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Moyen-Orient - Iran

Cinquante nouveaux cas d’infection chaque heure, un mort toutes les dix minutes

Des pompiers portant des combinaisons protectrices, désinfectent les rues de Téhéran avant la fête de Norouz. WANA (West Asia News Agency)/Ali Khara via Reuters

Téhéran a annoncé hier 149 décès supplémentaires dus à la maladie Covid-19, dont le bilan officiel se monte désormais à 1 284 morts en Iran, où certains appellent le gouvernement à prendre des mesures plus strictes contre l’épidémie.

Ce chiffre de 149 morts constitue un nouveau record quotidien, mais le vice-ministre de la Santé Aliréza Raïssi a insisté sur le fait que la progression des nouveaux cas confirmés au cours des dernières 24 heures (1 046) avait ralenti.

Selon les chiffres de son ministère, un total de 18 407 personnes ont été infectées par la maladie depuis que les autorités ont annoncé sa présence sur le sol iranien, le 19 février. D’après les données du ministère, la province de Téhéran a recensé le plus de nouveaux cas d’infection (137), suivie par celle d’Ispahan (centre, 108) et Gilan (Nord, 73).

« Dans onze provinces » sur 31, « le nombre de cas d’infection a diminué, parce que les gens ont suivi nos directives », s’est réjoui M. Raïssi, appelant une nouvelle fois les Iraniens à rester chez eux. M. Raïssi n’a cependant pas précisé le nombre total de personnes ayant effectivement subi le test de diagnostic de la maladie Covid-19.

Présentant différemment les données, le porte-parole du ministère Kianouche Jahanpour écrit sur Twitter qu’au rythme actuel, « 50 nouveaux cas d’infection sont détectés chaque heure » et que la maladie fait « un mort toutes les dix minutes ». « Prenez une décision en toute conscience en ce qui concerne les voyages, les déplacements, les visites familiales pendant Norouz », le Nouvel An iranien, qui commence vendredi. Le congé du Nouvel An (cette année jusqu’au 3 avril) met traditionnellement tout le pays sur les routes.

L’Iran est un des pays les plus touchés par l’épidémie de pneumonie virale. Depuis plusieurs semaines, les autorités iraniennes demandent à la population de s’abstenir de tout voyage et de prendre le virus « au sérieux ». Mais elles ont jusqu’à présent refusé d’imposer des mesures de confinement ou de quarantaine, comme en Chine ou en Europe. M. Raïssi s’était plaint mercredi que les bazars soient « pleins » à Téhéran.

Pour dissuader les gens de bouger, plusieurs provinces ont ordonné la fermeture des hôtels et, fait rare, l’Iran a annoncé lundi la fermeture de quatre importants lieux saints chiites.

Mais dans une lettre adressée au président Hassan Rohani, publiée hier sur le site de la télévision d’État, cinq anciens ministres de la Santé appellent le gouvernement à « empêcher strictement les déplacements et les voyages inutiles entre les provinces ».

3,5 millions de morts ?

Selon eux, ne pas décréter une telle interdiction, « c’est jouer avec la vie du peuple », risquer que la maladie devienne hors de contrôle, avec de très nombreux morts. « Il faut briser la chaîne des contacts entre les personnes saines et les malades », ajoutent-ils.

Professeur à la célèbre université Charif de Téhéran, Alinaqi Machayékhi a essayé de modéliser ce que pourrait être l’évolution de la maladie en fonction de divers scénarios. Selon ses calculs, la maladie pourrait faire 12 000 morts sur un total de 120 000 infections si la population adopte un « comportement responsable ». Mais dans un scénario du pire, avec des gens insouciants, nulle mesure coercitive et des infrastructures médicales saturées, elle pourrait tuer jusqu’à 3,5 millions de personnes sur 81 millions d’habitants, indique-t-il. M. Machayékhi précise néanmoins que les paramètres retenus pour sa modélisation doivent encore être validés par des médecins et des experts en sciences sociales.

Un Américain libéré

Sur un autre plan, Téhéran s’apprête à libérer « environ 10 000 détenus » à l’occasion d’une grâce accordée pour le Nouvel An iranien, vendredi 20 mars, dont bénéficieront la moitié des prisonniers condamnés pour atteinte à la sécurité nationale, selon l’autorité judiciaire. Ces chiffres ont été annoncés par le porte-parole de l’Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, dans des propos rapportés dans la nuit de mercredi à jeudi par Mizan Online, l’agence officielle de cette institution. Cette mesure d’amnistie a été accordée par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, sur requête du chef du pouvoir judiciaire afin de « diminuer le nombre des prisonniers, compte tenu de la situation sensible dans le pays », a déclaré M. Esmaïli, sans faire explicitement référence à l’épidémie de nouveau coronavirus. Selon l’Autorité judiciaire, 85 000 détenus ont bénéficié d’une permission de sortie pour les deux semaines du congé de Norouz, afin de désengorger les prisons et d’y réduire le risque de propagation de la maladie.

Par ailleurs, un Américain détenu en Iran depuis 2018, Michael White, a été libéré hier grâce à une permission pour raisons « médicales » et « humanitaires » à condition qu’il ne quitte pas le pays, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Condamné à 13 ans de prison, « Michael est maintenant confié à l’ambassade de Suisse », qui représente les intérêts des États-Unis à Téhéran en l’absence de relations diplomatiques directes, et « va subir des examens médicaux », a-t-il affirmé dans un communiqué. Michael White, un ancien militaire américain originaire de Californie, avait été arrêté en 2018 en Iran où il rendait visite à sa petite amie puis condamné en mars 2019 pour avoir insulté l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, et avoir diffusé des photos personnelles sur les réseaux sociaux, selon son avocat.

Source : AFP

Téhéran a annoncé hier 149 décès supplémentaires dus à la maladie Covid-19, dont le bilan officiel se monte désormais à 1 284 morts en Iran, où certains appellent le gouvernement à prendre des mesures plus strictes contre l’épidémie.Ce chiffre de 149 morts constitue un nouveau record quotidien, mais le vice-ministre de la Santé Aliréza Raïssi a insisté sur le fait que la progression des nouveaux cas confirmés au cours des dernières 24 heures (1 046) avait ralenti.Selon les chiffres de son ministère, un total de 18 407 personnes ont été infectées par la maladie depuis que les autorités ont annoncé sa présence sur le sol iranien, le 19 février. D’après les données du ministère, la province de Téhéran a recensé le plus de nouveaux cas d’infection (137), suivie par celle d’Ispahan...
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