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Durant la crise du Covid, la parité n’a pas régné dans les médias

Durant la crise du Covid, la parité n’a pas régné dans les médias

La crise du Covid-19 a illustré des déséquilibres persistants en matière de parité hommes-femmes dans les médias. Patrick Kovarik/AFP

Des infirmières ou des mères, mais peu d’expertes et de dirigeantes : la crise du Covid-19 a illustré des déséquilibres persistants en matière de parité hommes-femmes dans les médias, selon des études du CSA et de l’INA, poussant la députée LREM Céline Calvez à proposer des mesures pour combler l’écart dans un pré-rapport remis mardi au gouvernement.

Durant cette crise, le CSA a épluché près de 89 heures de programmes de télévision et de radio, soit un total de 2 962 intervenants sous diverses formes (plateaux, duplex et reportages).

Avec un grand constat : « La parité est presque atteinte pour les présentateurs (trices) et les journalistes », mais « des déséquilibres perdurent dans d’autres catégories, et en particulier dans celle des expert(e)s ».

Globalement, le CSA a compté 41 % de femmes contre 59 % d’hommes. Les femmes étaient surreprésentées parmi les témoins lambda (55 %), notamment les parents, et dans les témoignages de professionnels de santé (52 %) ; mais leur taux chute à 24 % chez les personnalités politiques et à 20 % chez les experts (contre 38 % dans les programmes de 2019).

En outre, les femmes interrogées dans le champ médical l’ont surtout été en tant qu’infirmières ou aides-soignantes. Et ce bien que la médecine de ville soit exercée à 46 % par des femmes et la médecine hospitalière à 52 %.

Cependant, le CSA se veut compréhensif. « Les résultats concernant les expertes sont moins bons qu’en 2019, mais c’est une responsabilité partagée », découlant notamment de la composition très masculine du conseil scientifique ou des spécialistes mis en avant par l’Institut Pasteur, commente pour l’AFP Carole Bienaimé-Besse, membre du CSA chargée de ces questions.

« On est dans un cas où les médias ont essayé de bien faire. Ce n’était vraiment pas une période normale, les grilles de programmes étaient profondément modifiées, les émissions étaient produites en flux tendu et en effectifs réduits, et la priorité pour les antennes était de fournir une information de qualité et vérifiée, malgré de nombreuses inconnues et face à un flot très important de fausses nouvelles », reconnaît-elle.

Parallèlement, une étude publiée mardi dans La revue des médias de l’INA, portant sur les bandeaux des JT de TF1, France 2 et France 3, ainsi que des émissions de CNews et BFMTV, durant la crise, aboutit aux mêmes conclusions : « Les femmes apparaissent largement minoritaires (28 %) dans l’information télévisée. »

Et globalement, elles sont moins souvent en position d’autorité que les hommes : « 43 % des femmes apparaissent dépourvues d’autorité contre seulement 20 % des hommes », une « forte asymétrie (...) révélatrice des rapports de domination genrée et des choix journalistiques ».

Vers des incitations financières ?

Et on se souvient du tollé suscité en avril par le quotidien Le Parisien, qui avait mis maladroitement à sa une quatre hommes, pour imaginer « le monde d’après ».

Dans la foulée, le gouvernement avait chargé la députée LREM des Hauts-de-Seine Céline Calvez d’une mission sur la place des femmes dans les médias en temps de crise.

S’appuyant notamment sur ces études et sur des entretiens avec 150 personnalités, elle a formulé des préconisations, dans un rapport d’étape remis au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d’État à l’Égalité Marlène Schiappa.

Il s’agit notamment de renforcer et d’affiner les indicateurs surveillés par le CSA et d’encourager les télévisions et radios à publier des données mensuelles.

La députée suggère aussi des incitations financières, en conditionnant les aides à la presse aux efforts en matière de parité ou en instaurant un crédit d’impôts pour « les investissements de formation favorisant la place des femmes dans les médias ».

Parmi les autres pistes, intégrer cette problématique à l’éducation aux médias et créer un prix pour récompenser les rédactions exemplaires. La députée remettra fin août son rapport final au Premier ministre.

Ces travaux sont « une première étape » pour « faire bouger les lignes », a estimé Franck Riester, tandis que Marlène Schiappa assurait que le rapport « permettra aux médias (...) de progresser sur cette question centrale, grande cause du quinquennat ».

Le service public, quant à lui, tient à remplir son devoir d’exemplarité. France télévisions s’est engagé à respecter la parité dans ses rendez-vous d’info dès le mois de septembre.

Source : AFP


Des infirmières ou des mères, mais peu d’expertes et de dirigeantes : la crise du Covid-19 a illustré des déséquilibres persistants en matière de parité hommes-femmes dans les médias, selon des études du CSA et de l’INA, poussant la députée LREM Céline Calvez à proposer des mesures pour combler l’écart dans un pré-rapport remis mardi au gouvernement.

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