Le camp de réfugiés d’al-Hol en Syrie. Photo d’archives AFP
Dix enfants de jihadistes français, « particulièrement vulnérables », ont été rapatriés de Syrie dans la nuit de dimanche à lundi, des « vies sauvées » pour leurs proches qui demandent inlassablement le retour de tous les enfants retenus dans les camps kurdes.
« La France a procédé ce jour au retour de dix jeunes enfants français mineurs, orphelins ou cas humanitaires, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie », a indiqué le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. « Ces enfants ont été remis aux autorités judiciaires françaises, et font désormais l’objet d’un suivi médical particulier et d’une prise en charge par les services sociaux », a précisé le Quai d’Orsay.
Pour le collectif Familles unies, qui regroupe des proches, « chaque enfant qui revient est une vie sauvée », mais « tous les enfants français détenus dans des conditions épouvantables dans les camps syriens sont des “cas humanitaires”, tous sont fragiles et vulnérables ».
Avec ces retours, ce sont près de 30 mineurs qui ont été rapatriés en France depuis que l’organisation État islamique (EI) a perdu son territoire dans le nord-est de la Syrie. Cinq enfants sont revenus en mars 2019, douze en juin 2019 et une fillette souffrant de malformation cardiaque en avril. La sœur jumelle de cette petite fille ainsi que ses deux petits frères ont pu être rapatriés, a précisé l’avocat de cette famille, Ludovic Rivière, dans un communiqué.
Ces retours sont l’application de la doctrine du « cas par cas » adoptée par la France pour les enfants retenus en Syrie – Paris souhaitant voir les adultes soupçonnés d’appartenir à l’EI jugés sur place, en Syrie ou en Irak.
Les orphelins de père et de mère peuvent être rapatriés, mais pour les enfants dont un des parents est encore en vie – dans l’immense majorité des cas, la mère –, l’autorisation de cette dernière est requise. Or beaucoup de femmes retenues dans les camps du nord-est de la Syrie refusent de laisser partir leurs enfants sans elles. « Pour ce rapatriement, deux mères ont accepté de se séparer de leurs enfants, et pour l’un des deux cas au prix de la séparation d’une fratrie », indique dans son communiqué le collectif Familles unies. « Ce n’est pas à ce prix que nous devons envisager le rapatriement de ces enfants, déjà meurtris par leur histoire, les deuils, la guerre, la vie dans les camps : abandonner leurs mères (et une partie de leurs frères et sœurs) dans les camps n’est pas conforme à l’intérêt supérieur de ces enfants et ne peut qu’accentuer leurs traumatismes », ajoute le collectif.
« Marqués au fer rouge »
« Tous les enfants sont des cas humanitaires et leur intérêt supérieur à tous serait d’être rapatriés avec leurs mères », insiste l’avocate Marie Dosé, qui défend plusieurs familles, ajoutant que « ces enfants sont marqués au fer rouge par la violence de leur histoire ».
ONG et organisations internationales ont multiplié les appels au rapatriement des enfants, qui ont déjà passé deux ans dans des conditions sanitaires extrêmement précaires – en 2019, 517 personnes, dont 371 enfants, sont morts dans le camp d’al-Hol, avait indiqué mi-janvier une responsable du Croissant-Rouge kurde. Les autorités kurdes affirment détenir environ 12 000 étrangers, 4 000 femmes et 8 000 enfants, dans trois camps de déplacés du nord-est de la Syrie. Elles aussi ont souvent appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants.
Treize jihadistes françaises, dont Hayat Boumedienne, la compagne de l’un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France, se sont évadées des camps où elles étaient détenues, selon le Centre d’analyse du terrorisme (CAT).
Mais la question reste très sensible pour le gouvernement français, plusieurs sondages montrant une opinion publique extrêmement défavorable au retour de jihadistes pour être jugés en France.
Gouvernement, familles et avocats s’accordent cependant sur un point : préserver l’anonymat de ces enfants. Marie Dosé demande donc « instamment à la presse de les préserver en ne révélant pas leur identité car ils ont assez souffert comme ça ».
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Ce sont les enfants des mercenaires que la France a envoyé en Syrie . Promesse tenue pour la France vis à vis de ses sbires .
11 h 39, le 23 juin 2020