Cette nouvelle donne ne pouvait pas plus mal tomber pour le Liban, ou bien au contraire, elle tombe plutôt à point nommé, selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre de la barricade. L’application de ce Caesar Act intervient en effet dans un contexte local de plus en plus tendu marqué par un débat fiévreux portant sur les fondements de la formule libanaise et, surtout, sur les choix économiques que devrait faire le Liban dans la conjoncture présente.
Avec la loi César, ce débat devrait être, sur le plan du principe, rapidement tranché, mais malgré tout, de nombreuses voix s’élèvent dans les milieux du Hezbollah réclamant une réorientation de l’économie libanaise vers « l’Est » au lieu de se limiter uniquement à l’Occident ! En clair, à entendre ces milieux, il faudrait désormais privilégier les rapports économiques avec la Syrie et l’Iran, avec comme support la Chine… Pourquoi, en effet, ne pas calquer notre système économique sur le modèle des rapports entre la famille Assad et Rami Makhlouf, à titre d’exemple, ou aussi sur celui des circuits paraétatiques façonnés et entretenus par les pasdaran, notamment en Amérique du Sud et en Syrie où le tri démographique sectaire bat son plein ?
Cette proposition de « recentrage » de l’économie libanaise vers l’est en mettant une sourdine aux rapports avec l’Occident aurait pu paraître en première analyse quelque peu farfelue si elle ne reflétait pas en profondeur un positionnement politique et doctrinal propre au parti pro-iranien. Est-ce ainsi un pur hasard si l’appel à s’aligner économiquement sur l’axe irano-syrien, avec l’Irak en prime, a coïncidé avec deux développements majeurs : l’approche de l’entrée en vigueur de la loi César et l’amorce des difficiles négociations avec le Fonds monétaire international en vue de l’obtention d’une aide financière occidentale ? Un média proche du Hezbollah s’interrogeait pas plus tard qu’hier sur le fait de savoir si le gouvernement libanais comptait « adopter » la loi César. Pour le parti chiite, plaider en faveur d’un alignement (hypothétique) sur l’Est permettrait de faire d’une pierre deux coups : entraîner le gouvernement sur la voie d’une fronde contre la loi César, et torpiller les discussions avec le FMI, dans l’espoir d’une distanciation avec l’échafaudage économique occidental.
Un tel schéma économique isolationniste s’inscrit parfaitement aussi bien dans la doctrine du Hezbollah que dans le projet hégémonique régional de son parrain iranien. Lorsqu’il a affirmé, dans son prêche de la fête du Fitr, que le Liban a été « créé pour servir les intérêts du colonialisme », le mufti jaafarite Ahmad Kabalan ne faisait que reprendre l’essence de l’une des clauses du document fondateur du Hezbollah, publié en date du 17 février 1985, qui stigmatise « le système en place au Liban qui est une émanation de l’arrogance mondiale » (entendre le monde occidental). De là à établir un lien (par ricochet) entre d’une part ces desseins économiques et politiques, et d’autre part les velléités à peine voilées du Hezbollah de contrôler les circuits économiques du pays et, surtout, le secteur bancaire – en torpillant celui qui est en place –, il n’y a qu’un pas que nombre d’observateurs avertis ne manquent pas de franchir.
Ces efforts soutenus du parti pro-iranien visant à pousser le pays à épouser son alignement politico-économico-idéologique posent un problème de fond qui n’est pas nouveau dans l’histoire contemporaine du pays et qui rejaillit de manière épisodique, à savoir la volonté récurrente de l’une ou l’autre des composantes nationales de pratiquer une politique des axes à l’échelle régionale. Le pays en a fait les frais avec l’expérience nassérienne, la doctrine Eisenhower, l’épisode palestinien, l’accord du 17 mai, les occupations syrienne et israélienne… Chaque tendance centrifuge s’accompagnait d’une discorde interne, voire d’une guerre fratricide.
Le séisme actuel qui frappe les Libanais apporte malencontreusement la preuve que nous n’avons pas encore tiré la leçon du passé, en l’occurrence que la neutralité positive à l’égard des conflits régionaux reste la seule voie possible susceptible de garantir au Liban une stabilité pérenne pour gérer de façon durable le pluralisme sociocommunautaire du pays du Cèdre.


Bsat à Nabatiyé : le gouvernement entend accélérer la reconstruction
La sollicitude de certains libanais envers les dictateurs tels que Poutine, Xi Jinping et les mollahs et Assad me sidère. Si ces pays avaient le moindre respect pour leur population dans ces trois pays où les riches le sont à en avoir honte et les pauvres à en pleurer et qui sont traités comme des moins que rien on aurait peut être réfléchi à deux fois. Mais qu’un seul libanais les prenne en exemple, s’en est trop. La dictature n’a jamais inspiré un peuple libre et fier tels que les libanais et tous nos efforts et nos souffrances en témoignent. NON, nous ne voulons pas que ces gens là nous aident ni même ne s’approchent de notre beau petit pays et nous ferons de tout pour les en empêcher. Plutôt mourir que subir ses lunatiques égocentriques qui n’œuvrent que pour une seule chose: leur gloire personnelle même s’ils doivent enfourcher les corps de leurs dévoués. Résistance et obéissance, voilà deux vertus du citoyen. Par L’obéissance il assure l’ordre et par la résistance il assure La Liberté. LIBANAIS A VOUS DE CHOISIR.
14 h 03, le 03 juin 2020