Le Conseil des ministres s’est tenu hier au Sérail. Photo Dalati et Nohra
Hassane Diab a prononcé hier un discours au ton virulent en début de réunion du Conseil des ministres, dans lequel il s’est efforcé de décharger son gouvernement en dénonçant « une grande décision visant à assiéger le pays ». Sans nommer quiconque, le Premier ministre a pointé ceux qu’il semble considérer comme des ennemis internes et étrangers, assurant à plus d’une reprise que son cabinet continuerait de « relever les défis ».
« Aujourd’hui, nous avons atteint le point d’impact, a-t-il dit. Malheureusement, au cours des dernières semaines, et jusqu’à présent, des parties locales et étrangères ont travaillé, et travaillent toujours, à provoquer une collision retentissante, avec pour résultat un grand choc et d’énormes pertes. » Il dénonce également « des parties internes qui ne se soucient pas de l’avenir du pays et qui ne recherchent que leurs intérêts personnels ». « Ces parties agissent soit comme des outils externes utilisés pour entraîner le Liban dans les conflits régionaux et en faire une carte de négociation, soit pour attirer des acteurs étrangers et les encourager à s’emparer du pays et à négocier au nom du Liban sur la table des intérêts internationaux et régionaux », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre va jusqu’à évoquer « un blocus politique et financier imposé pour affamer les Libanais », alors qu’« ils » prétendent « vouloir aider le peuple libanais ». Poursuivant l’utilisation du pronom « ils », M. Diab ajoute : « Ils demandent des réformes et, en retour, ils protègent la corruption, offrent une immunité aux personnes corrompues et nous empêchent de saisir les dossiers financiers pour récupérer l’argent volé. Ils jouent le jeu de l’augmentation du prix du dollar, spéculent sur la livre libanaise et tentent de perturber les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la flambée du prix du dollar. Le jeu du dollar est devenu exposé et visible. Ils exigent des mesures financières, font passer de l’argent en fraude à l’étranger, empêchent les transferts entrants et bloquent l’ouverture de crédits pour le carburant, le diesel, les médicaments et la farine, pour couper l’électricité aux Libanais, les affamer et les laisser mourir sans médicaments. »
Il n’épargne pas les missions diplomatiques dans son discours, adoptant un ton peu commun dans ce registre. « Nous avons souvent passé sous silence les pratiques diplomatiques qui entraînent des violations majeures des normes internationales et de la diplomatie, dans le but de préserver les relations fraternelles, l’appartenance, l’identité et les amitiés, a-t-il dit. Mais ce comportement dépassait toutes les relations fraternelles ou diplomatiques familières. Le plus dangereux, c’est que certaines pratiques constituent une ingérence flagrante dans les affaires du Liban. Il y a eu des réunions secrètes et publiques, des lettres écrites à l’encre secrète, des messages cryptés, des messages WhatsApp, des plans et des opérations visant à bloquer les routes et à causer des problèmes. »
Assurant à plus d’une reprise que lui-même, ainsi que tous les membres de son gouvernement, ont accepté cette mission en étant conscients des défis à relever, M. Diab a franchement posé la question du sort de son cabinet. « Sommes-nous capables de relever les défis ? Avons-nous perdu la confrontation ? Le rôle du gouvernement a-t-il pris fin ? » s’est-il demandé. Avant d’assurer que, pour lui, « les choses sont claires, et les réponses aussi ».
Revenant à la charge vers la fin de son discours, M. Diab s’est demandé si ses ministres et lui devaient annoncer leur échec ou choisir la confrontation. « La réponse ne sera pas donnée aujourd’hui, mais il y aura certainement une réponse claire, franche et transparente, en plus d’une définition des responsabilités, a-t-il ajouté. Nous ne réagirons pas de manière excessive. Cette bataille est la nôtre. Ce pays est le nôtre. Ce peuple est le nôtre. »


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CECI DIT, DONNONS LUI AUSSI TOUTE LATITUDE D'OSER "DEVOILER" AUX CITOYENS LES VERITES, MEMES CELLES INCROYABLES ET CONTRAIRES AU BON SENS. PS. SAIT ON JAMAIS SI LE REVEIL DU LION QUI DORT EN LUI NE LE POUSSERAIT PAS A EPELER LES CHOSES COMME ELLES SONT,ET SURTOUT NOMMER LES PERSONNES QU'ELLES QU'ELLES SOIENT. CE SERAIT SINON EFFICACE SUREMENT INTERESSANT.
11 h 55, le 03 juillet 2020