Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Il est certes injuste de faire assumer à votre gouvernement la responsabilité de l’enlisement du pays, mais il est, par contre, tout à fait légitime de vous demander des comptes sur les priorités que vous vous êtes fixées ou du moins sur celles qui ont guidé votre action jusque-là.
La crise économique n’est pas d’aujourd’hui, le marasme politique non plus. Les Libanaises et les Libanais le savent.
Le Covid-19 n’est pas de votre fait et vous vous y prenez bien pour le combattre. Les Libanaises et les Libanais le savent aussi et ils s’en félicitent.
Nous savons de même quels sont les vrais responsables de la ruine du Liban. Et il nous est insupportable de les voir s’arroger le droit d’invectiver le gouvernement, de lui intimer des ordres ou même pire, de le menacer.
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Nous savons que vous travaillez avec zèle et acharnement. Mais, permettez-moi, en ce début de la semaine sainte chez les catholiques, de citer la parole de Jésus-Christ à Marthe, alors qu’il venait juste de ressusciter son frère Lazare : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. » (Luc 10, 41-42).
Monsieur le Premier ministre,
Les pauvres du Liban meurent de faim. Les journaux rapportent qu’à Tripoli, des familles entières se nourrissent de pain trempé dans l’eau de dessalement du fromage. Et hier, à Taanayel, un père de famille s’est immolé par désespoir.
L’heure est grave. Les petites mesures de-ci de-là, les ajustements et les raccommodages ne servent plus à rien. Celui qui possède six millions de livres ne vit pas mieux que celui qui n’en a que cinq. Et le citoyen qui, à force de sacrifices, a amassé quelques millions ou le retraité qui comptait sur ses indemnités de fin de service pour vivre décemment ses derniers jours ne peuvent pas se résoudre à se faire voler leurs économies.
Réveillez-vous, de grâce ! Cessez de vous leurrer, à défaut de nous leurrer. Ne demandez plus l’aumône. Allez à l’essentiel, comme Jésus l’a enjoint à Marthe. Prenez votre courage à deux mains et osez enfin demander fermement et solennellement à la justice de faire son travail et d’aller à la chasse de tous ceux, hommes politiques, banquiers, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires et autres subalternes, qui ont vidé les caisses de l’État.
C’est la seule solution qui s’offre à vous, ce doit être votre PRIORITÉ.
Arrêtez d’amadouer ces escrocs cyniques qui ont ruiné le pays et qui veulent s’en laver les mains.
Ne vous faites pas leurs complices, aussi haut placés fussent-ils ou soient-ils encore maintenant, en passant sous silence leurs crimes abominables.
N’acceptez pas leur projet abject et perfide de faire payer aux citoyens honnêtes leurs méfaits exécrables.
Ne devenez surtout pas leurs alliés, par crainte de représailles. Ils ne souhaitent que cela.
Frappez fort et brisez ce cercle vicieux qui étouffe le Liban depuis tant d’années. Le peuple vous bénira et l’histoire le retiendra.
Dalal BARAKAT ABOU ASSALI
Enseignante et directrice
retraitée de l’Université
libanaise
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Faut pas rêver non plus, ce gouvernement est issu du système
18 h 13, le 09 avril 2020