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À La Une - Pandémie

Coronavirus : un ramadan confiné, l'ONU mobilise pour un vaccin

L'OMS prévient que seule la découverte d'un vaccin ou d'un traitement efficace permettrait de juguler la pandémie. Et cela prendra "longtemps", souligne son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L'équipe de soignants de l'hôpital Saint-George à Beyrouth écoute un groupe de musique qui se produit pour eux, à travers une paroi vitrée, le 24 avril 2020. AFP / PATRICK BAZ

Des centaines de millions de musulmans ont entamé vendredi un mois de ramadan placé sous le signe du confinement face à la pandémie de coronavirus, que les Nations unies espèrent combattre en accélérant la production d'un vaccin qui serait accessible à tous.

L'ONU et son organe en charge de la santé, l'OMS, ont présenté vendredi une initiative mondiale pour la production de remèdes contre la pandémie, qui a fait plus de 190.000 morts et mis la planète à l'arrêt.

L'esplanade de la Grande mosquée de La Mecque désertée, des lieux de culte fermés: après les fêtes chrétiennes de Pâques et la Pâque juive, une grande partie du monde musulman est entré dans un mois de jeûne sans prières collectives ni repas partagés. "Ce ramadan est très différent, il n'est simplement pas festif. Je suis déçue de ne pas pouvoir aller à la mosquée mais que pouvons-nous y faire?", se résigne Fitria Famela, une femme au foyer en Indonésie. Le roi Salmane d'Arabie saoudite, dont le pays abrite les deux lieux les plus saints de l'islam, s'est dit "affligé" par la situation, mais a insisté sur la "protection de la vie et de la santé des peuples".


Vaccin "pour tous, partout"
Alors que plus de la moitié de l'humanité est confinée, l'OMS a prévenu que seule la découverte d'un vaccin ou d'un traitement efficace permettrait de juguler la pandémie. Et cela prendra "longtemps", a souligné son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Face à l'urgence sanitaire, une course mondiale s'est engagée entre laboratoires pour trouver le produit adéquat, avec à la clé la perspective de dividendes considérables. Une demi-douzaine d'essais cliniques ont été lancés, notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne. Mais l'enjeu est d'obtenir un vaccin et un traitement "qui soient abordables, sûrs, efficaces" et surtout disponibles "pour tous, partout", a souligné vendredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, mettant en garde contre une solution qui ne bénéficierait qu'à "une moitié du monde". Mais ni la Chine, ni les Etats-Unis, aujourd'hui épicentre de la pandémie avec plus de 50.000 décès, ne se sont associés à la présentation de cette initiative. Celle-ci mobilise plusieurs pays d'Europe, le continent le plus frappé avec 116.000 morts.

Le président américain Donald Trump pour sa part semé la consternation en suggérant l'injection aux malades de désinfectant alcoolique. Face à la bronca, il a finalement assuré que ses propos étaient "sarcastiques".

Face au risque de chacun pour soi, le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du Commerce ont mis en garde vendredi contre la tentation de prendre des mesures protectionnistes sur des biens clés comme les médicaments.



(Lire aussi : "Un ramadan confiné ou... parfois comme si de rien n’était")



Sex shops ouverts au Dakota
Dans ce contexte, les difficile négociations post-Brexit entre Londres et l'UE patinent, avec aucun "progrès tangible" constaté vendredi par le négociateur européen Michel Barnier. "Le Brexit est devenu la dernière roue du carrosse avec la pandémie", observe une source européenne. Les 27 peinent également à s'entendre entre eux: jeudi, ils ont remis à la mi-mai l'élaboration d'un plan de relance commun, alors que le FMI prévoit pour 2020 une récession d'au moins 7,1% dans l'UE.

Outre-Atlantique, où le PIB devrait plonger de 12% au deuxième trimestre, M. Trump a signé un nouveau plan d'aide aux PME et aux hôpitaux de près de 500 milliards de dollars, qui s'ajoutent au plan de relance historique de 2.200 milliards approuvé fin mars.

Selon le décompte de l'université Johns Hopkins jeudi soir, les Etats-Unis ont enregistré l'un des pires bilans de la maladie sur une journée avec 3.176 décès. Malgré ce constat, cinq Etats n'y ont pas décrété de confinement, comme le Dakota du Sud, où bars, cabines UV et sex-shops restent ouverts. "Nous sommes un commerce essentiel", sourit Kate, la gérante de l'échoppe Dick & Jane's Naughty Spot. Plusieurs autres ont décidé de se lancer sur la voie du déconfinement. Comme la Géorgie, où bowlings, ateliers de tatouage ou salons de coiffure et de soins esthétiques ont rouvert. "Il n'y a rien d'essentiel dans le fait d'aller au bowling ou de se faire faire une manucure au beau milieu d'une pandémie", a déploré la maire démocrate d'Atlanta, Keisha Lance Bottoms.



(Lire aussi : "Quelle est la bonne stratégie face à la pandémie ?")



Berlin anticipe une 2e vague
En Europe aussi, certains pays allègent leurs restrictions, tandis que d'autres, comme l'Italie et la France, s'y préparent. L'Espagne, troisième pays le plus touché après les Etats-Unis et l'Italie (25.549 morts), a annoncé vendredi son plus faible bilan quotidien depuis un mois, avec 367 décès, pour un total de 22.524 morts.

Mais l'OMS a appelé à ne pas relâcher ses efforts, alors que la menace d'une deuxième vague mortelle reste entière.

Dans cette perspective, l'Allemagne, déjà considérée comme un des grands pays européens ayant le mieux géré la crise, a décidé de prendre les devants. Bien que disposant de 13.000 lits en soins intensifs libres sur 32.000 au total, elle augmente encore ses capacités, notamment à Berlin où un hôpital de 1.000 lits est en cours de construction par l'armée. Il existe un "danger fondamental" que les infections redémarrent "si l'ensemble des mesures restrictives sont supprimées de manière précoce", a rappelé Lars Schaade, un responsable de l'institut Robert Koch, chargé du contrôle des maladies.

Selon une étude présentée jeudi à la Maison Blanche, le coronavirus s'affaiblit dans une atmosphère chaude et humide. Mais les pays dits chauds ne sont pas épargnés, notamment en Afrique.

Maigre consolation: la pandémie permet à de jeunes toxicomanes sud-africains d'être accueillis dans des structures spécialisées pour y être sevrés. A cause du confinement, "la drogue n'était pas tout de suite disponible dans la rue", témoigne l'un d'eux, Graham Krugur, à Pretoria. "En fait je suis content que le Covid-19 soit arrivé", confie cet homme de 34 ans.



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commentaires (2)

QUELLE MEGA GAFFE DU GAFFEUR... ET IL PRESIDE LA PLUS GRANDE PUISSANCE DU MONDE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 52, le 24 avril 2020

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Commentaires (2)

  • QUELLE MEGA GAFFE DU GAFFEUR... ET IL PRESIDE LA PLUS GRANDE PUISSANCE DU MONDE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 52, le 24 avril 2020

  • indonesie? ca vient d'ou? de vos reporters sur place? SVP,revenez sur terre.

    SATURNE

    15 h 59, le 24 avril 2020

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