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Négociations Liban/FMI

Henri J. Chaoul confirme sa démission et dénonce "un manque de volonté de mettre en œuvre des réformes"

Henri J. Chaoul confirme sa démission et dénonce

Henri Chaoul est financier et membre du collectif issu de la société civile, Kulluna Irada. Photo DR

Henri J. Chaoul, qui fait partie des membres sélectionnés par l’exécutif dans l’équipe représentant le ministère libanais des Finances, a confirmé jeudi sur son compte Twitter avoir décidé de claquer la porte des négociations entre le Fonds monétaire international et le Liban. Des négociations qui doivent permettre au pays en crise de débloquer une assistance financière pour redresser son économie et son système financier. M. Chaoul explique que sa décision est liée à l'absence "de réelle volonté (de la part des responsables) de mettre en œuvre des réformes".


"Hier, j'ai informé le ministère des Finances que je ne serai plus impliqué dans le rôle de conseil que j'ai commencé à exercer auprès du ministère en février 2020, un rôle pro-bono que j'ai assumé en tant que citoyen concerné, motivé par une forte volonté d'aider le Liban à sortir de ses crises économique et financière", explique M. Chaoul dans un communiqué. L’information de la démission de M. Chaoul avait été confirmée hier à L’Orient-Le Jour par trois sources concordantes mais avait en même temps été démentie par le service de presse du ministère des Finances contacté dans la soirée.

"La démission est une forme importante de protestation. La divulgation des raisons d'une telle décision est tout aussi importante. J'ai fait de mon mieux pour servir l'intérêt public et faire face à une résistance institutionnelle", indique encore M. Chaoul sur son compte Twitter pour accompagner son communiqué.

"Ma démission intervient comme le point culminant de plus de quatre mois de travail qui ont commencé simultanément avec la sélection de conseillers juridiques et financiers, souligne Henri Chaoul. Plusieurs étapes déterminantes ont eu lieu au cours de cette période, parmi lesquelles la décision de suspendre le paiement des eurobonds, prise en mars 2020, (...) le développement d'un plan global de réforme du gouvernement approuvé à l'unanimité par le Conseil des ministres le 30 avril 2020. C'était la première fois qu'un diagnostic quantitatif des multiples crises économiques, fiscales, financières et monétaires du Liban était établi, en prélude à l'identification des réformes correctives profondes".

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"J'ai réitéré continuellement que sans réformes profondes et douloureuses, nous nous embarquerions dans une décennie (ou deux) perdue et marquée par un environnement social chaotique et une hausse de la pauvreté qui augmente déjà à un rythme alarmant", explique le financier qui dénonce "une obstination (...) à noyer le peuple dans des informations trompeuses et à bloquer tous les efforts pour aller dans la bonne direction".

"Les gens au pouvoir ne semblent pas comprendre que chaque jour de retard est un jour perdu, un prix lourdement supporté par les citoyens d'aujourd'hui, puis par les générations futures, poursuit M. Chaoul. Chaque jour qui passe sans s'attaquer aux causes profondes de la crise et à la mise en œuvre des bonnes solutions augmente le risque d'implosion économique : les salariés perdent leur emploi, les entreprises ferment leurs portes, la dépréciation de la livre libanaise s'accélère, l'hyperinflation, le non-fonctionnement des secteurs vitaux, tels que les hôpitaux et l'éducation, l'absence de soutien au secteur privé, aux services, à l'agriculture et à l'industrie manufacturière : l'espoir de reprise s'estompe".

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"Je me suis rendu compte qu'il n'y a pas de réelle volonté de mettre en œuvre des réformes ou une restructuration du secteur bancaire, y compris de la Banque centrale. En conséquence, j'ai choisi de me retirer de l'équipe consultative. Je ne serai pas témoin de cette inaction préjudiciable, convaincu que tout ce qui n'est pas une solution à part entière mettra en péril tout espoir de réparer notre système en décomposition", conclut Henri Chaoul, qui est aussi membre du collectif issu de la société civile, Kulluna Irada.


