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Le passage obligé du redressement

Dans une lettre officielle rendue publique à la fin de la semaine dernière, le directeur du Centre du patrimoine mondial, relevant de l’Unesco, Mechtild Rössler, a exprimé son « inquiétude » au sujet des travaux entrepris sur le terrain jouxtant le site historique de Nahr el-Kalb en vue de la construction du siège central du Courant patriotique libre. Qualifiant les stèles de Nahr el-Kalb de « monument exceptionnel », le responsable de l’Unesco souligne sans détour que les travaux en cours pourraient avoir « un impact majeur sur l’endroit, et potentiellement mettre en péril une future nomination sur la liste du Patrimoine mondial » du site en question.

L’heure n’est certainement pas à la polémique partisane ou politicienne. Le pays ploie trop sous le poids des crises économique, financière et sanitaire pour nous permettre de nous engager sur cette voie sinueuse. Mais l’affaire du site de Nahr el-Kalb et, surtout, la réaction de l’Unesco à ce propos mettent en relief un problème fondamental bien plus sérieux : celui du comportement irresponsable de certains pôles politiques qui se montrent souvent peu soucieux de la chose publique.

Il faut en effet être déconnecté de tout esprit civique et faire très peu cas de l’intérêt national pour envisager d’édifier le siège principal d’un grand parti à proximité immédiate d’un site historique qui, de surcroît, est en attente d’être inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Nous sommes au Liban… À la lumière de nos pratiques partisanes (pour ne pas dire miliciennes…) que nul n’ignore, il n’est pas difficile de deviner de quelle façon sera géré le secteur en question, appelé à être le théâtre (si le projet est mené à son terme) d’un va-et-vient incessant de nombreuses personnalités et délégations politiques : mesures de sécurité renforcées dans toute la zone (y compris, donc, l’emplacement des stèles historiques) ; barrages; contrôles d’identité ; interdiction de stationner ; limitation de la circulation piétonne ; usage prohibé des appareils photo ; visiteurs perçus avec suspicion, etc. De quoi amener l’Unesco à se désintéresser désormais de ce site, vu que les responsables libanais eux-mêmes le bradent avec autant de désinvolture, alors que l’organisation vient de le qualifier, elle, dans sa lettre du week-end dernier, de « monument exceptionnel » qui « témoigne du riche patrimoine du Liban ».

D’aucuns seraient tentés de rétorquer qu’il ne s’agit là que d’un lieu archéologique qui est après tout peu fréquenté par les touristes et les Libanais. Indépendamment du bien-fondé ou pas d’un tel argument, l’importance de cette affaire se situe sur un tout autre plan dans la mesure où elle reflète – et c’est là où le bât blesse – un état d’esprit, une mentalité mercantile et partisane réductrice, chez certains hauts responsables politiques.

Dans des circonstances ordinaires, un tel comportement obtus et peu soucieux de la chose publique aurait pu être à la limite quelque peu tolérable, en faisant preuve de beaucoup d’indulgence. Sauf que la conjoncture présente, aussi bien locale qu’internationale, surtout après « l’offensive mondiale » du coronavirus, ne laisse aujourd’hui aucune place à la complaisance et au laisser-faire. Les lourdes retombées économiques de la pandémie actuelle plongeront les États occidentaux dans une grave récession – la plus forte depuis 1945 en ce qui concerne la France, comme l’a indiqué hier même le ministre français de l’Économie. Certains pays européens subiront le poids d’une lourde dette publique qui pourrait dépasser la barre critique des 100 % de leur PIB – près de 133 % du PIB dans le cas de l’Italie qui se rapprocherait ainsi dangereusement, si l’estimation s’avère exacte, du cas effroyable du Liban.

