Le syndicat des entrepreneurs s’est réuni hier avec le ministre des Travaux publics et des Transports, Michel Najjar. Photo ANI
Le syndicat des entrepreneurs s’est réuni hier avec le ministre des Travaux publics et des Transports, Michel Najjar, pour transmettre les revendications de la filière elle aussi frappée par la crise économique et financière qui a touché le pays, ainsi que par les conséquences de l’état d’urgence sanitaire décrété le 15 mars pour lutter contre la propagation du coronavirus.
Certaines demandes des entrepreneurs sont même antérieures à ces deux crises, ces derniers réclamant en effet régulièrement depuis des années le règlement d’arriérés de paiement contractés par l’État, qui s’élèvent à 400 millions de dollars « au moins », selon le président du syndicat, Maroun Helou, contacté par L’Orient-Le Jour. Il précise que l’État n’a quasiment « rien réglé en 2019 » et que les sociétés chargées de la collecte des déchets dans le pays, qui font partie des entrepreneurs concernés, commencent à s’impatienter.
Face au ministre, le syndicat a menacé de suspendre « tous les chantiers » jusqu’à ce que l’État honore ses engagements et que les banques du pays annulent les restrictions informelles qu’elles ont mises en place depuis fin août sur plusieurs services bancaires, qui ont notamment limité l’accès des déposants – particuliers comme entrepreneurs – à leurs avoirs en dollars. Le syndicat martèle que ces restrictions, vaguement harmonisées par l’Association des banques en novembre mais toujours illégales tant que le Parlement ne les a pas entérinées, ont été à l’origine de nombreux incidents de paiements depuis le 17 octobre. L’organisation se réserve enfin le droit de soutenir les contractants dans toute démarche judiciaire visant à réparer les préjudices subis.
Le ministre a assuré de son côté que la question des arriérés avait déjà été abordée lors de discussions avec le chef du gouvernement Hassane Diab et qu’une réunion avec ce dernier et le ministre des Finances, Ghazi Wazni, allait être programmée pour aborder « les questions en suspens ». Il s’est en outre engagé à charger ses services de faire l’inventaire de tous les projets et de les organiser selon leur importance pour distinguer ceux qui sont urgents et ceux pouvant être reportés.
Pour rappel, le syndicat des entrepreneurs de travaux publics a ordonné le 17 mars la suspension des chantiers non urgents, dans le cadre des mesures de confinement.
P.H.B.


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13 h 53, le 03 avril 2020