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Liban

Pour les 100 jours de son gouvernement, Diab affirme que le Liban a été remis "sur la bonne voie"

"Riad Salamé a promis que la BDL allait intervenir sur le marché pour protéger" la livre libanaise, en chute libre face au dollar, a affirmé le Premier ministre, qui s'engage à subventionner les produits de base.

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, lors de son discours télévisé au Grand Sérail, le 21 mai 2020. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a marqué jeudi les 100 jours depuis que son cabinet a obtenu la confiance du Parlement, dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent en 30 ans. Il a profité de cette occasion pour dresser un bilan de l'action de son cabinet. "Il y a 100 jours, nous n'avions pas d'autres choix que de prendre le commandement du navire", a affirmé M. Diab, lors d'un discours retransmis en direct à 11h30, avant le début du Conseil des ministres qui se tient au Grand Sérail, soulignant que ce gouvernement "sortait des sentiers battus".

Succédant au cabinet de Saad Hariri qui avait démissionné sous la pression de la révolte populaire née le 17 octobre 2019, le gouvernement de Hassane Diab se veut indépendant, même si parrainé par le président de la République, Michel Aoun, le Hezbollah, et leurs alliés. Désigné le 19 décembre par le président Aoun, Hassane Diab avait réussi à former son gouvernement le 21 janvier, après de longues semaines de tractations politiques. Promettant de répondre aux revendications des contestataires qui continuent de manifester dans les rues jusqu'à ce jour, le gouvernement Diab n'a toujours pas réussi à gagner leur confiance ou à satisfaire leurs demandes. Il est également sous le feu de diverses formations politiques qui se revendiquent de l'opposition.

"Lorsque les Libanais sont descendus dans la rue le 17 octobre, c'était l'occasion d'amorcer un tournant historique au Liban. Ce soulèvement révolutionnaire était sur le point d'atteindre l'objectif escompté du peuple libanais de construire un véritable État qui se débarrasserait du système corrompu et établirait un État de droit", a déclaré M. Diab, ajoutant que "la révolution a ouvert une brèche dans les intérêts communautaires, confessionnels et politiques". Dans ce cadre, le Premier ministre a notamment critiqué "ceux qui ont provoqué la catastrophe et qui ont quitté le navire alors qu'il commençait à couler".

"Nous avons remis le Liban sur la bonne voie"

Le Premier ministre est revenu sur les principales crises auxquels il a dû faire face depuis sa prise de fonction. "Nous avons rapidement découvert que les caisses du Trésor public étaient vides et que l'arrogance empêchait le pouvoir en place de dire la vérité au peuple. Nous avons traité avec la vérité de manière réaliste et nous n'avons pas hésité à déclarer un défaut de paiement" en mars dernier, a-t-il déclaré.

Après cela, "le cyclone du coronavirus a frappé notre navire", a-t-il poursuivi, estimant que le gouvernement avait "réussi à assurer le maximum de protection aux Libanais contre la pandémie". "Nous espérons que nous passerons cette période avec le moins de dégâts possibles, même si ce que nous voyons dans les rues n'est guère encourageant", a-t-il néanmoins noté, en référence au relâchement constaté dans le respect des mesures barrières de protection.

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"C'est au peuple libanais de juger de notre action. Mais, aujourd'hui, nous sommes sur la bonne voie pour rendre opérationnelles les décisions de la conférence CEDRE, afin que le Liban puisse rapidement bénéficier du plan de sauvetage du gouvernement, parallèlement aux négociations qui ont été entamées avec le Fonds monétaire international (FMI) pour aider le Liban, sur la base de ce plan", a-t-il déclaré.

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Le naufrage économique du Liban, endetté à hauteur de 92 milliards de dollars (170% du PIB), a été l'un des déclencheurs du soulèvement populaire d'octobre contre l'ensemble de la classe politique, quasi inchangée depuis des décennies, accusée de corruption, d'incompétence et d'avoir poussé le pays au bord du gouffre. La colère s'est amplifiée après des restrictions draconiennes et illégales sur les retraits bancaires en dollars et une hausse vertigineuse des prix, une situation exacerbée par le confinement à cause de la pandémie de Covid-19. Pour tenter de redresser le pays, le gouvernement a adopté le 30 avril un plan de réformes qui ne fait l'unanimité ni au sein de la classe politique ou financière, ni au sein de la population.