Dans une telle conjoncture internationale, l’aide que le gouvernement libanais pouvait espérer obtenir des pays donateurs (occidentaux pour la plupart) diminuera sans nul doute comme peau de chagrin. Pour que le Liban puisse donc sans trop tarder sortir de l’ornière et relancer son économie, il est devenu aujourd’hui, plus que jamais, impératif que certains hauts responsables politiques locaux se départissent de leur affairisme glouton, de leur mercantilisme aveugle et de leur comportement partisan maladivement réducteur. L’heure ne peut plus être aux caprices politiques égocentriques, comme le laisse entrevoir l’affaire du site de Nahr el-Kalb.

Dans un contexte de récession mondiale, le Liban ne pourra véritablement remonter la pente que si les fromagistes au sein de la classe dirigeante se laissent convaincre qu’une gouvernance sérieuse n’est pas incompatible avec la défense, rationnelle, d’intérêts partisans ou même économiques. Pourquoi le souci de la chose publique devrait-il être indubitablement une chimère dans les pratiques politiques du pays du Cèdre ?

Dans une lettre officielle rendue publique à la fin de la semaine dernière, le directeur du Centre du patrimoine mondial, relevant de l’Unesco, Mechtild Rössler, a exprimé son « inquiétude » au sujet des travaux entrepris sur le terrain jouxtant le site historique de Nahr el-Kalb en vue de la construction du siège central du Courant patriotique libre. Qualifiant les stèles de Nahr el-Kalb de « monument exceptionnel », le responsable de l’Unesco souligne sans détour que les travaux en cours pourraient avoir « un impact majeur sur l’endroit, et potentiellement mettre en péril une future nomination sur la liste du Patrimoine mondial » du site en question.L’heure n’est certainement pas à la polémique partisane ou politicienne. Le pays ploie trop sous le poids des crises économique,...
commentaires (8)

Stèle découverte en 3020 AD au "Robinet d'aibo" connu dans l'histoire comme "Nahr le Kalb", écrite en dialecte libanais: "Ana jit, shefét, et j'ai détruit les autres stèles très ugly and I put celle la plus Aouiyééé de toutes! CPL & Associates (With Expres approval of the plus haut barbu"

Wlek Sanferlou

19 h 13, le 07 avril 2020

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Commentaires (8)

  • Stèle découverte en 3020 AD au "Robinet d'aibo" connu dans l'histoire comme "Nahr le Kalb", écrite en dialecte libanais: "Ana jit, shefét, et j'ai détruit les autres stèles très ugly and I put celle la plus Aouiyééé de toutes! CPL & Associates (With Expres approval of the plus haut barbu"

    Wlek Sanferlou

    19 h 13, le 07 avril 2020

  • Ce n'est pas l'église maronite qui a vendu le terrain au CPL, le parti qui a signé les Accords de Chiyeh-Munich le 6/2/2006. C'est l'Ordre des Moines maronites. Dont acte. L'Ordre des Moines n'a pas demandé l'autorisation de Bkerki s'estimant libre de vendre ses wakfs même aux Chinois. Quant à Bkerké, elle n'a jamais accepté que l'on vende une terre maronite à une autre communauté quelconque, afin d'assurer la présence maronite dans la Patrie de ses ancêtres. Un maronite Kesrouanais.

    Annie

    17 h 31, le 07 avril 2020

  • mettent en relief un problème fondamental bien plus sérieux : celui du comportement irresponsable de certains pôles politiques qui se montrent souvent peu soucieux de la chose publique. pourquoi le "certain" ils sont tous ( a de faibles exceptions pres ) coupables d'avoir trahi le pays par leur comportement et la prison devrait etre leur lieu aujourdh'ui a la place du cultivateur de hashich LA VERITE QUE CE SOIT LES HOMMES DE RELIGION QUI SOIT VENDENT DES TERRAINS POUR DE L'ARGENT SANS PRENDRE EN CONSIDERATION LE SITE OU LES AUTRES QUI SOUTIENNENT DES VENDUS A DES PAYS ETRANGERS ENNEMIS DES ARABES, IL FAUT CLAIREMENT DIRE QU"ils sont tous responsables de la situation TOUS CAD TOUS ILS FAUT AJOUTER AU PARTIS LES HOMMES QUI CRITIQUENT MAIS NE FONT RIEN POUR ARRETTER CE CATACLYSME QUI EST TOME SUR LE LIBAN BIEN AVANT LE CORONA 19 C'EST A FIRE NOS POLITICIENS

