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Énergie

Carburant défectueux livré à EDL : le directeur de Sonatrach au Liban arrêté

Le carburant défectueux était notamment destiné à une partie des unités de production de la centrale de Zouk. Photo P.H.B.

La procureure générale près la Cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, a ordonné l’arrestation de 17 personnes dans le cadre d’une affaire de carburant défectueux livré à Électricité du Liban, a rapporté samedi l’Agence nationale d’information (ANI).

L’une des personnes arrêtées n’est autre que Tarek Faoual, le directeur au Liban de Sonatrach, l’entreprise publique algérienne à qui EDL commande une partie du carburant (du « fuel oil ») consommé par une partie de ses unités de production dans les centrales de Zouk et Jiyé ainsi que par les deux navires-centrales opérés par Karpowership sur ces deux sites.

Hormi M. Faoual, les 16 personnes concernées sont des responsables et des employés de la Direction des installations pétrolières. Leurs noms n’ont pas été publiés – le nom de Tarek Faoual a été relayé par certains médias et confirmé par une source proche du dossier. Selon l’ANI, ce coup de filet survient après que des preuves eurent été rapportées concernant la responsabilité des personnes visées aussi bien concernant la livraison de carburant défectueux que pour une affaire de « pots-de-vin impliquant des employés haut placés du secteur », sans plus de détails.

Ces arrestations s’inscrivent dans le sillage de l’enquête ouverte le 6 avril par Ghada Aoun, après que la direction d’EDL eut adressé un courrier au ministère de l’Énergie et de l’Eau pour lui signaler qu’un navire-citerne contenant plusieurs dizaines de milliers de tonnes de carburant avait livré une cargaison de mauvaise qualité. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source à la direction d’EDL a simplement précisé que ce courrier était le dernier d’une série de correspondances avec toutes les institutions concernées.



Teneur en sédiments
« Selon les normes fixées pour le fuel oil, un carburant de bonne qualité ne doit pas avoir un TSP (Total Sediment Potential, une unité de mesure de la teneur en sédiments) supérieur à 0,1 %. Les quantités livrées début mars et qui devaient servir à alimenter les centrales avaient un TSP de 4,2 % », explique une autre source proche du dossier. « Les équipes en place sur les sites de Zouk et Jiyé, qui testent systématiquement le carburant livré par Sonatrach, s’en sont rendu compte. Le fournisseur n’a toujours pas récupéré le carburant défectueux (ce qu’EDL confirme, NDLR). Il est toujours entreposé au Liban », poursuit-elle. Cette source ajoute, comme l’avait indiqué EDL début avril, que le carburant n’a pas été utilisé. « Les dégâts sur les unités de production auraient été très importants », souligne-t-elle. La source auprès de la direction d’EDL a enfin assuré avoir pris les mesures nécessaires pour que cet incident n’affecte pas le rationnement en électricité. « Nous avons utilisé le carburant livré par un autre navire. Pour nous, l’affaire est désormais close. La suite dépend de la justice et du ministère », a-t-elle assuré. Le ministre de l’Énergie, Raymond Ghajar, pourrait d’ailleurs s’exprimer sur le sujet à l’occasion d’une conférence de presse au ministère au cours de laquelle il devrait également communiquer sur l’avancée des opérations d’exploration devant confirmer le potentiel du Liban en termes de ressources hydrocarbures au large de ses côtes.

Chargé d’assurer l’essentiel de la production de courant dans le pays, EDL ne dispose pas de capacités suffisantes pour approvisionner tous les foyers abonnés 24 heures sur 24. L’établissement public, qui ne peut en effet déployer qu’entre 1 800 et 2 000 mégawatts (MW) pour une demande qui tourne autour de 3 000 MW, a de plus annoncé en début d’année avoir réduit sa production de près d’un quart afin de pouvoir continuer à fournir du courant le plus longtemps possible malgré les incertitudes concernant le montant des avances du Trésor pour l’achat de carburant, sur fond de crise économique et financière aggravée par le confinement lié au Covid-19.


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