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Société - Coronavirus

Les contaminations parmi les rapatriés pourraient compromettre les résultats obtenus à ce jour

Quarante personnes rentrées au pays ont été testées positives au Covid-19 entre mercredi et jeudi.

Des tests PCR effectués au poste-frontière de Abboudiyé. Photo ANI

Alors que le nombre de contaminations locales au coronavirus a été réduit à son plus bas niveau pendant plusieurs jours, il monte en flèche parmi les rapatriés. Cela laisse craindre une bombe à retardement qui pourrait compromettre les résultats obtenus à ce jour dans le contrôle de l’épidémie, sachant que le Liban figure au nombre des quinze pays qui ont le mieux contrôlé le Covid-19, selon un graphique de l’Université de Harvard aux États-Unis.

Selon le rapport quotidien du ministère de la Santé, entre mercredi et jeudi, 40 nouveaux cas parmi les rapatriés ont été confirmés, dont 25 passagers en provenance du Nigeria et 7 du Sierra Leone. Les huit autres cas sont parmi des Libanais rentrés du Qatar, des Émirats et de l’Arabie saoudite. Seuls trois nouveaux cas de contamination locale ont en outre été enregistrés durant cette même période. Le bilan total de l’épidémie au Liban, depuis le premier cas annoncé le 21 février, s’élève ainsi à 784 cas avérés, parmi lesquels 25 personnes sont décédées et 220 personnes guéries. Sur les 539 cas toujours positifs, 43 se trouvent dans un état critique. « La situation peut encore être contrôlée, à condition que le gouvernement prenne les mesures adéquates », affirme à L’Orient-Le Jour le Dr Walid Ammar, directeur général du ministère de la Santé. Soulignant que le déconfinement n’aurait pas dû se faire parallèlement au rapatriement des Libanais, mais après, il explique que « les rapatriés testés positifs au coronavirus doivent être tous admis à l’hôpital, même ceux dont les symptômes sont bénins », et que « les passagers qui étaient sur le vol du Nigeria doivent observer la quarantaine dans un hôtel ou dans un endroit isolé ». « C’est ce que j’ai conseillé au ministre » de la Santé Hamad Hassan, souligne le Dr Ammar. Contacté par L’OLJ, le chargé de communication de M. Hassan, Rida Moussaoui, a assuré que les Libanais testés positifs ont été tous hospitalisés (32 à l’Hôpital universitaire Rafic Hariri et deux à l’Hôpital universitaire Saint-Georges). Les autres passagers, a-t-il souligné, observent un isolement à domicile et sont suivis de près par les équipes du ministère de la Santé, « comme cela a été le cas avec tous les Libanais qui sont rentrés à ce jour ».

« Pour des raisons économiques, le gouvernement a décidé d’alléger les mesures de confinement, poursuit le Dr Ammar. Cela est compréhensible et légitime. Mais pourquoi ouvrir à ce stade les mosquées et les églises ? »

Mercredi, le ministère de l’Intérieur a annoncé que la messe du dimanche et la prière du vendredi pourront d’ores et déjà se tenir à nouveau dans les églises et mosquées, à condition que le nombre maximal de fidèles ne dépasse pas les 30 % de la capacité d’accueil des édifices, et ce dans le respect des mesures sanitaires, notamment la distanciation sociale.

Troisième phase de rapatriement

Malgré les cas positifs parmi les Libanais rentrés de l’étranger, le gouvernement n’interrompra pas le processus du rapatriement. Une troisième phase aura lieu entre le 14 et le 24 mai et bénéficiera à plus de 12 000 personnes, comme l’a déclaré le ministre Hassan mercredi. Un nombre largement supérieur à celui des première et deuxième phases qui ont permis le retour de près de 8 500 personnes. De nouvelles villes seront incluses dans cette phase au nombre desquelles notamment Genève, Bruxelles, Maputo, Lusaka, Tbilissi, Milan, Erbil, Bassora, Caracas, Larnaca et Pointe-Noire.

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Près de 8 700 de ces rapatriés n’auraient pas besoin d’effectuer un test de dépistage PCR à leur arrivée, car ils doivent l’avoir effectué dans les pays où ils se trouvent actuellement, les ambassades du Liban ayant pu conclure des accords avec des laboratoires à cet effet. Les Libanais résidant dans ces pays et désirant rentrer doivent passer ces tests 72 heures avant la date du vol. Ils ne peuvent prendre l’avion que si le résultat est négatif. De plus, ils peuvent réserver leur billet directement sur le site de la MEA, sans avoir à s’inscrire auprès des ambassades du Liban.

Quant aux expatriés qui n’auront pas effectué le test, ils doivent s’inscrire auprès des ambassades. Les mêmes mesures prises lors des deux premières phases de rapatriement leur seront appliquées.

Dans cette troisième phase, la priorité sera donnée aux étudiants en Europe et en Amérique du Nord, aux visiteurs et aux personnes bloquées en Amérique latine et en Asie, et à ceux qui ont perdu leur emploi dans le Golfe. Dans les pays d’Afrique, la priorité sera donnée aux pays où la communauté libanaise est importante.

