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Économie - Investissement

En pleine crise, la déroutante « frénésie d’achats » du fonds souverain saoudien

En pleine crise, la déroutante « frénésie d’achats » du fonds souverain saoudien

La Kaaba, à l’intérieur de la Grande Mosquée de La Mecque, vide de ses fidèles, le 5 mars 2020. Photo Abdel Ghani Bashir/ AFP

Huit milliards de dollars. C’est la somme investie en pleine crise du Covid-19 par le fonds souverain de l’Arabie saoudite dans des mastodontes de l’économie mondiale, de Boeing à Facebook, une frénésie qui tranche avec les mesures d’austérité inédites dans le royaume. Le double choc de la pandémie de Covid-19 et l’effondrement des prix du pétrole ont incité le gouvernement à tripler la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), suspendre des allocations et réduire ses dépenses pour endiguer la croissance de son déficit budgétaire. Ces mesures drastiques mettent à rude épreuve un contrat social dit « rentier » qui, pendant des décennies, a vu le royaume utiliser sa richesse pétrolière pour offrir aux citoyens de généreuses subventions, des emplois et un mode de vie confortable. Sans impôts.

Mais récemment, le Public Investment Fund (PIF) – en passe de devenir un des plus grands chasseurs de bonnes affaires – a dépensé des milliards pour acheter des parts dans des entreprises étrangères de premier plan. « Nous ne voulons pas gâcher une crise », a ironisé le gouverneur du PIF, Yassir al-Roumayyan, en avril, confirmant que le fonds, riche de 300 milliards de dollars, profite du ralentissement de l’économie mondiale pour s’offrir des actions à prix cassés.

Mais, à Riyad, des commerçants se demandent pourquoi ces sommes n’ont pas plutôt servi à soutenir des petites et moyennes entreprises étouffées par la pandémie.

Les réserves de change de la Banque centrale ont connu une forte baisse en mars et avril, le gouvernement affirmant que 40 milliards de dollars avaient été transférés au PIF pour financer ses achats. Les réserves, qui ont chuté à environ 450 milliards de dollars en avril – leur niveau le plus bas depuis des années –, devraient encore baisser pour financer le déficit budgétaire selon des analystes.

Le prince héritier Mohammad ben Salmane, homme fort du royaume, a transformé le PIF en une puissance chargée de diversifier une économie ultradépendante du pétrole. « Le PIF fait de gros paris sur quelques actions. Intelligents ou pas, nous ne le saurons que lorsque nous regarderons dans le rétroviseur », estime Ali Shihabi, expert saoudien.

Anuj CHOPRA/AFP

Huit milliards de dollars. C’est la somme investie en pleine crise du Covid-19 par le fonds souverain de l’Arabie saoudite dans des mastodontes de l’économie mondiale, de Boeing à Facebook, une frénésie qui tranche avec les mesures d’austérité inédites dans le royaume. Le double choc de la pandémie de Covid-19 et l’effondrement des prix du pétrole ont incité le gouvernement à tripler la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), suspendre des allocations et réduire ses dépenses pour endiguer la croissance de son déficit budgétaire. Ces mesures drastiques mettent à rude épreuve un contrat social dit « rentier » qui, pendant des décennies, a vu le royaume utiliser sa richesse pétrolière pour offrir aux citoyens de généreuses subventions, des emplois et un mode de vie confortable. Sans impôts.Mais...
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