inspires ») et NoNoNo. Deux titres qu’elle a elle-même écrits et composés, « qui parlent de chagrin d’amour surmonté. J’aime célébrer la force des femmes », dit cette chanteuse à la voix pure et au talent d’auteure-compositrice évident. Sa prestation enregistrée spécialement pour l’occasion avec son groupe de musiciens (Charly Fadel à la batterie, Jean Madani à la basse, Fouad Jamal et Nadim Bou Antoun aux claviers), dans un studio de Beyrouth, aura non seulement contribué à soutenir l’initiative d’aide au Liban, mais aussi contribué à faire apprécier un petit peu plus la pop-tarab arabe à l’étranger.

Taht el-Ward / Bedouin Burger

Lynn Adib et Zeid Hamdan constituent le duo musical intitulé Bedouin Burger. Et comme son nom l’indique un peu, le tandem mélange des chansons bédouines à des sonorités électro-pop. « Faire de l’art n’est pas un choix, c’est un moyen de survie », affirment le producteur et musicien libanais et la chanteuse syrienne. Pour Musica Sawa, ils offrent Taht el-Ward (« Sous les roses »), inspirée de la chanson Nantes de Barbara. Un bijou musical serti par le filet de voix cristalline de Lynn Adib.


Bedouin Burger, un duo inattendu et réussi.












Zakrini / Bachar Mar Khalifé

Une grand-mère, c’est tout un monde. Un monde de tendresse, de souvenirs d’enfance, de mémoires d’un lieu, de racines et de passé nostalgique. C’est en référence à ces éléments mnémoniques que Bachar Mar Khalifé a choisi...

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