De l’avis de tous, le plan de relance devrait être de plusieurs centaines de milliards d’euros, mais un montant définitif et son financement sont encore loin d’être actés. Photo d’archives AFP
Les 27 dirigeants européens examineront aujourd’hui lors d’un sommet virtuel les solutions pour sortir l’UE de la récession due à la pandémie de coronavirus, mais leurs divisions sont telles qu’ils devraient reporter à plus tard toute décision. L’UE, dont les populations ont été confinées depuis la fin de l’hiver dans la plupart des pays, devrait enregistrer une chute record de son PIB de 7,1 % cette année, selon les prévisions du FMI. Et la crise qui menace les 19 pays de la zone euro risque d’être la pire de la très courte histoire de la monnaie unique lancée en 1999. Mais les 27 de l’Union ne parviennent pas pour le moment à surmonter leurs différends sur la façon de relancer le moteur économique.
D’un côté les pays du Sud, fortement endeuillés par la pandémie comme l’Italie et l’Espagne, réclament davantage de solidarité financière à leurs voisins du Nord. Mais ces derniers, tels l’Allemagne et les Pays-Bas, moins frappés par le virus, rechignent à payer pour des États à qui ils reprochent de ne pas avoir fait preuve de discipline budgétaire pendant les années de croissance. « Les pays du Sud ont l’impression que certains États, actuellement plus forts économiquement, vont utiliser cette crise pour l’être encore davantage. Et ceux du Nord pensent que leurs voisins du Sud vont profiter de la pandémie pour leur léguer le fardeau de la dette qu’ils ont contractée par le passé », résume un haut responsable européen qui appelle à « éviter ce malentendu ».
Financement
De l’avis de tous, le plan de relance devrait être de plusieurs centaines de milliards d’euros, mais un montant définitif et son financement sont encore loin d’être actés. Rome, Madrid ou Paris plaident pour un endettement commun, sous des formes variées, que l’on a souvent résumé par le terme de « coronabonds ». L’intérêt de la mutualisation des dettes pour les pays du Sud de l’Europe, c’est de bénéficier des taux d’intérêt peu élevés des pays du Nord, connus pour leur rigueur en matière budgétaire.
La question se pose également sur le lien entre le fonds de relance et le budget à long terme de l’UE, qui doit en principe être adopté d’ici à la fin de l’année pour la période 2021-2027. Cette option rassure les pays du Nord car elle fournit un cadre légal, mais elle risque de susciter d’autres questions tout aussi compliquées, comme la priorité de ces dépenses d’investissement d’après-crise par rapport à celles qui sont traditionnelles comme la politique agricole commune (PAC), par exemple. Les dernières négociations sur ce budget pluriannuel en février dernier, avant la crise sanitaire et économique, s’étaient soldées par un échec retentissant.
Source : AFP


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