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Société - Protestation

Des foules dans la rue, des routes coupées, la contestation populaire a repris de plus belle

À l’origine de la colère des Libanais, la chute incontrôlée de la livre et l’absence d’actions sérieuses pour freiner l’effondrement.

Des foules dans la rue, des routes coupées, la contestation populaire a repris de plus belle

Partout dans le pays, le même spectacle de routes coupées à l’aide de pneus brûlés s’est présenté. Photo João Sousa

Finalement, ce qui va réunir les Libanais, toutes appartenances politiques ou communautaires confondues au cœur d’un même mouvement de contestation, c’est l’appauvrissement, la menace de la famine qui plane sur un grand nombre de foyers, la peur de lendemains plus qu’incertains et, surtout, les preuves accumulées de l’incapacité d’une classe politique douée davantage dans la gestion de tout ce qui peut permettre d’asseoir et d’accroître son pouvoir, que dans le règlement de la crise existentielle que traverse le pays. C’est ce qui a été démontré hier soir sur le terrain, lorsque la colère des Libanais a de nouveau grondé et que des rassemblements de protestation ont été organisés spontanément aux quatre coins du pays, alors que dans la journée, des informations rapportant des transactions pour lesquelles le taux de change aurait été de 7 000 LL contre un dollar ont semé la panique dans le pays. Sur le Ring, devenu une des principales plates-formes de la contestation et un des symboles de l’épreuve de force engagée depuis près de 8 mois entre le mouvement du 17 octobre et les forces du pouvoir, les habitants de Khandak al-Ghamik ont manifesté aux côtés de ceux contre qui ils lançaient des pierres samedi dernier. Comme un seul homme, les deux composantes du mouvement de colère hier soir ont scandé des slogans hostiles à un gouvernement qui au fil de ses pratiques a finalement montré qu’il servait surtout de paravent aux forces politiques conspuées en octobre dernier, mais à qui il doit sa composition, se laissant enliser dans les traditionnelles querelles politiciennes et se montrant incapable de réaliser le minimum de réformes substantielles pour freiner l’hémorragie financière d’un pays en faillite.

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Et cette incapacité à régler la crise, les partisans du tandem chiite, Amal et le Hezbollah, l’ont bien comprise. Devant les médias, plusieurs parmi eux ont affirmé qu’ils ont rejoint les contestataires « pour les soutenir dans leurs revendications parce que nous sommes un seul peuple, tous affamés ». Ils ont investi les rues dans le secteur de l’aéroport, à Moucharrafieh (fief du mouvement Amal dans la banlieue sud), à Ouzaï et dans d’autres régions, les sillonnant à bord de mobylettes, mettant le feu aux bennes à ordures et coupant les routes à l’aide de pneus enflammés. Pas de slogans politiques, mais des cris et des klaxons ininterrompus exprimant un ras-le-bol et une colère sourde, qui s’est manifestée à Saïda et à Tripoli par des jets de cocktails Molotov contre les deux branches de la Banque du Liban. Jusqu’à l’heure d’aller sous presse, on ignorait si le feu avait pris dans les deux bâtiments ou si l’incendie se limitait aux cours d’enceinte.

Quoi qu’il en soit, ce sont plusieurs artères principales qui ont été coupées à la circulation dans le pays, notamment en plusieurs points de l’autoroute côtière, sans que l’armée n’intervienne, compte tenu d’une décision officielle prise préalablement par le Conseil supérieur de défense d’interdire le blocage de routes. Tard dans la nuit, la Direction de l’orientation de l’armée a fait paraître un communiqué démentant des rumeurs selon lesquelles le commandant de la troupe, le général Joseph Aoun, compte s’adresser aux militaires pour leur demander de ne pas intervenir.