Frontières terrestres

Par ailleurs, un nouveau groupe d’une centaine de personnes sont rentrées hier au Liban à travers le poste-frontière de Masnaa, dans la Békaa, au nombre desquelles 56 individus détenteurs de la nationalité américaine. Ils ont été transportés à l’aéroport de Beyrouth où un avion militaire américain, qui a ramené une quarantaine d’étudiants libanais, les attendaient pour les transporter aux États-Unis. En outre, selon la chaîne LBCI, un bus qui était censé ramener de Syrie un groupe de ressortissants saoudiens a dû rebrousser chemin au niveau de Jdeidet Yabous et rentrer vide à Beyrouth, dans des circonstances qui ne sont toujours pas claires. Cent autres personnes sont rentrées par le poste-frontière de Abboudiyé au Liban-Nord.

Les mesures prises aux postes-frontières sont les mêmes que celles prises à l’aéroport. Un test PCR est ainsi effectué sur toutes les personnes qui traversent la frontière, qui doivent être logées dans un hôtel dans l’attente des résultats. Ces postes-frontières sont, en outre, ouverts un jour sur deux et seuls 100 individus sont autorisés à entrer au Liban à chaque fois.



Alors que le nombre de contaminations locales au coronavirus a été réduit à son plus bas niveau pendant plusieurs jours, il monte en flèche parmi les rapatriés. Cela laisse craindre une bombe à retardement qui pourrait compromettre les résultats obtenus à ce jour dans le contrôle de l’épidémie, sachant que le Liban figure au nombre des quinze pays qui ont le mieux contrôlé le...

commentaires (5)

C'est quand même fou, depuis presque trois mois que le pays (et surtout son économie déjà dans un état de décomposition avancée) est en arrêt pour nous épargner une catastrophe, et qu'au moment où on peut envisager la reprise d'une vie normale, tous nos efforts soient compromis par l'arrivée de nombreux cas... Pourtant le gouvernement avait été clair sur le fait que le rapatriement cesserait si le nombre de cas positifs était élevé... Alors??? Et puis, pourquoi ces gens rentrent-ils alors que le déconfinement est amorcé presque partout? Qu'ils restent là où ils sont...

NAUFAL SORAYA

07 h 28, le 09 mai 2020

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Commentaires (5)

  • C'est quand même fou, depuis presque trois mois que le pays (et surtout son économie déjà dans un état de décomposition avancée) est en arrêt pour nous épargner une catastrophe, et qu'au moment où on peut envisager la reprise d'une vie normale, tous nos efforts soient compromis par l'arrivée de nombreux cas... Pourtant le gouvernement avait été clair sur le fait que le rapatriement cesserait si le nombre de cas positifs était élevé... Alors??? Et puis, pourquoi ces gens rentrent-ils alors que le déconfinement est amorcé presque partout? Qu'ils restent là où ils sont...

    NAUFAL SORAYA

    07 h 28, le 09 mai 2020

  • Bravo joli résultat. Tout le bon travail risque d'etre ruiné par ce que ce gouvernement n'ose pas s'opposer aux caprices de ceux la même qui ont ruiné le pays pour plusieurs générations et qui nous font courir un risque enorme pour plaire à leurs moutons de panurge.

    Liban Libre

    14 h 58, le 08 mai 2020

  • OU EST LE DEPISTAGE AVANT EMBARQUEMENT PROMIS ? POURQUOI ONT LES LAISSE ALLER PRETENDUMENT SE METTRE EN QUARANTAINE DANS LEURS MAISONS CHOSE QUI NE SERA PAS SUIVIE ? NE SAIT-ON PAS QUE LES VOYAGES EN AVIONS SONT LA PREMIERE SOURCE D,INFECTION ?

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    08 h 18, le 08 mai 2020

  • Suite C’est de savoir le nombre de tests effectués par jour dans la population: probablement tests de dépistage aléatoire très faible et on n’a que le sommet d’un iceberg dont la masse immergée serait énorme et pourrait nous rattraper pour plus tard comme on le craint pour beaucoup de pays du tiers-monde... J’espère toujours que je me trompe et qu’il y aurait une explication future à ce paradoxe!

    Saliba Nouhad

    01 h 20, le 08 mai 2020

  • C’est très beau, Mme Merhi, de se donner des certificats de bonne conduite devant le petit nombre de patients atteints du coronavirus au pays, alors qu’on importe 10 fois plus de cas contaminés de l’étranger... Cette situation bizarre ne vous interpelle pas? Dans les pays occidentaux les moins atteints, on a noté que malgré toutes les mesures imposées, plus de 35% des gens ne se conforment pas aux mesures de confinement et d’hygiène stricts... Pensez-vous qu’au Liban on fait mieux que ça? Connaissant le niveau d’esprit civique dans la population libanaise, il est très probable que ce chiffre dépasse les 50%... Seule explication que vous devrez obtenir du ministère de la santé

    Saliba Nouhad

    01 h 14, le 08 mai 2020

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