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Moyen-Orient - Justice

Un médecin syrien arrêté en Allemagne pour crime contre l’humanité

Un médecin syrien arrêté en Allemagne pour crime contre l’humanité

Des réfugiés syriens arrivant à Munich, en Allemagne, en septembre 2015. Photo d’archives AFP

Un médecin syrien, accusé d’avoir battu à mort un détenu en 2011 dans son pays, a été interpellé en Allemagne, où la justice joue un rôle grandissant dans les poursuites contre les exactions du régime de Damas.

Alaa M. a été arrêté le 19 juin en Hesse sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par un juge d’instruction allemand et placé en détention provisoire, a annoncé hier le parquet fédéral allemand, chargé de tous les dossiers sensibles. Il est accusé d’un « crime contre l’humanité » sur un manifestant, torturé à mort en 2011 dans une geôle des services secrets du régime de Bachar el-Assad à Homs, haut lieu du soulèvement contre le chef de l’État à partir de mars 2011. Il travaillait comme médecin dans une prison des services de renseignements militaires où il est soupçonné d’avoir torturé, à partir du 23 octobre 2011, un homme détenu pour avoir participé à une manifestation contre le régime de Damas.

Coups de tuyau

« À l’issue d’une “séance de torture”, il (le détenu) a fait une crise d’épilepsie, à la suite de laquelle un codétenu a demandé à un gardien d’avertir un médecin », affirme le parquet fédéral. « L’accusé, présent en tant que médecin, a soudainement frappé A. avec un tuyau en plastique », accuse-t-il. « Même après sa chute, Alaa M. a continué de battre la victime et lui a donné des coups de pied. Le lendemain, l’état de santé de A. s’est considérablement détérioré », selon le parquet fédéral. « Après que les codétenus eurent demandé des soins médicaux, l’accusé s’est de nouveau présenté, cette fois accompagné d’un autre médecin de la prison. Tous deux, armés chacun d’un tuyau en plastique, ont ensuite frappé A., affaibli, qui ne pouvait plus marcher tout seul, jusqu’à ce qu’il perde connaissance » puis décède, décrit le paquet.

Alaa M. avait quitté la Syrie mi-2015 et gagné l’Allemagne, comme des centaines de milliers de Syriens à l’époque lorsque Angela Merkel ouvrit les frontières du pays. Il y exerçait son métier dans un hôpital d’une station thermale. Ce praticien, dont l’âge n’a pas été précisé, avait fait l’objet en mai d’une enquête menée conjointement par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel et la chaîne qatarie al-Jazeera s’appuyant sur quatre témoignages. Deux témoins, ayant chacun perdu un membre de leur famille victime de torture, l’avaient formellement reconnu sur une photo. L’avocat du suspect a, lui, catégoriquement démenti les accusations, assurant que son client, de confession chrétienne, était victime de « calomnies émanant des milieux islamistes radicaux ».

Première judiciaire mondiale

Mais dans l’enquête des médias, deux collègues médecins ont raconté qu’il s’était notamment vanté d’avoir opéré un opposant blessé sans anesthésie. Il aurait également aspergé d’alcool les parties génitales d’un autre opposant transporté dans une ambulance avant d’y mettre le feu. Un autre témoignage faisait état de ces coups donnés en octobre 2011 à un jeune homme épileptique, forcé notamment de mettre une chaussure dans sa bouche.

L’Allemagne, où plus de 700 000 Syriens ont trouvé refuge en neuf ans, s’est placée à la pointe des poursuites contre les exactions dont le régime de Damas est accusé, en faisant jouer sa « compétence universelle » dans ce type d’affaires. Elle a lancé dès 2011 une enquête sur les crimes commis en Syrie, rassemblant des documents et des témoignages sur ces exactions.

Deux anciens membres des services de renseignements syriens, dont un ex-haut gradé, sont actuellement en procès à Coblence, une première judiciaire mondiale. Ils sont jugés pour crimes contre l’humanité et complicité de crimes contre l’humanité pour plusieurs dizaines de décès dans un centre de détention et des actes de torture sur plusieurs milliers de détenus.

Des réfugiés ont aussi porté plainte le 18 juin pour des viols et abus sexuels dans des prisons du régime de Damas. Cette action vise nommément neuf hauts responsables du gouvernement et des services de renseignements de l’armée de l’air, dont un ancien proche de Bachar el-Assad, Jamil Hassan.

Source : AFP

Un médecin syrien, accusé d’avoir battu à mort un détenu en 2011 dans son pays, a été interpellé en Allemagne, où la justice joue un rôle grandissant dans les poursuites contre les exactions du régime de Damas.Alaa M. a été arrêté le 19 juin en Hesse sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par un juge d’instruction allemand et placé en détention provisoire, a annoncé...
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