Bonnes initiatives

Dans le caza de Zahlé, soutien et empathie envers les patients, toutes nationalités confondues

Le Covid-19, qui a pratiquement paralysé le Liban pendant plus de deux mois, a mis en évidence l’importance de la rigueur, tant au niveau officiel que populaire, dans la gestion d’une telle épidémie. Mais pas que cela, puisqu’il a dans le même temps mis en relief l’importance des bonnes initiatives prises soit pour freiner la propagation d’un virus qui a fait des ravages dans d’autres pays, soit pour soutenir les individus et les communautés locales touchés. Le ministère de la Santé, l’OMS, l’Unicef, le PNUD et l’ONG Abaad lancent une campagne médiatique pour mettre en lumière ces initiatives. « L’Orient-Le Jour » s’y associe à travers trois reportages. Après Majdel Anjar, cap sur Zahlé.

Dans le caza de Zahlé, soutien et empathie envers les patients, toutes nationalités confondues

À Zahlé, sur les rives du Berdaouni, les restaurants ont rouvert leurs portes.

C’est le 21 avril, soit deux mois après la déclaration du premier cas de Covid-19 au Liban, que Zahlé a enregistré les premières contaminations au coronavirus. Ce jour-là, J. N. et son fils M., originaires de Rayak, sont déclarés positifs au coronavirus. Le 18 juin, le mohafez de la Békaa, Kamal Abou Jaoudé, a remis au commandement régional des Forces de sécurité intérieure dans la Békaa et au département de santé dans la Békaa, une note publiée par le président du conseil municipal de Zahlé-Maalaka et Taanayel, Assaad Zogheib, affirmant « la détection d’un nouveau cas de contamination au coronavirus ». « Le patient, T. S., revenu de Lagos, au Nigeria », dans le cadre des opérations de rapatriement, « était entré en contact avec plusieurs personnes », a précisé M. Zogheib dans la note.

Le nombre de cas enregistrés dans le caza de Zahlé reste néanmoins minime, puisqu’il s’élève à 114 selon le rapport quotidien du ministère de la Santé, sur près de 144 500 personnes réparties sur 39 villages. La majorité des personnes contaminées se sont rétablies puisque 75 personnes sont guéries, selon le ministère.

Le caza a connu de nombreuses initiatives ; la plus importante reste celle du président de l’Université libanaise, le professeur Fouad Ayoub, qui a fait don à l’hôpital Élias Hraoui d’un ventilateur réalisé par les étudiants de la faculté des sciences de l’UL – section IV, ainsi que d’un robot réalisé par les étudiants de la faculté des sciences – campus de Hadath. À cela s’est ajoutée l’initiative de la présidente du Bloc populaire, Myriam Skaff, qui a remis, le 7 avril, 1 000 kits de PCR à la direction de l’hôpital Élias Hraoui, permettant aux habitants du caza d’effectuer les tests à l’hôpital même, sans avoir à se déplacer jusqu’à Beyrouth.

Le siège du mohafazat de la Békaa. Photos Sarah Abdallah

Prise en charge des patients

Si le Covid-19 suscite la peur, le soutien et l’empathie dont font preuve les habitants de la région aident les patients à la surmonter. Nabil* raconte ainsi que lorsqu’un employé syrien travaillant dans la société de distribution d’eau appartenant à son frère a ressenti des symptômes du Covid-19, lui et son frère se sont empressés d’appeler la Croix-Rouge libanaise pour transporter l’employé et son épouse à l’hôpital universitaire Rafic Hariri à Beyrouth pour se faire tester. Entre-temps, Nabil et son frère se sont occupés de la famille. Ils ont apporté au couple le soutien nécessaire et ont suivi de près leur état de santé. De leur côté, les voisins ont veillé sur les trois enfants tout au long de la période d’hospitalisation du couple, assurant également à la famille des plats cuisinés au quotidien.

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À Majdel Anjar, la communication pour aider les malades du Covid-19 à surmonter l’épreuve

Dans le village de Mreijat, caza de Zahlé, deux cas ont été signalés parmi des Syriens. Il s’agit de deux personnes, frère et sœur, âgés d’une vingtaine d’années, aujourd’hui guéris. Une employée de la municipalité raconte que la principale initiative du village s’est traduite par la mise en place d’un numéro vert permettant aux personnes testées positives de communiquer avec l’équipe de la municipalité et de lui faire part de leurs besoins. De son côté, l’association de l’enfant a assuré à la famille des patients des colis alimentaires, ainsi que des jouets aux enfants des familles contaminées qui ont aussi pu compter sur l’aide des habitants.

À Maksé, dix cas de coronavirus ont été enregistrés, dont neuf parmi les réfugiés syriens. Les malades ont été suivis par la municipalité qui leur a assuré tous leurs besoins. Samir*, 43 ans, est l’un des Syriens contaminés du village. « Contracter le coronavirus n’est pas honteux », insiste-t-il. Il explique que les symptômes du Covid-19 ressemblent à ceux de la grippe, et qu’il était guéri « au terme de dix jours d’hospitalisation ». Il affirme que l’équipe soignante à l’hôpital Rafic Hariri s’est bien occupée de lui et qu’il a reçu un grand soutien de la municipalité et des responsables des affaires des réfugiés à l’ONU, qui s’enquéraient continuellement de son état de santé et répondaient à ses besoins. Samir affirme que toute cette attention lui a remonté le moral et lui a permis de vaincre la maladie.

* Les prénoms ont été modifiés.


C’est le 21 avril, soit deux mois après la déclaration du premier cas de Covid-19 au Liban, que Zahlé a enregistré les premières contaminations au coronavirus. Ce jour-là, J. N. et son fils M., originaires de Rayak, sont déclarés positifs au coronavirus. Le 18 juin, le mohafez de la Békaa, Kamal Abou Jaoudé, a remis au commandement régional des Forces de sécurité intérieure...

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