L’Association des commerçants de Beyrouth a tiré hier la sonnette d’alarme dans une énième tentative de sauver le secteur de la crise. Photo ANI
Dans un communiqué publié hier, l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme concernant la situation dramatique dans laquelle se trouve le secteur depuis les premiers effets de la crise économique et financière que traverse le pays depuis fin août dernier.
S’exprimant à la suite d’une réunion avec les chefs d’associations, de syndicats et autres organisations affiliées pour définir les mesures cruciales à prendre pour maintenir le secteur à flot, le président de l’ACB, Nicolas Chammas, a encore une fois appelé les autorités et la Banque du Liban à intervenir. Le renforcement de la lutte contre la contrebande, la baisse des loyers dans les centres commerciaux, celle des taux d’intérêt de l’ordre de 3 points de pourcentage sur les prêts ou encore l’exonération d’impôts pour l’année 2020 pour tous les commerçants, entre autres.
Nicolas Chammas a en outre rappelé l’importance de la contribution du secteur pour les finances publiques et annoncé que le nombre de fermetures d’établissements commerciaux avait augmenté à Beyrouth de 25 % sur les six derniers mois selon les chiffres de l’ACB, qui n’a toutefois pas communiqué le nombre d’établissements concernés. Le président de l’ACB a condamné les événements de jeudi et vendredi derniers en marge de la reprise de la contestation contre la classe politique, dans le sillage des manifestations qui avaient éclaté le 17 octobre dernier. Des groupes de casseurs avaient alors mis à sac une quinzaine d’enseignes commerciales dans le centre-ville de Beyrouth. Lundi, les organismes économiques – qui représentent également l’ACB et dont Nicolas Chammas est le secrétaire général –, avaient déjà demandé à ce que l’État rembourse les dégâts aux commerçants touchés.
Le 5 juin, l’ACB avait en outre demandé au gouvernement de reporter toutes les échéances de paiements dus jusqu’à la fin de l’année, ainsi qu’aux banques de suspendre le recouvrement des dettes des commerçants également « jusqu’à la fin de l’année 2020 », tout en abaissant les taux d’intérêt « comme cela a été le cas pour les secteurs industriel et touristique ». L’association avait également dénoncé le fait que les banques n’appliquaient pas la circulaire n° 552, publiée en avril par la BDL, et qui a prolongé d’un mois la période d’application de la circulaire n° 547 adoptée en mars. Ces deux textes permettent aux banques d’accorder des prêts exceptionnels à 0 % et sans frais aux sociétés qui se sont retrouvées dans l’impossibilité de payer certains coûts de mars à juin suite à la mobilisation générale contre le Covid-19.


sans reforme de l etat ,il n y a pas de salut
19 h 35, le 17 juin 2020