Dans ce contexte, et alors que la livre libanaise chute face au dollar, M. Diab a indiqué que le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, avait promis que la Banque centrale "interviendrait sur le marché pour protéger la livre libanaise et freiner la hausse du taux de change du dollar". Le Premier ministre a également annoncé un soutien (de la part de la BDL) et des subventions à l'importation des denrées essentielles. Selon la LBC, M. Diab a fait ces annonces dans son discours après une réunion la veille avec le gouverneur de la BDL.

97% des engagements tenus
"Je peux annoncer en toute confiance que 97% de ses engagements inscrits dans la déclaration ministérielle pour ces 100 jours ont été tenus, ainsi que 20% des engagements au-delà de cette période", a déclaré Hassane Diab. Pour la première fois, nous avons lancé les chantiers d'audit des comptes de la Banque du Liban, et les chantiers législatifs pour la restitution des fonds dilapidés, la lutte contre la corruption et la levée du secret bancaire", a détaillé le Premier ministre. "Nous avons fait beaucoup en 100 jours. Nous ne sommes pas là pour dire, mais pour faire", a-t-il lancé, dénonçant "les guerres virtuelles de clans animés par des intérêts personnels et politiques".

Le Premier ministre a ensuite fait l'éloge de l'Etat protecteur. "La première priorité de ce gouvernement est de rétablir la relation entre l'État et le citoyen. L'État n'est pas une autorité, mais le gardien de son peuple. Il le protège, le met à l'abri du danger, lui accorde ses droits et revendique ses droits, et lui fournit les services dont il a besoin", a-t-il déclaré, avant de conclure : "Nous comptons sur vous pour poursuivre le processus de réformes que nous avons lancé et pour faire avancer la construction de l'État qui protège le présent et l'avenir de son peuple".


Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a marqué jeudi les 100 jours depuis que son cabinet a obtenu la confiance du Parlement, dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent en 30 ans. Il a profité de cette occasion pour dresser un bilan de l'action de son cabinet. "Il y a 100 jours, nous n'avions pas d'autres choix que de prendre le commandement du navire", a...

commentaires (18)

Pour l'opinion publique locale, "Mais, aujourd'hui, nous sommes sur la bonne voie, blabla blabla" Pour l'opinion publique internationale, on se dirige tout droit vers une crise alimentaire... Faut savoir monsieur le premier munistre... A force de faire le grand ecart pour caresser tout le monde dans le sens du poil, voys risquez de perdre le peu de soutien oh combien nécessaire.

Desperados

21 h 16, le 21 mai 2020

Tous les commentaires

Commentaires (18)

  • Pour l'opinion publique locale, "Mais, aujourd'hui, nous sommes sur la bonne voie, blabla blabla" Pour l'opinion publique internationale, on se dirige tout droit vers une crise alimentaire... Faut savoir monsieur le premier munistre... A force de faire le grand ecart pour caresser tout le monde dans le sens du poil, voys risquez de perdre le peu de soutien oh combien nécessaire.

    Desperados

    21 h 16, le 21 mai 2020

  • Il doit être mythomane, c'est pas possible autrement, d'ailleurs ils le sont tous plus on monte....

    Je partage mon avis

    21 h 05, le 21 mai 2020

  • En acceptant d’être premier ministre , mandaté par les pilleurs HD a d’emblée accepté de ne pas franchir de lignes rouges dans leur direction: comprendre c’est le peuple qui va payer pas les gouvernants..Qui plus est , on découvre de jour en jour, que le Liban exsangue , est offert à son insu en donneur de sang , violant tous les embargos, par la grâce des meme pilleurs, aux pays voisins, Syrie en premier , , sous la bannière de la solidarité... Voilà l’alibi que le gouvernement actuel a accepté d’offrir à Ali baba et ses apprentis...