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La situation a été jugée suffisamment grave par le Premier ministre Hassane Diab pour convoquer aujourd’hui deux réunions extraordinaires du Conseil des ministres, qui se tiendront l’une à 9h30 au Sérail et l’autre à 15h au palais de Baabda. Les deux seront axées sur la situation monétaire. Tard dans la nuit, la LBCI a fait état d’une convocation également du syndicat des changeurs au Sérail pour une réunion avec M. Diab. On ignore quelles mesures peuvent être prises pour freiner la chute libre de la livre, d’autant que le dollar semble s’être raréfié sur le marché au milieu d’une rumeur persistante sur des opérations de change dont la finalité serait d’envoyer le billet vert en Syrie pour soutenir la livre syrienne.

Après avoir réussi à neutraliser le mouvement de protestation, d’abord à cause de l’épidémie de coronavirus qui avait poussé les autorités à imposer le confinement aux Libanais, puis à force de contre-mobilisation au moment où la contestation essayait de se réorganiser, le pouvoir se retrouve de nouveau confronté à la même colère populaire qui avait eu raison en octobre dernier du gouvernement de Saad Hariri. Hier soir, les manifestants dans plusieurs régions du pays ont appelé à « la chute du gouvernement Diab », au « départ du président de la République et de toute la classe politique ». Quelles décisions peut prendre le gouvernement pour rassurer une population dont une grande partie a perdu toute confiance en ses dirigeants ?


Finalement, ce qui va réunir les Libanais, toutes appartenances politiques ou communautaires confondues au cœur d’un même mouvement de contestation, c’est l’appauvrissement, la menace de la famine qui plane sur un grand nombre de foyers, la peur de lendemains plus qu’incertains et, surtout, les preuves accumulées de l’incapacité d’une classe politique douée davantage dans la...

commentaires (10)

la goute qui a fait deborder le vase hier c'est le montant fictive du dollar a 5000 puis a 7000 livres neanmoins les chiites qui ont joint la manifestation alors qu'aucun policier ou soldat de l'armee n'etait present veut clairement dire le suivant LA VERITE CECI A ETE ORCHESTRE PAR BERRY ET NASRALLAH AVEC COMME CONSIGNE D'ATTAQUER SURTOUT RIAD SALAMEH PUIS DIAB DONT ILS NE VEULENT PLUS RIAD SALAME CAR MALGRE TOUTES LES PERSONNES QU'ILS LUI ONT NOMMES HIER AVEC( contre ) LUI CONNAIT LEURS SECRETS UN A UN ET LES CACHE ENCORE COMME IL CACHE LA LISTE DES POLITICIENS ET HOMMES D'AFFAIRES QUI ONT TRANFERE DES MILLIARDS EN SUISSE OU AILLEURS. DIAB CAR ILS ONT COMPRIS APRES LES FAMEUSES NOMINATIONS HONTEUSES QUE LE PEUPLE L'ENGLOBE A PARTIR D'AUJOURDH'UI DANS LE TOUS VEUT DIRE TOUS DONC IL FAUT S'EN DEBARRASSER POUR DIFFUSER UN PEU LA CRISE LA VERITE TOUS ONT COMPRIS ( SURTOUT BERRY) QUE SANS SAAD HARIRI LE PAYS NE SE RELEVERA PAS CAR IL PEUT TELEPHONER PERSONELLEMENT A TOUS LES LEADERS DU MONDE ALORS QUE DIAB N'A MEME PAS REUSSI A AVOIR UN RENDEZ VOUS MEME AVEC LE PLANTON D'UN CHEF DE GOUVERNEMENT OU PRESIDENT D'UN AUTRE PAYS A CEJOUR

LA VERITE

14 h 33, le 12 juin 2020

Tous les commentaires

Commentaires (10)