Henri J. Chaoul, qui fait partie des membres sélectionnés par l’exécutif dans l’équipe représentant le ministère libanais des Finances, a confirmé jeudi sur son compte Twitter avoir décidé de claquer la porte des négociations entre le Fonds monétaire international et le Liban. Des négociations qui doivent permettre au pays en crise de débloquer une assistance financière pour...

commentaires (7)

On ne peut qu’applaudir le courage et l’honnêteté de MR Chaoul. Si on avait quelques hommes dans ce pays on se serait débarrasser depuis longtemps de ces parasites qui ne tiennent leur force que par le bouclier humain derrière lequel ils se cachent sachant que si leur leader sort de son trou et va affronter ses supposés ennemis dans un lieu peuplés uniquement de ses supporters il ne tiendrait pas deux heures. Il menace et vocifère, fort du peuple libanais qu’il tient en otage car il sait que ses ennemis ne feront de mal à un peuple ni à leur pays qui ne demande que de se débarrasser de lui et finir avec ses armes qui ne ciblent que des civiles pour faire plier ses adversaires. QUEL COURAGE QUE DE SE PROTÉGER DERRIÈRE DES INNOCENTS QUI NE DEMANDENT QU’À VIVRE LIBRES ET DIGNES DANS UN PAYS AUQUEL ILS TIENNENT TANT ET QUI MENACE DE NE PLUS EXISTER A CAUSE D’UN MÉGALOMANE VENDU ET LACHE.

Sissi zayyat

11 h 31, le 19 juin 2020

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Commentaires (7)

  • On ne peut qu’applaudir le courage et l’honnêteté de MR Chaoul. Si on avait quelques hommes dans ce pays on se serait débarrasser depuis longtemps de ces parasites qui ne tiennent leur force que par le bouclier humain derrière lequel ils se cachent sachant que si leur leader sort de son trou et va affronter ses supposés ennemis dans un lieu peuplés uniquement de ses supporters il ne tiendrait pas deux heures. Il menace et vocifère, fort du peuple libanais qu’il tient en otage car il sait que ses ennemis ne feront de mal à un peuple ni à leur pays qui ne demande que de se débarrasser de lui et finir avec ses armes qui ne ciblent que des civiles pour faire plier ses adversaires. QUEL COURAGE QUE DE SE PROTÉGER DERRIÈRE DES INNOCENTS QUI NE DEMANDENT QU’À VIVRE LIBRES ET DIGNES DANS UN PAYS AUQUEL ILS TIENNENT TANT ET QUI MENACE DE NE PLUS EXISTER A CAUSE D’UN MÉGALOMANE VENDU ET LACHE.

    Sissi zayyat

    11 h 31, le 19 juin 2020

  • Bravo pour avoir marqué sa position objective et dit la vérité et dommage en même temps ; le problème n'est pas dans l'équipe qui a préparé le plan du gouvernement mais dans l'establishment politique et financier que cite M. Chaoul dans sa lettre addressée au ministre des Finances et il cite la campagne trompeuse et populiste qui a accompagné le plan . Dommage que cet establishment jusqu'à now empêche les réformes semble t -il ??

    Lecteurs OLJ

    09 h 03, le 19 juin 2020

  • Bravo, Mr Chaoui, au moins vous pourrez dire: j’ai essayé, Mais, ne pensez-vous pas qu’il y avait un peu de naïveté de votre part, ayant accepté de joindre cette équipe au départ, tout en sachant qu’ele était limitée dans ses prérogatives et compétences par ses parrains? Pensiez-vous vraiment qu’ils auraient pu pondre toutes les réformes et restructurations du secteur bancaire dont vous rêviez alors que tout le cartel politique est toujours en place et a repris du poil de la bête? Pourriez-vous nous expliquer quelles étaient les excuses de ces pseudo-experts pour ne pas pouvoir suivre vos recommandations? Allez, retournez à votre collectif de la société civile et reprenez le flambeau de la contestation: tout le reste n’ est que de la perte de temps, hélas!!!

    Saliba Nouhad

    22 h 15, le 18 juin 2020

  • Hélas la volonté est otage des armes comme tout le pays..!

    LeRougeEtLeNoir

    21 h 35, le 18 juin 2020

  • En voila qulqu un d integre on a besoin dune dizaine comme lui pour arrerer l hemorragie

    Elkhazen maud

    21 h 22, le 18 juin 2020

  • Fallait s’y attendre, avec un système directement géré par les descendants divins qui ont profondément à cœur d’offrir à chaque libanais et libanaise les 70 vierges et puceaux qui les attendent, chauffés à blanc … Si on fait le compte, pour 4 millions de candidats et candidates à la culbutte, il devrait y avoir environ 280 millions de Ken et Barbie au garde-a-vous. Pas mal non ? Devrions-nous donc nous plaindre à ce point ?

    Remy Martin

    21 h 11, le 18 juin 2020

  • merci mille fois merci de votre réalisme et courage que les hommes politiques de ce pays n ont pas , il est temps que le premier ministre fasse autant si sa volonté est sincère de reformer ce pays pour l instant il a accomplie 97 % de sa tache sans dire un mot de reforme peut etre il reserve ca pour le 3 %

    youssef barada

    21 h 00, le 18 juin 2020