CRÉATIVITÉ

Tourner en plein confinement, c’est possible !

Réalisé durant la crise sanitaire, le court-métrage expérimental de Ghadi al-Alam est primé dans des festivals en ligne.

« Donner vie à des histoires, à des scénarios, j’en rêve depuis l’enfance, et mes études universitaires m’ont offert cette opportunité de mieux comprendre ce qu’est le cinéma, mais aussi de connaître la réalité de cette industrie compétitive et pleine de surprises », raconte Ghadi al-Alam. Photo Ghady Jabbour

En pleine période de confinement lié à la pandémie de Covid-19, certains étudiants ne manquent pas de créativité. C’est le cas de Ghadi al-Alam, en 3e année d’études audiovisuelles à l’Institut d’études scéniques et audiovisuelles (Iesav) de l’USJ, qui brave les contraintes techniques qui entravent actuellement les tournages de films. Il réalise, dans le cadre du cours « Exercices de réalisation » qu’il a suivi ce semestre, Quarantine (« Quarantaine »), un film expérimental de cinq minutes qui donne à voir la capitale libanaise transformée en une ville fantôme chargée d’histoire. « Moi qui ai toujours regardé Beyrouth avec des yeux intrigués, j’ai voulu faire voir à l’écran une ville ayant traversé des guerres, des hauts et des bas, et qui crie à l’aide. Ses rues sont vides, mais les échos des personnes qui y ont perdu la vie sont toujours là, les effets dévastateurs de la guerre civile persistent, les voix désespérées des manifestants y résonnent sans relâche, et la pandémie s’y est installée à présent. Chaque recoin de Beyrouth a une histoire à raconter, et j’ai essayé d’être à l’écoute de tout ça », explique le réalisateur en herbe.

Un défi à relever

Encouragé par son enseignante Yara Nashawaty, Ghadi al-Alam relève le défi de filmer Beyrouth sans descendre dans ses rues. « Raconter une histoire en images en étant coincé entre quatre murs était une première pour moi qui suis attiré par l’extérieur et par la découverte. Tout au long de mon tournage, en filmant caméra à la fenêtre, il m’est arrivé de douter du succès de mon entreprise », souligne le jeune homme de vingt ans. Une fois les images tournées, l’étudiant s’est consacré à la post-production, toujours en solitaire et sans quitter son domicile. Heureux d’avoir pu concrétiser son projet, le réalisateur en herbe a soumis Quarantine au The Monthly Film Festival (TMFF), un festival en ligne de courts et longs-métrages basé au Royaume-Uni, qui récompense mensuellement les meilleures œuvres retenues dans la compétition.

Lire aussi

Comment faire face au défi de l’évaluation en ligne

Le succès est au rendez-vous : pour le mois d’avril 2020, Ghadi al-Alam s’est vu attribuer le prix du meilleur film expérimental, décerné par un jury de professionnels qui travaillent dans l’industrie cinématographique, et le prix du public, décerné par les internautes. De même, Quarantine a permis à son réalisateur de remporter le prix du meilleur court-métrage expérimental en avril 2020 au Košice International Monthly Film Festival en Slovaquie.

« Donner vie à des histoires »

« Donner vie à des histoires, à des scénarios, j’en rêve depuis l’enfance, et mes études universitaires m’ont offert cette opportunité de mieux comprendre ce qu’est le cinéma, mais aussi de connaître la réalité de cette industrie compétitive et pleine de surprises », raconte l’étudiant qui a, à son actif, quatre courts-métrages. Après Quarantine, le jeune homme a voulu renouveler l’expérience de filmer depuis son domicile. Ainsi, il a réalisé, en avril dernier, son dernier court-métrage, Touch. « C’est une sorte d’autoportrait psychologique, manifestant tout ce que j’ai pu ressentir lors de cette période de confinement qui, pour moi comme pour de très nombreuses personnes, est loin d’être facile à gérer au quotidien », confie le jeune homme pour qui la thématique de la santé mentale est un sujet de prédilection. « Quelles que soient les conditions, je continuerai à créer, à partager mes idées et à raconter mes histoires à travers la réalisation de films qui me permettent de m’exprimer librement », annonce, déterminé, le jeune homme qui prépare actuellement son film de fin d’études en espérant pouvoir le tourner l’année prochaine.

Page Campus En partenariat avec



En pleine période de confinement lié à la pandémie de Covid-19, certains étudiants ne manquent pas de créativité. C’est le cas de Ghadi al-Alam, en 3e année d’études audiovisuelles à l’Institut d’études scéniques et audiovisuelles (Iesav) de l’USJ, qui brave les contraintes techniques qui entravent actuellement les tournages de films. Il réalise, dans le cadre du cours...

commentaires (0)

Commentaires (0)