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Économie - Politique Économique

Covid-19 : la BCE et la Fed prêtes à renforcer leurs mesures de soutien respectives

La patronne de la BCE Christine Lagarde s’est exprimée hier face à une salle de presse vide, en plein contexte d’épidémie de Covid-19. Daniel Roland/AFP

La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont annoncé chacune de leur côté hier leurs arsenaux respectifs de mesures de soutien à l’économie qu’elles ont adoptées Face au cataclysme économique déclenché par la pandémie de coronavirus, que ce soit dans la zone euro ou aux États-Unis.

« La zone euro fait face à une contraction économique d’une magnitude et d'une vitesse jamais vues en temps de paix », a souligné la présidente de l’institution monétaire, Christine Lagarde, face à une salle de presse vide, toutes les questions étant posées à distance. La patronne de la BCE a assuré que l’institution était « prête » à renforcer son programme d’urgence et le prolonger au-delà de la fin 2020, après sa série de mesures exceptionnelles prises depuis mars.

Elle a affirmé en outre s’attendre à un repli de « 5 à 12 % » du produit intérieur brut de la zone euro cette année, reflet de la « grande incertitude » autour des dégâts économiques causés par la pandémie, a-t-elle expliqué. Cette violente récession, aux conséquences sociales encore impossibles à évaluer, devrait être suivie d’une « reprise » si les mesures de confinement étaient progressivement levées. Mais « sa vitesse et son ampleur » sont elles-mêmes « hautement incertaines », a poursuivi Christine Lagarde.

L’institution a donc affiché sa détermination à accroître si nécessaire la taille des rachats massifs de dette décidés le 18 mars, dans le cadre du programme d’urgence PEPP doté de 750 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année, et à les prolonger « au-delà de 2020 ».

Prêts ultrafavorables

Dans l’immédiat, les gardiens de l’euro ont cependant confirmé pour l’essentiel les mesures prises depuis la mi-mars, destinées à éviter que les conditions de financement ne se durcissent et n’aggravent l’impact économique de la crise. Seul changement : les prochaines vagues de prêts géants aux banques (dits TLTRO) se feront à des conditions encore plus généreuses. Le taux le plus favorable va descendre de -0,75 % à -1 % pour la période allant de juin 2020 à juin 2021, pour peu que les banques prêtent suffisamment à l’ensemble des secteurs économiques.

Par ce biais, la BCE entend stimuler le crédit pour éviter une vague de faillites, sans pour autant modifier ses taux directeurs déjà au plus bas. L’institut va aussi lancer jusqu’en septembre 2021 plusieurs séries de prêts aux banques sans poser de conditions, proposés à un taux de -0,25 %. Une mesure ciblant les petites banques et qui aurait été encouragée par la Banque fédérale allemande. Côté rachats d’actifs, la BCE va enfin dépenser 120 milliards d’euros supplémentaires d’ici à décembre au titre de l’assouplissement quantitatif ou « QE », un programme lancé entre mars 2015 et fin 2018 puis réactivé en novembre dernier. L’institution compte par ailleurs utiliser toute la « flexibilité du PEPP, » a promis Mme Lagarde.

En clair, ce bazooka forgé dans l’urgence permet à la BCE de concentrer ses efforts sur certains pays particulièrement fragilisés. L’institut monétaire s’est en effet affranchi, dans le cas du PEPP, de la règle lui interdisant de détenir plus du tiers de la dette émise par un pays donné.

Plus largement, les aides publiques déployées dans toute la zone euro devraient créer une montagne de nouvelle dette souveraine estimée à 1 000 milliards d’euros rien que pour l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, que la BCE a la capacité d’absorber à son bilan. Mme Lagarde n’en a pas moins réitéré son appel à une « action commune » en zone euro.

Entreprises trop grandes

De l’autre côté de l’Atlantique, la Réserve fédérale américaine a annoncé jeudi qu’elle élargissait son programme de prêts destiné à aider les entreprises de taille moyenne à faire face à la crise afin de pouvoir apporter des liquidités à un plus grand nombre de compagnies. Une date de démarrage doit être annoncée « bientôt » pour ce programme, qui doit aider les entreprises trop grandes jusqu’à présent pour bénéficier des prêts d’aide accordés aux PME.

Ces prêts pourront désormais être attribués aux entreprises de moins de 15 000 salariés avec un chiffre d’affaires annuel de jusqu’à 5 milliards de dollars, au lieu de 10 000 salariés maximum et 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans sa version précédente.

Une solution devrait par ailleurs être proposée aux associations à but non lucratif, dont la Fed « reconnaît le rôle essentiel » dans l’économie. Le Trésor américain va verser 75 milliards de dollars pour ce programme, inscrit dans le gigantesque plan de relance américain de l’économie.

Source: AFP

La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont annoncé chacune de leur côté hier leurs arsenaux respectifs de mesures de soutien à l’économie qu’elles ont adoptées Face au cataclysme économique déclenché par la pandémie de coronavirus, que ce soit dans la zone euro ou aux États-Unis.« La zone euro fait face à une contraction économique d’une magnitude et d'une vitesse jamais vues en temps de paix », a souligné la présidente de l’institution monétaire, Christine Lagarde, face à une salle de presse vide, toutes les questions étant posées à distance. La patronne de la BCE a assuré que l’institution était « prête » à renforcer son programme d’urgence et le prolonger au-delà de la fin 2020, après sa série de mesures exceptionnelles prises depuis mars.Elle a affirmé en outre...
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