    LeRougeEtLeNoir

    21 h 01, le 21 mai 2020

  • 30 ans de désastres 100 jours c'est une goutte d'eau dans l'océan , bon courage Mr. Diab

    Eleni Caridopoulou

    20 h 43, le 21 mai 2020

  • PM :100 jours après"C'est au peuple libanais de juger de notre action. Mais, aujourd'hui, nous sommes sur la bonne voie pour rendre opérationnelles les décisions de la conférence CEDRE, afin que le Liban puisse rapidement bénéficier du plan de sauvetage du gouvernement, je pense il faut oublier CEDRE car dans CEDRE il y a l allemagne qui doit participer mais depuis que l allemagne a déclarer que le HOZBOLLA : des teroristes elle s est retirer du CEDRE il reste la France ds sa situation économique actuel ne lui permet pas de verser un centime continuer à rever je vous conseille de commencer par des vrais reformes gratuites que ni vous ni votre gouvernements ni les précédents veulent .que dieux vous venir en aide ne démissionner pas tout suite attendre un peu qu on vous chasse comme le précédent sinon commencer tout de suite à réformer ce beau pays donner le droit aux femmes rendre le pays laic supprimer la peine de mort faire respecter le code de la route arreter les voleurs du trésor justice indépendante désarmer les milices tous soins et écoles pour tous apres on parlera du CEDRE

    youssef barada

    20 h 07, le 21 mai 2020

  • Après seulement 100 jours ce gouvernement est censé avoir résolu une corruption galopante de 30 ans... c'est facile d'accuser les derniers arrivés. Les dynasties familiales qui se transmettent le pouvoir de pères en fils... s'ils y parviennent c'est bien parce qu'ils y en a qui votent aussi de pères en fils...

    Sybille S. Hneine

    19 h 26, le 21 mai 2020

  • Ce n'est pas le gouvernement de Hassane Diab qui: 1)...a laissé notre pays se couvrir d'ordures partout 2)...a fermé les yeux sur la défiguration de notre environnement, de la côte aux sommets des montagnes 3)...a laissé la Mafia des propriéaires de générateurs empêcher par tous les moyens de construire un réseau électrique fonctionnant 24/24h 4)...a couvert les promoteurs véreux de barrages hydrauliques inutiles et dangereux 5)..a détourné des milliards dans tous les domaines! Ce gouvernement a été formé il y a 100 jours, alors que les précédents ont existé depuis plus de 30 ans, sans jamais régler les problèmes cités plus haut, car ils trempaient tous eux-mêmes dans une corruption très lucrative. Alors, les Bassil, Joumblatt, Hariri, Berry, Geagea, Machnouk, Mikati, Frangié etc.,...cessez d'accuser l'équipe actuelle de tous les maux que vous avez laissé gangréner sans aucun remords ce pays que vous étiez censés diriger ! Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 31, le 21 mai 2020

  • L’état est la pour protéger les citoyens. En voilà une bonne blague. Il faut qu’il nous dise comment ce Monsieur peut prétendre à un mensonge pareil? EN LES DÉPOUILLANT? EN LES AFFAMANT? EN LES HUMILIANT ?EN BLOQUANT LEUR ARGENT EN ATTENDANT À QUELLE SAUCE ILS VONT ÊTRE MANGÉ, OU EN LÂCHANT DES BRUTE POUR LES TABASSER ET LEUR DONNER DES COUOS DE PIEDS POUR AVOIR OSÉ LEURS DROITS LE OLUS STRICTE A VIVRE DIGNEMENT? A VOTRE PLACE JE M’ABSTIENDRAI DE FAIRE DES DISCOURS RIDICULES QUI NE FONT QUE PROUVER VOTRE INCAPACITÉ À TENIR UNE SEULE PROMESSE ET ENCORE MOINS UN GOUVERNEMENT.

    Sissi zayyat

    15 h 58, le 21 mai 2020

  • DES PIPEAUX A LA PELLE ! IL A SAUVE LE NAVIRE EN LE COULANT...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 39, le 21 mai 2020

  • Personne, aucun gouvernement , n'aurait été capable de nager dans des eaux aussi troubles ! Il faut le reconnaitre . Bravo et courage

    Chucri Abboud

    15 h 37, le 21 mai 2020

  • Bienheureux ceux qui s'applaudissent pour s'auto-féliciter, ils hériteront le pouvoir virtuel! Ça me rappelle ses supporteurs, qui chantent des victoires fictives quand ils ont perdu tout les avoirs des autres!! Comme on chantait "Hâlé téebanné ya thawra, avenir ma fiche!!!"