  • la goute qui a fait deborder le vase hier c'est le montant fictive du dollar a 5000 puis a 7000 livres neanmoins les chiites qui ont joint la manifestation alors qu'aucun policier ou soldat de l'armee n'etait present veut clairement dire le suivant LA VERITE CECI A ETE ORCHESTRE PAR BERRY ET NASRALLAH AVEC COMME CONSIGNE D'ATTAQUER SURTOUT RIAD SALAMEH PUIS DIAB DONT ILS NE VEULENT PLUS RIAD SALAME CAR MALGRE TOUTES LES PERSONNES QU'ILS LUI ONT NOMMES HIER AVEC( contre ) LUI CONNAIT LEURS SECRETS UN A UN ET LES CACHE ENCORE COMME IL CACHE LA LISTE DES POLITICIENS ET HOMMES D'AFFAIRES QUI ONT TRANFERE DES MILLIARDS EN SUISSE OU AILLEURS. DIAB CAR ILS ONT COMPRIS APRES LES FAMEUSES NOMINATIONS HONTEUSES QUE LE PEUPLE L'ENGLOBE A PARTIR D'AUJOURDH'UI DANS LE TOUS VEUT DIRE TOUS DONC IL FAUT S'EN DEBARRASSER POUR DIFFUSER UN PEU LA CRISE LA VERITE TOUS ONT COMPRIS ( SURTOUT BERRY) QUE SANS SAAD HARIRI LE PAYS NE SE RELEVERA PAS CAR IL PEUT TELEPHONER PERSONELLEMENT A TOUS LES LEADERS DU MONDE ALORS QUE DIAB N'A MEME PAS REUSSI A AVOIR UN RENDEZ VOUS MEME AVEC LE PLANTON D'UN CHEF DE GOUVERNEMENT OU PRESIDENT D'UN AUTRE PAYS A CEJOUR

    LA VERITE

    14 h 33, le 12 juin 2020

  • Aoun avait annoncé la couleur avant d’arriver à cette impasse qu’il savait inévitable grâce à sa lâcheté. « C’est comme ça et pas autrement et ceux qui ne sont pas contents peuvent immigrer ». Nous y voila, à part qu’ils tiennent les citoyens en otage en prolongeant la fermeture de l’aéroport pendant qu’ils acheminent des personnes contaminées et les lâchent dans la nature pour propager le virus et ainsi continuer a achever le pays et son peuple. Nous avons été prévenus par la plus haute autorité et nous savons ce qu’ils nous restent à faire. Quant à eux ils trôneront tous sur des ruines avec des bœufs de leur espèce et seraient contents d’être arrivés à leur fin.

    Sissi zayyat

    12 h 37, le 12 juin 2020

  • Le nouveau pouvoir aura pour première mission: Établir un plan de remise des armes du Hezbollah sous le contrôle de l’armée. 2- Établir une nouvelle loi électorale 3- Sauver l'économie en limitant l'ouverture de ses frontières avec la Syrie a des passages légaux contrôlés par les douanes et sous la protection de l’armée.

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 20, le 12 juin 2020

  • Une seule solution: mettre la main sur les armes du Hezbollah! C'est un parti qui, de par son idéologie, est illégal, d’après la constitution, et doit être interdit. Cela fait 15 ans qu'on le dit et le répète: pas de paix, pas de réformes, pas d’économie et d’état sans remises des armes du parti iranien a l’armée. Il y a quelque temps (2005 - 2009) il était encore possible d’éviter la guerre qui s'annonce si Hassouna avait accepté d'en discuter pour trouver une solution. Aujourd'hui c'est trop tard et nous voguons directement vers la guerre. Le Hezbollah n'est pas aussi fort que certains le pensent, ses alliés le lâcheront a la première occasion, il perd ses ouailles petit a petit et commence a étouffer. C'est aux Chiites de réagir a présent pour sauver le pays, ils leur faudra descendre dans la rue contre leurs propres dirigeants qui sont en fait parmi les plus corrompus du pays et réclamer la remise des armes et la démissions de leurs représentants comme l'ont fait toutes les autres communautés. Il gagneront ainsi la confidence de leurs concitoyens et mettrons la pression pour le vrai changement. Que chaque communauté réagisse en bloquant, dans leurs maisons, leurs représentants. Que chaque communauté prenne en charge ses propres criminels, et en masse, pour demander: 1- La démission du parlement. 2- Des élections parlementaires immédiates 3- La démission et formation d'un nouveau gouvernement issu du nouveau parlement. 4- Démission et élection d'un nouveau président.

