L’écart entre le taux d’emprunt italien à dix ans et celui de l’Allemagne de même échéance est monté hier en début de séance, après l’échec des négociations européennes pour un plan de relance coordonné et avant une actualisation de la notation italienne par Standard & Poor’s (S&P). Cette remontée de l’écart (ou « spread ») entre le taux des obligations d’État italiennes (considérées comme plus risquées) et celui des obligations souveraines allemandes (jugées les plus sûres) reflète les inquiétudes des investisseurs et les fortunes contrastées des différentes économies du continent.
L’Italie est « un pays qui accumulait déjà tous les handicaps avant la crise (liée au coronavirus) avec une dette record, une croissance famélique et une productivité extrêmement faible », souligne auprès de l’AFP Éric Bourguignon, membre du directoire de Swiss Life AM France. Or « un pays qui allie une dette énorme avec des perspectives de croissance réduites interpelle fatalement les créanciers », complète-t-il. Et jeudi soir, faute de consensus, l’Union européenne a finalement encore temporisé sur un plan de relance commun, restant divisée tant sur le montant que sur le mode de financement de ce dernier, les pays du Sud réclamant davantage de solidarité financière à leurs voisins du Nord. Mais ces derniers rechignent à payer pour des États à qui ils reprochent leur indiscipline budgétaire pendant les années de croissance.
La volatilité sur le spread Italie/Allemagne était en outre alimentée par l’attente d’une actualisation, après la clôture européenne, de la notation de l’Italie par l’agence Standard & Poor’s. Celle de sa rivale Moody’s suivra le 8 mai.


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