Le président du Conseil économique et social (CES), Charles Arbid (au centre), hier lors d’une conférence de presse.
Le président du Conseil économique et social (CES), une assemblée consultative, Charles Arbid, a présenté hier lors d’une conférence de presse un panier de mesures concrètes de relance économique pouvant être rapidement appliquées, alors que le pays traverse depuis plusieurs mois sa pire crise économique et financière.
Ces mesures ont été dégagées à l’issue d’une série de cinq réunions sectorielles organisées à partir du 15 juin avec des représentants des différents secteurs de l’économie libanaise et les ministères concernés. Les mesures s’articulent sur quatre axes : les facilités et aménagements pouvant être accordés par l’État, ceux pouvant être concédés par le secteur bancaire, ceux pouvant modifier les relations entre acteurs économiques et enfin ceux pouvant renforcer la protection sociale.
Ainsi, le CES demande à l’État de ne pas imposer de taxes ou d’impôts supplémentaires durant deux ans et de reporter le paiement des cotisations à la Caisse nationale de Sécurité sociale, sans toutefois préciser la durée du report. Il propose également de combattre la contrebande à la frontière syrienne. Concernant le secteur bancaire, il réclame une « diminution immédiate de 3 % » des taux d’intérêt des prêts octroyés aux particuliers et aux entreprises, tout en réactivant les lignes de crédit aux sociétés et en permettant un échelonnement du remboursement des crédits en livres au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, alors que le dollar oscille dans une fourchette de 7 200 livres à l’achat et 7 600 livres à la vente (voir par ailleurs). Le CES appelle également à une unification des modalités des retraits et des transferts de fonds.
Aussi, le Conseil demande à réduire les loyers pour l’année 2020-2021 et encourager les travailleurs informes à intégrer le marché de travail légal, sans toutefois expliquer la manière de mise en œuvre. Enfin, en guise de mesures liées à la protection sociale, le CES appelle à l’octroi d’allocations chômage (sans préciser de montant), au soutien aux familles pauvres via des aides financières et à la réduction de leurs factures de 50 % durant 6 mois.