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 15, le 12 juin 2020

  • IL FAUT SE MEFIER DES NOUVEAUX VENUS DANS LA CONTESTATION EX PROVOCATEURS ARMES DE BATONS ET DE COUTEAUX QUI INTIMIDAIENT ET ATTAQUAIENT LES MANIFESTANTS. LEUR RECONVERSION EST PLUS QUE SUSPECTE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 52, le 12 juin 2020

  • Je ne pense pas du tout que c’est comme un seul homme !! Il y a eu des dérapages justes à voir la commentatrice de la MTV se faire maltraiter !! De plus les uns descendent pour une raison et une seule et les autres descendent pour plusieurs raisons .... il y a du travail à faire c’est clair ... Ryad Salemeh est sur la ligne de mire pourquoi à votre avis ?!?!

    Bery tus

    06 h 38, le 12 juin 2020

  • Cela fait 6 mois que ce gouvernement est en place...c est plus que le temps necessaire pour engager des reformes.....le bilan est un triple zero...il faut maintenant que tout le peuple libanais uni balaye cette mafia sans avoir peur ....c est une affaire de vie ou de mort pour le pays.

    HABIBI FRANCAIS

    05 h 59, le 12 juin 2020

  • Pas grave, le régime, fort en colèrie, le haut parleur, souvent tonique et hautain, de l'iranie, viendront donner des discours alambiqués mais sans essence pour blâmer ceux là même qui meurent de faim......la honte est inconnue chez certains et ces certains sont ceux qui nous gouvernent...

    Wlek Sanferlou

    04 h 18, le 12 juin 2020

  • Réponse à votre dernière question: ce gouvernement ne peut rien faire pour rassurer la population, tout court... C’est l’impasse totale, le chaos absolu et une descente aux enfers progressive!... Arrêtons de rêver et de réaliser que tant qu’ il y aurait une milice armée jusqu’aux dents, qui terrorise toute personne qui la critique et qui dicte ses lignes de conduite, qui est considérée terroriste et boycottée par tout le monde arabe et occidental qui pourraient éventuellement nous aider, il n’y aura aucune solution de possible à court et moyen terme! La situation ne fera qu’empirer et l'appauvrissement collectif augmenter, même si la populace va redescendre dans les rues pire qu’avant avec risques de dérapages communautaires et de guerre civile larvée de nouveau. Il est clair que la petite classe moyenne décimée et qui ramasse les petites miettes de ses économie va simplement plier bagages et foutre le camp... Quant aux beaucoup mieux nantis: tant qu’ils demeurent intouchables et continuer à se la couler douce, ils s’en fichent comme de l’an quarante de l’avenir du pays, et, en tous cas la majorité de leurs familles et rejetons sont à l’étranger... Quand au Président et son gendre, ils rêvent peut-être, avec leurs compromis contre nature, de sauver ce qui reste de présence chrétienne au pays... Et le chien aboie et la caravane passe... Pauvre Liban de nos rêves!

    Saliba Nouhad

    02 h 52, le 12 juin 2020

  • Tous ces partis doivent comprendre qu'ils ont fait leur temps, qu'ils n'ont pu apporter à leur peuple que malheur, souffrance et pauvreté. Ils se sont enrichis en suçant le sang du peuple. Ils feraient mieux de partir au plus vite, laissant à des spécialistes VRAIMENT INDÉPENDANTS le soin de tenter de remettre le pays sur les rails et de ramasser les pots cassés, par une politique nouvelle transparente, dans l'intérêt du peuple. Sans cela, le pays se dirige inexorablement vers l'effondrement total et la famine.

    Georges Airut

    01 h 54, le 12 juin 2020

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