Rechercher
Rechercher

Installation

À Batroun, le tango passionné des serviettes de plage

À Batroun, le tango passionné des serviettes de plage

L’« Aquarium » de Batroun « habillé » de serviettes de plage par Jad el-Khoury. Photos Danielle Karam

À Batroun, sur la route côtière, se dresse une construction en béton inachevée, à la structure bizarre et anguleuse. Le squelette fantomatique, vision familière des habitués de la plage attenante du Colonel Beer, se pare aujourd’hui d’une multitude de serviettes multicolores accrochées à ses rampes en spirale. Comme des moulins qui auraient entamé un tango passionné avec le vent. Jad el-Khoury, l’auteur de cette installation artistique – car oui, c’en est bien une –, précise que cet édifice appartenant à l’école architecturale du brutalisme a été bâti en 1963, dans le cadre d’un projet d’un centre de recherche marine qui devait accueillir le plus grand aquarium du pays. « Suite à un conflit d’autorité, le projet n’a pu être accompli, précise el-Khoury. Son architecte est Nicolas Yazigi, m’a-t-on informé. » La bâtisse est fermée aux visiteurs et elle se désintègre lentement avec le passage du temps. « Les serviettes de différentes couleurs et designs claquent au vent, apportant une certaine activité mécanique à cette structure pour laquelle ses constructeurs avaient de belles ambitions », regrette le jeune artiste.

Avec cette intervention artistique, il espère injecter du positif dans les rétines et les cœurs des passants. Tout en attirant l’attention sur ces immeubles emblématiques et désertés du paysage urbain libanais. Comme il l’avait fait en habillant la tour Murr de centaines de draps multicolores en mai 2018, ou en peignant des têtes de pomme de terre (d’où son surnom de graffeur Potatonose) sur une vieille façade criblée de balles près du pont Fouad Chéhab.

« Cette installation est aussi un hommage au vent de Batroun, qui charrie avec lui l’odeur, le goût et le feeling de la mer », précise Jad el-Khoury, en décrivant son nouveau projet intitulé, justement, Manchafet el-baher (Serviette de plage).



À Batroun, sur la route côtière, se dresse une construction en béton inachevée, à la structure bizarre et anguleuse. Le squelette fantomatique, vision familière des habitués de la plage attenante du Colonel Beer, se pare aujourd’hui d’une multitude de serviettes multicolores accrochées à ses rampes en spirale. Comme des moulins qui auraient entamé un tango passionné avec le...

commentaires (0)

Commentaires (0)