La route coupée par des automobilistes à Jiyyé, au sud de Beyrouth, le 26 juin 2020. Photo Sawratcom
De nombreux sit-in et coupures de routes ont eu lieu vendredi aux quatre coins du Liban pour protester contre l’aggravation de la crise économique, la dévaluation de la livre libanaise et pour réclamer la libération d'activistes du mouvement de contestation. Le Liban, qui traverse une très grave crise économique, financière et monétaire, connaît depuis le 17 octobre 2019 une révolte populaire sans précédent contre la classe politique et économique accusée de corruption et d'incompétence. Jeudi, la livre libanaise avait atteint un nouveau record de baisse sur le marché noir, s'échangeant à 7.000 livres pour un dollar. Selon la Banque mondiale, près de la moitié de la population libanaise vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.
C'est à Jiyyé, au sud de Beyrouth, que les tensions ont été les plus fortes entre les protestataires, qui ont coupé dans la matinée l'autoroute côtière et lancé des pierres sur les voitures, et l'armée, qui a forcé la réouverture de l'axe routier et dispersé les manifestants jusqu'à la localité voisine de Barja en tirant en l'air. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, près d'une dizaine de contestataires blessés ont été admis à l'hôpital de Jiyyé. D'autres sources de la contestation indiquent que les heurts à Barja ont fait plus de 20 blessés du côté des manifestants. En début de soirée, des manifestants ont saccagé une guérite de la centrale électrique de la localité.
D'autres blessés légers dans les rangs des contestataires sont à déplorer dans le quartier de Badaro, à Beyrouth, où plusieurs manifestants, dont l'activiste et avocat Wassef Haraké, ont fait irruption au siège du ministère des Affaires sociales, afin de réclamer un entretien avec le ministre Ramzi Moucharrafiyé qui, selon eux, "n'accomplit pas son devoir". Ces contestataires ont été escortés par la force vers la sortie par des agents des Forces de sécurité intérieure. Dans la soirée, quelques manifestants se sont rassemblés sur le Ring, dans le centre-ville de la capitale.
Dans la soirée, le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a été pris à partie par des manifestants rassemblés devant le siège de la Banque du Liban (BDL), dans le quartier de Hamra, où il est passé au volant de son véhicule.
A Jounieh, dans le Kesrouan, des manifestants se sont rassemblés devant le Sérail afin de réclamer la libération d'un militant, D.F, arrêté mercredi pour son implication dans des échauffourées entre des manifestants et les forces de l'ordre la semaine dernière, pendant un rassemblement organisé après l'arrestation d'un autre activiste, Michel Chamoun, qui doit être interrogé mardi prochain par le bureau de lutte contre la cybercriminalité.
La contestation s'est également mobilisée au Liban-Nord. Dans la soirée, une marche s'est élancée de la place al-Nour, haut lieu de contestation à Tripoli, contre l'envolée des prix et la corruption. Une autre marche a été organisée dans les rues de Halba, dans le Akkar, avant que les manifestants ne coupent les routes. Dans l'après-midi, des protestataires ont coupé l'autoroute côtière à hauteur de Beddaoui, près de Tripoli. Plus tôt dans la journée, des manifestants avaient coupé l'autoroute reliant Tripoli au Akkar, dans les deux sens, au niveau du quartier de Bab el-Tebbané, au moyen de pneus enflammés et de bennes à ordures. D'autres ont également fermé la route reliant Mina à Beyrouth au moyen de murets de pierres et d'obstacles de fortune.
Dans la Békaa, les routes étaient coupés à hauteur des localités de Jdita, Qab Elias, Marj, Taalabaya et au niveau du carrefour de Zahlé. Dans la journée, un sit-in avait été organisé devant le Palais de justice de Baalbeck pour réclamer la libération d'un activiste, reprenant des slogans du mouvement de contestation. Selon des sources proches de la contestation, au moins 20 activistes ont été placés en détention.
Au Liban-Sud, quelques protestataires se sont rassemblés au carrefour de la localité de Doueir, dans le caza de Nabatiyé, pour protester contre l'aggravation de la situation économique et l'envolée du dollar. A Srifa, une manifestation contre la chute de la livre a été organisée par des protestataires empêchés par l'armée et les forces de sécurité de couper la route. A Saïda, les protestataires ont coupé la place Elia.



LE CANCER QUI RONGE LE PAYS ET LA GANGRENE QUI LUI SERT DE PARAVENT DOIVENT ETRE ERADIQUES POUR QUE REVIVE LE LIBAN.
22 h 21, le 26 juin 2020