Le syndicat des importateurs de matériel médical reproche aux banques de ne pas appliquer le mécanisme prévu par la BDL pour financer leurs commandes. lenets/Bigtsock
Le syndicat des importateurs de matériel médical a alerté hier dans un communiqué sur un total de près de 16 millions de dollars devant financer des paiements dus à des fournisseurs étrangers, « bloqués entre la Banque du Liban (BDL) et les banques » du pays. Seul 1 million de dollars sur ce total ont été effectivement transférés, le reste étant suspendu depuis plusieurs semaines au moins, selon un membre de la profession contacté par L’Orient-Le Jour. « Les marchandises commandées, dont du matériel nécessaire pendant l’épidémie de Covid-19, sont du coup bloquées à l’étranger », déplore la source précitée.
Le syndicat révèle également que les banques ne respectent pas le mécanisme de la BDL publié en novembre, qui permet aux importateurs de matériel médical d’obtenir une partie de leurs besoins en dollars en échangeant leurs livres au taux officiel auprès de la banque centrale (circulaire n° 535). Ce mécanisme, mis en place en plein contexte de dépréciation de la livre et de crise de liquidités en dollars a été calqué sur celui mis en place pour les importateurs de carburant, de blé et de produits pharmaceutiques adopté un mois plus tôt. Il prévoyait que la BDL assure 50 % des dollars demandés, factures à l’appui, par les importateurs de matériel médical (circulaire n° 530). Selon la source, la proportion de dollars fournie a été relevée à 85 % il y a quelques mois (un niveau identique à celui des bénéficiaires de la circulaire n° 530).
Le ministère de l’Économie et du Commerce avait demandé à la BDL le 20 mars, toujours selon le syndicat, d’accélérer la procédure et de subventionner les importations « à 100 % ». Cette procédure n’a pas été appliquée par les banques. La BDL n’était pas joignable au moment où nous avons traité cette information.
Ironie du calendrier, la déclaration du syndicat intervient le lendemain de la publication d’une circulaire de l’Association des banques soulignant la nécessité pour ses membres d’appliquer les circulaires de la BDL ainsi que d’autres mesures (flexibilité avec les petits déposants, traitements des transferts considérés comme urgents) qu’elles s’étaient engagées à appliquer en mars à l’issue d’une réunion avec le procureur général près de la Cour de cassation, Ghassan Oueidate.


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Les millions sont bloqués tout simplement car le cash qui est supposé être transféré n'existe plus. Il a été volatilisé. Et c'est d'autant plus dramatique qu'il s'agit de la Santé. Il s'agit de la collectivité. Ceux qui ont volé savent bien où se trouve l'argent et combien. Peut on avoir une conscience à ce point annihilée??
09 h 35, le 13 mai 2020