    Wlek Sanferlou

    15 h 24, le 21 mai 2020

  • Décidément tous les dirigeants sont frappés par une maladie indéfinissables qui leur fait perdre le sens de la réalité... C'est le syndrome du Cocus Phoenicus qui fait qu'ils se considèrent réussi alors qu'ils n'ont jamais rien fait ou réalisé. En fait, ils cocufient le peuple Libanais leur promettent le paradis pendant qu'ils transforment le pays en un dépotoir géant, le vendant au plus offrant, les dépouillant de leurs biens, de leur dignité et de leur honneur. C'est a en pleurer ou a en rire? On ne le sait plus!

    Pierre Hadjigeorgiou

    14 h 20, le 21 mai 2020

  • Depuis 100 jours nous n’entendons que ça. La livre libanaise continue de se dévaluée et il se donne de l’importance et du poids en prononçant des discours creux pour gagner du temps et anesthésier les citoyens. Les libanais ne veulent plus de discours, ils veulent des actes concrets qui leur donne la possibilité de disposer de leur argent et de le dépenser comme bon leur semble sans avoir à donner des justificatifs aux voleurs du but de leur retrait. C’EST DE NOTRE ARGENT DONT IL S’AGIT ET NON D’UNE AIDE OU UN PRÊT. DE QUEL DROIT, DE QUEL DROIT FONT ILS DES CITOYENS DES COUPABLES EN LES TRAITANT COMME DES MOINS QUE RIEN POUR COMBLER LES VOLS DE L’ÉTAT ET DE SES DIRIGEANTS? COMMENT CROIRE EN CE PM QUI A PART SE RÉUNIR AVEC X ET Y POUR AVOIR LEUR ACCORD POUR SAUVER LE PAYS SE CONTENTE DE DISCOURS ET DE BALIVERNES ALORS AUE LES CITOYENS MANQUENT DE TOUT? OÙ SONT LA JUSTICE INDÉPENDANTE? LES MINISTRES TECHNOCRATES? LES EXPERTS DONT ON NOUS A PROMIS POUR ACCÉLÉRER LE PROCESSUS DU SAUVETAGE. MENDIER ET PLEURER NE SONT PAS UNE PROUESSE SI DE CETTE QUALITÉ DONT ILS S’EN ORGUEILLENT.

    Sissi zayyat

    13 h 32, le 21 mai 2020

  • il n'y aura jamais une unanimité autour d'un gouvernement tant que les divisions politiques et communautaires et le clientélisme politique sévissent .Une bonne partie de la population continue à faire le jeu des politiciens qui nous ont conduit à cette catastrophe au point qu'on n'arrive même plus à savoir ce que veut réellement la contestation populaire ;des marées basses suivies par des marées hautes incompréhensibles .

    Lecteurs OLJ

    13 h 23, le 21 mai 2020

  • Les prix augmentent chaque jour, au point que les commerçants ne se donnent plus la peine de mettre des étiquettes, mais pour notre ministre, à "part ça tout va très bien " (air connu).

    Yves Prevost

    13 h 14, le 21 mai 2020

  • Difficile de faire mieux: décrire la stase mortelle, politique , financière, , la défiance unanime de la communauté internationale comme la bonne voie, relève d’esprits superlativement brillants. Le dernier de classe se lance des fleurs, car il au moins le grand mérite de figurer sur la liste des cancres! Mais ne touchez surtout pas à mes potes! Certes quelques vaut-rien jetés en pâture à l’opinion publique , mais n’espérez surtout pas que ceux en poste, ceux aux commandes vont se poursuivre en justice eux-mêmes..

    LeRougeEtLeNoir

    13 h 12, le 21 mai 2020

  • Ah bon! Pourtant à la lorgnette ou à la loupe, on ne voit pas poindre l'ombre du commencement de l'amorce du début d'une amélioration. On pourrait même plutôt penser le contraire !

    Yves Prevost

    13 h 09, le 21 mai 2020

  • Je ris de me voir si beau en ce miroir ! Hahahaha

    LeRougeEtLeNoir

    13 h 05, le 21 mai 2020