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Énergie

Fourniture de carburant : Ghajar ne comprend pas la « panique »

Fourniture de carburant : Ghajar ne comprend pas la « panique »

Le ministre libanais de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar. Photo d’archives/Dalati & Nohra

Le ministre libanais de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, est une nouvelle fois monté au créneau pour écarter la perspective d’une pénurie de carburant dans le pays. « Je ne comprends pas pourquoi vous paniquez. Il y a de l’essence (…) et un navire transportant du mazout doit (accoster) samedi, puis un autre la semaine prochaine », a déclaré le ministre s’exprimant avant le début du Conseil des ministres au Grand Sérail.

La perspective d’une pénurie de carburant revient dans le débat public depuis quelques semaines alors que le pays traverse la pire crise économique et financière de son histoire récente, et dont les conséquences affectent notamment la durée des procédures de déblocage de crédits effectuées par la Banque du Liban pour payer les importations d’État. La majorité du carburant consommé au Liban est toutefois importé par le secteur privé, qui continue, selon le ministre, de « livrer de grandes quantités de mazout ».

Selon une source proche de la filière contactée par L’Orient-Le Jour, « les quantités de mazout importées au Liban sont en baisse par rapport aux moyennes habituelles, mais elles suffisent encore à satisfaire la demande locale, et uniquement locale ». Une allusion à peine voilée au fait qu’une partie du carburant importé au Liban et payé avec des devises est détourné vers le marché syrien par des contrebandiers. Les États-Unis ont récemment alourdi les sanctions pesant sur le régime syrien ainsi que sur les entités et les personnes qui lui viennent en aide (loi César entrée en vigueur le 17 juin). Mais le pays, en conflit depuis 2011, subissait déjà depuis plusieurs mois une importante pénurie de carburant.

Carburant d’EDL

Au début du mois, les propriétaires de stations-service avaient eux aussi écarté le spectre d’une pénurie d’essence. Mercredi, Raymond Ghajar avait pour sa part fait savoir que le ministère allait « commencer à importer de l’essence et du mazout via un mécanisme de “spot cargo” (livraisons hors contrat de fourniture et assurées via des courtiers) dans les prochains jours ».

La disponibilité du mazout dans le pays est un enjeu de taille dans la mesure où ce carburant est utilisé par les exploitants de générateurs privés qui fournissent du courant aux abonnés d’Électricité du Liban (EDL) pendant les heures de coupures, l’établissement public n’étant pas capable de satisfaire la demande locale 24 heures sur 24. Certains exploitants réclament régulièrement une hausse des tarifs au kilowatt/heure fixés par le ministère de l’Énergie, tandis que d’autres ont suggéré courant juin que l’État subventionne le prix du mazout. C’est également du mazout que consomment les générateurs auxquels sont branchés les relais de transmission des réseaux libanais de téléphonie mobile. Le ministre des Télécoms, Talal Hawat, a indiqué dans un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information que l’approvisionnement en carburant de ces générateurs avait été lancé « de manière à empêcher toute interruption du service ».

Côté EDL, la situation concernant la fourniture de fioul n’est pas non plus très claire, alors que le rationnement de la production d’électricité semble avoir augmenté dans certaines régions, d’après des témoignages recueillis. Contacté, l’établissement public n’a pas fait de commentaires concernant l’état de ses stocks de carburant tandis que le service de presse du ministère de l’Énergie n’était pas encore revenu vers nous au moment de passer sous presse.

Une source proche du dossier confie pour sa part que les quantités disponibles « suffisent encore pour le moment à faire alimenter une production d’une capacité de 1 200 mégawatts, au lieu des près de 2 000 MW qu’EDL est habituellement capable de déployer en été ». Elle a en outre indiqué que les « perturbations » dans la livraison du fioul à EDL étaient liées aux conséquences juridiques de l’affaire du carburant défectueux livré par Sonatrach qui a mobilisé la justice au printemps. « La situation semble se décanter et Sonatrach devrait commencer à récupérer les quantités de carburant défectueux concernés dans les prochains jours avant de reprendre les livraisons », ajoute-t-elle. Un scénario que L’Orient-Le Jour n’a pas pu formellement confirmer.



Le ministre libanais de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, est une nouvelle fois monté au créneau pour écarter la perspective d’une pénurie de carburant dans le pays. « Je ne comprends pas pourquoi vous paniquez. Il y a de l’essence (…) et un navire transportant du mazout doit (accoster) samedi, puis un autre la semaine prochaine », a déclaré le ministre...

commentaires (1)

le pays tout entier entrain de couler et on trouve certain ministre rassurant , on vit le jour au jour , avec quel argent les libanais vont payer , la moitié des commerce est en faillite et les salariés sont payés en monnaie de singe pauvre liban et pauvres libanais

youssef barada

21 h 05, le 26 juin 2020

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Commentaires (1)

  • le pays tout entier entrain de couler et on trouve certain ministre rassurant , on vit le jour au jour , avec quel argent les libanais vont payer , la moitié des commerce est en faillite et les salariés sont payés en monnaie de singe pauvre liban et pauvres libanais

    youssef barada

    21 h 05, le 26 juin 2020