À un taux de 3 200 livres, il faut désormais 160 000 livres pour pouvoir acheter 50 dollars chez les changeurs, contre 75 000 selon la parité officielle. Photo P.H.B.
Le taux de change livre/dollar, qui a atteint sur le marché noir la semaine dernière son plus haut niveau depuis l’après-guerre civile, est resté relativement stable hier – soit 3 150 livres à l’achat et 3 225 à la vente selon le site lebaneselira.org, comparé à vendredi. Ce, malgré la volonté affichée par la BDL de le contrôler.
Ce taux équivaut à plus du double de la parité officielle de 1 507,5 livres, qui n’est plus appliqué dans les faits que pour les transactions bancaires, tandis que la BDL et les banques s’apprêtent à finaliser la constitution d’une unité instituée au début du mois, qui sera chargée de définir et relayer un taux officiel du marché. Un taux qui sera, lui aussi, applicable pour un certain nombre d’opérations définies (circulaire n°s 148 et 149). En attendant son activation, la BDL avait fixé le taux livre/dollar sur le marché secondaire à 2 600 livres, un niveau que les changeurs, agréés comme illégaux, ne semblent pas nombreux à appliquer – plusieurs d’entre eux continuant de s’aligner sur les taux du marché noir ces dernières semaines. Vendredi, L’Orient-Le Jour avait pu confirmer des informations indiquant que la BDL avait injecté des dollars sur le marché secondaire afin de tenter de stabiliser le taux, voire de le faire baisser. Sans succès, pour le moment, à en juger le taux affiché hier. Pour rappel, ni la BDL ni les banques n’étaient ouvertes hier, la journée étant chômée à l’occasion de la Pâques orthodoxe.
À un taux de 3 200 livres, il faut désormais 160 000 livres pour pouvoir acheter 50 dollars chez les changeurs, contre 75 000 selon la parité officielle. L’inflation du taux de change est une conséquence de la crise de liquidités que traverse le pays depuis plusieurs mois et dont les effets ont été amplifiés par les restrictions prises par les banques pour limiter les transferts à l’étranger, les retraits en dollars ou les conversions de comptes en livres. Des mesures prises depuis fin août, lorsque les premiers signes de la grave crise économique et financière que traverse le pays ont commencé à se manifester, et qui ont considérablement aggravé la crise de confiance des déposants envers le secteur bancaire, d’une part, et la demande de devises sur le marché secondaire, d’autre part. Le pays doit désormais négocier une restructuration de sa dette en devises avec ses créanciers, avec un plan de redressement crédible et accepté par la population en guise de gage.


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Je pense que la dévaluation devrait correspondre au différentiel des taux d'intérêts créditeurs (rémunération des clients) entre USD et LBP à multiplier pas 14 ans. Car depuis 2006 (fin de la guerre de 2006) il aurait fallu laisser-filer la livre petit à petit et laisser au marché le soin d'établir la parité. Un tel calcul nous amène à une parité se situant aujourd'hui entre les 2'600.- de la BDL et les 3'200.- du marché noir. Les spécialistes qui connaissent les taux d'intérêts appliqués au fil du temps, savent calculer les limites de la dévaluation avec beaucoup plus de précision.
11 h 23, le 22 avril 2020