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Assistance financière

Les négociations avec le FMI « sont suspendues », tout en se poursuivant...

Les négociations avec le FMI  « sont suspendues », tout en se poursuivant...

Le ministre des Finances, Ghazi Wazni, a annoncé hier que les négociations avec le FMI étaient en suspens. Photo P.H.B.

La communication du ministère des Finances était quelque peu alambiquée, hier matin, pour qualifier le statut des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), auprès duquel le Liban sollicite une assistance financière pour sortir de la pire crise économique et financière de son histoire. Tandis que le ministre Ghazi Wazni les annonçait d’abord « on hold » (suspendues), selon ses déclarations rapportées par le quotidien libanais al-Joumhouriya, un communiqué du bureau de presse de son ministère faisait état, en fin de matinée, de « leur poursuite ». La question étant quand.

Piétinant depuis leur démarrage le 13 mai dernier, les réunions n’en sont encore qu’à leur première étape, consistant en l’évaluation des pertes accumulées et à l’approche à privilégier pour les calculer. Ce sujet a été une nouvelle fois débattu cette semaine lors de la seizième réunion, dernière en date, au sortir de laquelle aucune date n’a été posée pour la suivante, contrairement à l’habitude prise par les négociateurs internationaux et les représentants libanais jusque-là.

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« Le FMI a demandé aux négociateurs libanais d’unifier les chiffres et d’accélérer la mise en œuvre des réformes demandées », a précisé le communiqué du ministère des Finances, clarifiant ainsi les propos tenus le matin même par le ministre. « En attendant la reprise des discussions, je resterai en contact avec le FMI », a ajouté M. Wazni, selon ses propos rapportés, soulignant que « le temps n’est plus aux tergiversations ».

Jeudi, à l’issue d’un Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Manal Abdel Samad, avait affirmé que « les négociations avec le FMI sont liées aux réformes » et avait appelé à « l’unification des points de vue et des positions de tous dans ce cadre ». Le désaccord entre les acteurs libanais a déjà fait fuir deux négociateurs, à quelques jours d’intervalle : le directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani, et le conseiller du ministre des Finances, Henri J. Chaoul.

Négociations « surréalistes »

Démissionnaire à la mi-juin, Henri J. Chaoul a qualifié, dans des déclarations faites au magazine Le Commerce du Levant, la situation actuelle de « surréelle », avec un camp libanais divisé en deux : d’un côté, le gouvernement négociant sur base d’un plan de sauvetage approuvé à l’unanimité par les représentants des partis majoritaires au Parlement ; de l’autre, une commission parlementaire, soutenue par la Banque du Liban (BDL) et l’Association des banques du Liban (ABL), disant défendre les intérêts des déposants.

Au cœur de ce dernier camp, le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, a critiqué mercredi l’approche gouvernementale pour évaluer les pertes, accusant les autorités de ne pas avoir consulté la BDL et l’ABL au préalable et de chercher à faire passer la question des réformes au second plan. Martelant que « le jeu des chiffres est un mensonge », Ibrahim Kanaan a expliqué que le Fonds « (souhaitait) obtenir l’assurance que le Liban n’allait pas rompre » ses engagements, comme ce fut le cas ces 20 dernières années lors des conférences de soutien au pays (Paris I, II, III et la CEDRE).

Cette « suspension » des négociations avec le FMI, perçues comme l’unique recours pour mobiliser une aide massive d’injection de capitaux au Liban, risque de coûter cher à la monnaie nationale qui poursuit sa chute abyssale, atteignant hier un taux de change de 9 600 livres libanaises le dollar à l’achat et de 10 000 livres pour un dollar à la vente sur le marché noir selon le site Lebaneselira.org, soit un taux six fois plus élevé que la parité officielle, devenue totalement théorique aujourd’hui, de 1 507,5 livres libanaises ancrée sur le billet vert depuis 1997. Certaines sources indiquaient néanmoins que sur le marché noir, le taux du dollar était inférieur à celui affiché par le site Lebaneselira.org.

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Lors du Conseil des ministres de jeudi, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a indiqué que les échanges dollar/livre sur le marché noir « ne dépassent pas 10 à 15 % » de l’ensemble des transactions en dollars dans le pays et que donc « la BDL n’y intervient pas ». Hier soir, à la suite de sa réunion hebdomadaire avec le chef du gouvernement, Hassane Diab, durant laquelle il a présenté le bilan financier de la Banque centrale, le gouverneur a annoncé que « la BDL injectera des dollars sur le marché la semaine prochaine à travers le secteur bancaire, mais uniquement pour financer les importations de marchandises ». Un peu plus tard, il a été précisé, dans un communiqué, qu’il s’agissait de l’importation de denrées alimentaires. Il n’a pas précisé les montants.

La Banque centrale fournit déjà des dollars à un taux préférentiel aux importateurs de certaines denrées alimentaires (circulaire n°557), d’équipements médicaux (circulaire n°535), ainsi que de carburant, de farine et de médicaments (circulaire n°530). La veille, le président de l’ABL, Salim Sfeir, avait annoncé que « des dollars seront bientôt disponibles dans les banques, en coopération avec la Banque du Liban », sans toutefois, lui aussi, préciser la date, le taux de change qui sera appliqué ou les conditions d’octroi de billets verts.


La communication du ministère des Finances était quelque peu alambiquée, hier matin, pour qualifier le statut des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), auprès duquel le Liban sollicite une assistance financière pour sortir de la pire crise économique et financière de son histoire. Tandis que le ministre Ghazi Wazni les annonçait d’abord « on hold »...

commentaires (1)

Comment appelle t on une personne morale ou physique chez qui vous déposez votre argent et qui refuse de vous le rendre : voleur ou gangster ou criminel de droit commun ou indigne de confiance ou sans aucune moralité . Que ces messieurs de la BdL et l’ABL choisisse chacun le qualificatif qui lui convient le mieux et le place fièrement sur son bureau climatisé pendant qu’ils contrôlent leurs comptes dans les paradis fiscaux. Dommage que nous n’ayons pas une Justice indépendante et intègre pour vous mettre tous en prison pour tous vos crimes

Liberté de Penser

09 h 05, le 04 juillet 2020

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Commentaires (1)

  • Comment appelle t on une personne morale ou physique chez qui vous déposez votre argent et qui refuse de vous le rendre : voleur ou gangster ou criminel de droit commun ou indigne de confiance ou sans aucune moralité . Que ces messieurs de la BdL et l’ABL choisisse chacun le qualificatif qui lui convient le mieux et le place fièrement sur son bureau climatisé pendant qu’ils contrôlent leurs comptes dans les paradis fiscaux. Dommage que nous n’ayons pas une Justice indépendante et intègre pour vous mettre tous en prison pour tous vos crimes

    Liberté de Penser

    09 h 05, le 04 juillet 2020