Le siège de la Réserve fédérale américaine, à Washington D.C. Larry Dowing/Reuters
La Fed a annoncé lundi des aides massives aux entreprises et collectivités pour leur donner de l’oxygène face aux ravages de la pandémie de nouveau coronavirus sur l’économie, tandis que l’administration Trump discutait toujours avec l’opposition démocrate des mesures à adopter.
La banque centrale américaine ne fixe désormais plus de montant maximum à ses rachats de dette américaine, qu’elle a récemment repris de façon massive, comme elle l’avait fait face à la crise financière de 2008. Elle procédera ainsi à des achats de bons du Trésor et titres hypothécaires « d’un montant nécessaire pour favoriser le bon fonctionnement du marché », a-t-elle annoncé dans un communiqué.
En parallèle, la Fed continue ses actions de soutien aux entreprises, qui souffrent énormément de la mise à l’arrêt de l’activité pour tenter d’endiguer l’épidémie.
Plus d’un tiers des Américains étaient en effet sujets à un degré différent de confinement, notamment dans les trois plus grandes villes du pays : New York, Los Angeles et Chicago. La Réserve fédérale américaine a ainsi lancé lundi un nouveau programme de 300 milliards de dollars d’aides pour « soutenir le flux de crédit aux employeurs, aux consommateurs et aux entreprises ». Elle a aussi promis de mettre « bientôt en place un programme de prêts aux petites et moyennes entreprises », qui constituent l’essentiel du tissu économique américain, ainsi qu’aux collectivités locales.
« Effort tous azimuts »
Cela fait partie d’un « ensemble de mesures prises avec la banque centrale pour avoir jusqu’à 4 000 milliards de dollars en soutien à l’économie », annoncé dimanche par le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. « Il s’agit d’un effort tous azimuts pour faire en sorte que les entreprises puissent continuer d’exister, même si l’activité économique s’effondre temporairement. La Fed est désormais le prêteur direct de dernier recours à l’économie réelle, et pas seulement au système financier », analyse Ian Shepherdson, chef économiste de Pantheon Macroeconomics. Le montant de 4 000 milliards de dollars représente environ un cinquième de la richesse annuelle produite par l’économie américaine.
Donald Trump s’est, de son côté, inquiété des effets des mesures de confinement sur la première économie mondiale : « Il faut aplatir la courbe (des contaminations), pas l’économie », a-t-il tweeté lundi. Le président américain, qui a envoyé une série de messages, a ainsi accrédité l’idée qu’il était favorable à un assouplissement, plutôt qu’à un durcissement, des mesures en place.
Son administration négociait toujours âprement lundi avec les démocrates du Congrès sur un plan de soutien massif à l’économie qui pourrait atteindre 1 800 milliards de dollars, après un échec dimanche.
Steven Mnuchin a assuré lundi matin que les mesures bénéficieront aux travailleurs et ne comprendront pas « de plan de sauvetage » pour des entreprises telles que les compagnies aériennes, face aux critiques des démocrates.
Il a ajouté qu’il y avait en revanche « une disposition spéciale que nous sommes en train de négocier pour les compagnies aériennes », soulignant que le transport aérien était une industrie stratégique pour la sécurité nationale du pays.
Sa porte-parole, Monica Crowley, a tweeté en fin de matinée que ce plan « crée un mécanisme permettant aux Trésor américain et à la Fed d’injecter les liquidités nécessaires sur le marché. Nous avons besoin que ce plan soit adopté ».
Le vote final au Sénat sur ce plan d’aide était prévu hier (le Sénat a échoué à s’entendre lors du vote, selon les informations qui nous sont parvenues en milieu de soirée, NDLR). Il devrait ensuite être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant de pouvoir être promulgué par le président républicain.
Au Congrès, un premier sénateur, le républicain Rand Paul, a été testé positif au coronavirus, a annoncé son équipe dimanche, après deux membres de la Chambre des représentants cette semaine.
Le virus avait infecté hier soir plus de 41 500 personnes aux États-Unis et provoqué peu plus de 500 décès, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence.
Julie CHABANAS/AFP


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