    LA VERITE

    14 h 45, le 07 avril 2020

  • Que le clergé ne s’étonne pas de la foudre qui tombe sur eux jour après jour et le désintérêt que suscite leur vocation ni la diminution des dons d’autres fois. Ils sont complices de la destruction de ce pays et le discours de certains d’eux applaudi par beaucoup de libanais ne masquera pas leur participation au naufrage du pays que ce soit par leur absence sur la scène pour aider les plus démunis ou leur silence assourdissant sur le comportement de leurs chuchoteurs pour leur faire croire qu’ils participent à la gloire des chrétiens de ce pays en les manipulant tous les jours un peu plus pour mieux les détruire comme ils ont fait avec tout ce qu’ils ont touché de près ou de loin. Reveillez-vous donc et agissez avant qu’il ne soit trop tard car à la foudre divine vous aurez aussi la foudre des croyants qui ne croient plus en rien à part à la possibilité d’assurer leur pain quotidien en citant le notre père pour que ce dernier leur vienne en aide car ses représentants ont mieux à faire.

    Sissi zayyat

    13 h 45, le 07 avril 2020

  • On est assuré d'une chose au moins , le Liban n'a plus besoin de faire le beau pour mériter son susucre des pays "donateurs" . Ils sont encore plus dans la merde que nous , l'Argentine vient de reporter d'avance le paiement d'une dette de 10 milliards de dollars qui venait à échéance en décembre 2020. Cet appel aux gouvernants d'arrêter de se sucrer à hue et à dia est louable , on va devoir compter sur les 2 milices chiites et leur allié chrétien pour mettre en application cette urgence . Chaque pays au monde va devoir faire avec les moyens de bords , y en a même qui se contenteront de leur clown au pouvoir , pour dire combien l'heure n'est plus aux illusions pour aucun peuple au monde . Culturellement on ressemble déjà à des chinois tellement les masques ont commencer à nous transformer . Et la stupidité continuera à courir les rues sans que le confinement des pavlovien n'y changent grand chose .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 27, le 07 avril 2020

  • a en pleurer de desespoir mais surtout de Rage tellement vraie cette description de l'etat des lieux . Avec une UNESCO tres diplomate qui reagit avec un « des travaux qui POURRAIENT avoir un impact majeur,POURRAIENT potentiellement mettre en péril une future nomination sur la liste du Patrimoine mondial »- Avec des dirigeants qui se permettent de neutraliser la nation de 18 a 30 mois car faches de ne pouvoir faire tomber un cabinet, ou pr FORCER l'election de qq'un a la pres,de rallonger 3 fois la vie d'un parlement sclérose, pathetique et de tte facon inutile, Avec une corruption egalee seulement par de rares pays de la planete,Avec des dirigeants fiers d'etre les serviteurs de pays etrangers,d'autres fiers de servir les interets d'un "patron" politicien mais pas la nation, Avec tout cela, aucun risque additionnel a craindre. NOUS SOMMES BIEN SERVIS MERCI ON N'AURA BESOIN DE PERSONNE POUR NOUS CONFINER DANS LA MERDE

    Gaby SIOUFI

    11 h 49, le 07 avril 2020

  • LES DEUX MILICES IRANIENNES ET LE CPL... ET LE RIDEAU TOMBE SUR LE LIBAN. LA MALEDICTION DE DIEU !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 54, le 07 avril 2020

  • Très bien vu mais j'aimerais perso qu'on m'éclaire sur le rôle joué par l'Eglise maronite qui a vendu ce terrain au CPL.

    Marionet

    09 h 24, le 07 avril 2020

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