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Liban

Pour ou contre l'amnistie générale : rassemblements en marge de la séance du Parlement

Une poignée de manifestants anti-pouvoir se rassemblent aussi sur le Ring, à Beyrouth, pour s'opposer à la session législative.

Un groupe de manifestants brûlant un drapeau sur lequel a été dessinée l'étoile de David, symbole juif, en guise de protestation contre un texte de loi débattu au Parlement portant sur l'amnistie générale, le 28 mai 2020 sur la place des Martyrs à Saïda, au Liban-Sud. Photo ANI

Alors que les députés libanais sont réunis au palais de l'Unesco afin de plancher sur une série de textes de loi, dont le très controversé projet de loi sur l'amnistie générale, plusieurs rassemblements contestataires ont eu lieu dans le pays, notamment au Sud, pour marquer leur opposition à cette amnistie dont pourraient bénéficier des Libanais ayant collaboré avec Israël durant l'occupation.

Deux textes de loi relatifs à l'amnistie générale ont été présentés au Parlement, l’un porté par Bahia Hariri, députée du courant du Futur, et l’autre par Yassine Jaber et Michel Moussa, tous deux membres du groupe parlementaire du président de la Chambre Nabih Berry. Ces textes n’avaient pas pu être examinés le mois dernier, leur caractère de double urgence n’ayant pas été retenu. Dans leur version d’origine, les projets de loi présentés péchaient par leur caractère général, puisqu'ils ne précisaient pas quels étaient les crimes qui profiteraient de l’amnistie, à l'exception de tout autre. Renvoyés à une sous-commission parlementaire, les textes ont été travaillés pendant un mois pour parvenir à une mouture à même de satisfaire les différentes composantes, en excluant notamment les agressions contre l’armée, le trafic de drogue et les infractions liées à la dilapidation des fonds publics, et en incluant les membres de groupes terroristes n’ayant pas commis d’attaques terroristes, les cultivateurs et consommateurs de drogue ainsi que les civils libanais ayant fui en Israël lors du retrait israélien du Sud-Liban, en mai 2000. Parvenu il y a 15 jours aux commissions mixtes, le texte final remanié s’est heurté à la volte-face de députés proches du Hezbollah, ceux-ci revenant sur leur acceptation d’inclure dans la loi d’amnistie les Libanais passés en Israël.

Selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, une trentaine de protestataires, issus de l'Organisation populaire nassérienne d'Oussama Saad, se sont ainsi rassemblés à Saïda, pour s'opposer à cette amnistie. Un rassemblement similaire a eu lieu à Nabatiyé, organisé par un collectif de manifestants issus de cette ville et de Kfar Roummane, un bastion communiste connu pour son hostilité historique à l'égard d'Israël. Des drapeaux israéliens ont été brûlés par des manifestants venus exprimer leur colère.

Une poignée de manifestants protestant contre un texte de loi débattu au Parlement portant sur l'amnistie générale, rassemblé le 28 mai 2020 à Nabatiyé, au Liban-Sud. Photo Mountasser Abdallah

A contrario, à Beddaoui au Liban-Nord, des familles de détenus islamistes, qui devraient eux-aussi bénéficier de cette loi d'amnistie, se sont rassemblés pour exprimer leur soutien au vote du texte en question. Une banderole appelant à "une amnistie sans exception" a été brandie durant la manifestation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). De nombreux détenus islamistes croupissent en prison depuis des mois, voire des années, dans l'attente de leur jugement, alors les prisons libanaises souffrent de surpopulation carcérale. Les détracteurs d'une amnistie accordée aux détenus islamistes s'insurgent de leur côté contre la possibilité de libérer des individus accusés d'avoir tué ou blessé des militaires libanais, entre autres.

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En matinée, sur la voie express du Ring, à Beyrouth, une poignée de manifestants, drapeaux libanais en main, se sont eux aussi regroupés à pied ou en voiture afin de protester contre la tenue de la séance plénière du Parlement qui a débuté à 10 heures au palais de l'Unesco. Leur objectif était d'exprimer leur hostilité envers la classe dirigeante, de réclamer une justice indépendante, sans pour autant se focaliser sur la loi d'amnistie. Ces manifestants voulaient poursuivre leur sit-in devant le palais de l'Unesco mais les forces de l'ordre ont bouclé le quartier, les maintenant à une distance de plusieurs centaines de mètres du bâtiment.

Lors de la dernière séance législative qui s'est tenue le 21 avril, des rassemblements similaires avaient eu lieu, dans le cadre de la révolte populaire déclenchée le 17 octobre 2019 et qui vise la classe politique et financière accusée de corruption et d'incompétence. Le Liban connaît actuellement sa pire crise économique et financière depuis 30 ans et doit en même temps lutter contre la propagation du nouveau coronavirus qui a déjà contaminé plus de 1.100 personnes, dont 26 sont décédées. 


Alors que les députés libanais sont réunis au palais de l'Unesco afin de plancher sur une série de textes de loi, dont le très controversé projet de loi sur l'amnistie générale, plusieurs rassemblements contestataires ont eu lieu dans le pays, notamment au Sud, pour marquer leur opposition à cette amnistie dont pourraient bénéficier des Libanais ayant collaboré avec Israël durant...

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